14 ans, sans histoire, présumé innocent, mais incarcéré…

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Et c’est encore une belle preuve de l’humanité sans borne de notre justice. Cette justice qui décidément, est si prompte à faire la morale aux affreux pervers qui ont des rapports consentis avec des adolescents de cet âge, parce que ça les « traumatise » : Et la prison, ça ne traumatise pas, à 14 ans ?
L’affaire, révélée par l’Associated Press, est la suivante : Un homme et son voisin se battent pour une histoire de nuisance sonore. Le fils du premier homme, âgé de 14 ans, un garçon sans histoires, inconnu des services de police, tente de les séparer, en vain. Il se munis alors d’un couteau de cuisine et frappe mortellement son voisin.

C’est horrible, bien entendu. Il y a mort d’homme. C’est un acte fondamentalement con de la part de ce garçon… Mais quand-même…
Bien-sûr que c’est un acte con… mais c’est le propre d’un garçon de 14 ans que de commettre des actes cons, il me semble. Si les jeunes de 14 ans étaient parfaitement raisonnables, ils seraient majeurs, et ils voteraient. Ce n’est pas le cas et il y a une raison à cela. Ce garçon est mineur. Mineur. Il doit être traîté comme tel.
Ce garçon est mineur donc. Et surtout il n’a pas encore été jugé, il est donc présumé innocent, et surtout, tout reste encore à déterminer : son discernement au moment de l’acte, sa responsabilité réelle, les circonstances de son acte (qui peuvent être aggravantes ou atténuantes), la peine qu’il mérite vraiment…

Ce garçon était inconnu des services de police, c’était un jeune adolescent sans histoires. Ce n’était pas un fauteur de trouble, ni un poignardeur compulsif récidiviste. Il a juste vu rouge à un moment donné et fait une grosse connerie. Pourquoi le placer en détention provisoire ? Sachant que cette dernière a pour but de protéger la société, et ne doit être qu’exceptionnelle ? Présentait-il un danger immédiat de récidive ? Non. Etait-il violent d’ordinaire ? Non. Etait-il seulement connu des services de police ? Même pas. Est-ce qu’il présentait un risque de se sauver en courant à l’autre bout du monde ? A 14 ans évidemment pas.

Et quand bien-même… La Loi permet de placer un mineur sous contrôle judiciaire en institution, si par exemple on ne faisait pas confiance aux parents, ou qu’on estimait qu’il avait besoin d’un temps à l’écart. Il existe des foyers, des centres éducatifs, des centres immédiats de placement… Pourquoi le choix de la prison ?

Est-ce vraiment trop demander, à cette justice si prompte dans d’autres circonstances à rappeller la fragilité et l’innocence d’un adolescent de 14 ans, qu’AU MOINS le statut de mineur protège un garçon sans histoires qui a fait une connerie d’être incarcéré avant même d’avoir été reconnu coupable, avant que les circonstances soient clairement établies, et avant qu’on décide si oui ou non il mérite de la prison ?

Avec tous les droits qu’on leur retire, aux mineurs, sous prétextes qu’ils sont inconscients et incapables de discernement. Est-ce vraiment trop demander, juste ça, qu’au moins pour eux on respecte la présomption d’innocence en ne les jettant pas en prison ?

Ce soir, je n’ai absolument aucun mot pour exprimer ma rage et mon dégoût à l’égard de la justice de mon pays.

La liste des morts par Taser que SMP Technologies réclame à O. Besancenot.

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Olivier Besancenot est attaqué en diffamation par la société SMP Technologies, distributrice des pistolets électriques Taser en France, pour avoir déclaré notamment « Le problème c’est que ça a déjà causé des dizaines de morts aux Etats-Unis (…) En deux ans, on parle d’à peu près 150 morts aux USA ». SMP Technologies a demandé, à l’aide d’un huissier, à Olivier Besancenot la liste des morts. Celui-ci ne pouvant la fournir immédiatement, il est attaqué en justice.

Alors puisqu’il faut vraiment donner des noms, allons-y gaiement.
Voici un petit échantillon, puisque SMP Technologies n’a pas l’air au courant :

1) Greshmond Gray (25 ans)
2) Robert Guerrero (21 ans)
3) Ricardo Zaragoza (40 ans)
4) Charles C. Keiser (47 ans)
5) Byron Black (39 ans)
6) Patrick Fleming (35 ans)
7) Kevin Downing (36 ans)
8) Douglas G. Meldrum (27 ans)
9) Lyle Nelson (35 ans)
10) Timothy Bolander (31 ans)
11) Ronnie Pino (31 ans)
12) Christopher Hernandez (19 ans)
13) Jeanne Hamilton (46 ans)
14) David J. Cooper (40 ans)
15) Gregory Saulsbury (30 ans)
16) Dennis Hyde (30 ans)
17) Carl Trotter (33 ans)
18) Jerry John Moreno (33 ans)
19) James Edward Hudson (33 ans)
20) Jeffrey Turner (41 ans)
21) Ronald A. Hasse (54 ans)
22) Robert Camba (45 ans)
23) Joel D. Casey (52 ans)
24) Robert Clark Heston (40 ans)
25) Willie Michael Towns (30 ans)
26) Mark Young (25 ans)
27) Milton Woolfolk (39 ans)
28) Erick Hammock (43 ans)
29) James F. Wathan Jr. (32 ans)
30) John Cox (39 ans)
31) Keith Graff (24 ans)
32) Lewrence Berry (34 ans)
33) Stanley Wilson (44 ans)
34) Vernon A. Young (31 ans)
35) Randy Martinez (40 ans)
36) Lee Marvin Kimmel (38 ans)
37) Richard Alvarado (38 ans)
38) Richard T. Holcomb (18 ans)
39) Nazario J. Solorio (38 ans)
40) Ravan J. Conston (33 ans)
41) Russel Walker (47 ans)
42) Horace Owens (48 ans)
43) Michael Anthony Edwards (32 ans)
44) Shan Cristopher Pirolozzi (30 ans)
45) Robert Earl Williams (62 ans)
46) Carolyn Daniels (25 ans)
47) Phoarah Knight (33 ans)
48) Kevin Omas (17 ans)
49) Otis Thrasher (42 ans)
50) Ernesto Valdez (37 ans)
51) Carlos Casillas Fernandez (31 ans)
52) Michael Leon Crutchfield (40 ans)
53) Maurice Cunningham (29 ans)
54) Terrence Thomas (35 ans)
55) Brian Patrick O’Neil (33 ans)
56) Eric Mahoney (33 ans)
57) Dwayne Zachary (44 ans)
58) Olson Ogodidde (30 ans)
59) N/A (47 ans, Phoenix Arizona, 07 Août 2005)
60) Shawn Norman (40 ans)
61) Brian Lichtenstein (31 ans)
62) David Anthony Cross (44 ans)
63) Timothy Michael Torres (24 ans)
64) Patrick Aaron Lee (21 ans)
65) Michael Clark (33 ans)
66) Timothy Glenn Mathis (35 ans)
67) Steven Cunningham (45 ans)
68) Jose Maravilla Perez (33 ans)
69) Jose Angel Rios (38 ans)
70) Hansel Cunningham (30 ans)
71) Tracy Rene Shippy (35 ans)
72) Jeffrey D. Earnhardt (47 ans)
73) Michael Tolosko (31 ans)
74) Howard Starr (32 ans)
75) David Moss Jr. (26 ans)
76) Roberto Gonzales (34 ans)
77) Daryl Dwayne Kelley (29 ans)
78) Nick Ryan Hanson (24 ans)
79) Jaime Coronel (27 ans)
80) Murray Bush (47 ans)
81) Jorge Luis Trujillo (34 ans)
82) Karl W. Marshall (32 ans)
83) Benites Saimon Sichiro (39 ans)
84) Darval Smith (âge inconnu)
85) Gary Bartley (36 ans)
86) James Borden (47 ans)
87) Eddie Alvarado (32 ans)
88) Glenn Richard Leyba (37 ans)
89) Roman Gallius Pierson (40 ans)
90) Gordon Randall Jones (37 ans)
91) Dennis Hammond (31 ans)
92) Michael Sharp Johnson (32 ans)
93) William Lomax (26 ans)
94) Frederick Jerome Williams (31 ans)
95) Jacob Lair (29 ans)
96) William Teasley (31 ans)
97) Keith Tucker (47 ans)
98) Richard Baralla (âge inconnu)
99) Vincent Del’Ostia (31 ans)
100) Terry Hanna (51 ans)
101) Walter C. Burks (36 ans)
102) Louis Morris (50 ans)
103) Kevin O’Brien (31 ans)
104) Laxrence Davis (27 ans)
104,5) Nom inconnu, 14 ans, Chicago (7 Février 2005) Sauvé in-extremis après un arrêt cardiaque causé par le Taser et 3 jours de coma médicalement provoqué consécutif à cet arrêt cardiaque.

Et on ne parle là rien que des Etats-Unis. Amnesty International en comptait au total 152 entre 2001 et Mars 2006. Alors certes, il ne s’agit pas de « morts par taser » mais de « morts consécutif à une altercation avec la police incluant l’utilisation du taser » : maintenant soyons honnête et ne jouons pas sur les mots : quand la seule cause de la mort donnée est « bouffée délirante aiguë » (une psychose absolument pas mortelle) et que la personne meurt comme par hasard dans les minutes qui suivent l’utilisation d’une arme envoyant 50 000 volts dans le derche, il faudrait vraiment se moquer du monde pour prétendre que l’arme n’y est pour rien.

On peut aussi citer les cas d’enfants victimes de Taser mais pas mort : en sus du mineur de 17 ans mort (Kevin Omas) et du garçon de 14 ans sauvé in-extremis à Chicago en février 2005, Amnesty International signale quelques autres cas. Encore une fois, échantillon non-exhaustif :

1) 9 Juin 2005 : Un garçon de 12 ans est « tazé » dans un bus scolaire à la suite d’une altercation avec un autre élève.
2) 12 Juin 2005 : Un garçon de 16 ans impliqué dans une bagarre de rue a été tazé deux fois pour avoir refusé de montrer ses mains à la demande d’un policier.
3) Dans une école de Orange County (Floride), un garçon de 12 ans a été tazé alors qu’il était d’ors et déjà menotté.
4-5-6-7) Une fille de 14 ans, ainsi que 3 autres filles, a été tazé par un policier dans l’école pour s’être battue avec une autre fille.
8) Un garçon de 17 ans a été tazé au lycée de Seminole, pour avoir voulu faire l’école buissonnière dans le but d’aller sur la tombe de sa petite soeur.
9) Octobre 2005 : Un ou une jeune de 16 ans a été tazé entre 7 et 10 fois par la police de Hialeah.
10) Novembre 2005 : Un garçon autiste de 15 ans a été tazé alors qu’il était maîtrisé au sol, pour s’être battu avec des professeurs.
etc.

Bref, si SMP Technologies veut des listes, on peut leur en donner. Mais je serais à leur place, j’éviterais de jouer à ce petit jeu là : la liste des méfaits du Taser est longue, loooongue. Surtout aux Etats-Unis où il est utilisé pour un oui ou pour un non. Et les détails sont parfois glauques, surtout lorsque l’on parle d’utilisation sur des enfants de 12 ans. Il vaut mieux ne pas demander de listes, vraiment, ce n’est pas très bon pour leur réputation.

C’est intéressant, d’ailleurs, de noter qu’on équipe, en France, nos policiers en Tazer, et que la « police dans l’école » est un gimmick des gouvernements récents. Aux Etats-Unis, le mélange des deux est détonnant. A quand, en France, la mort (ou le sauvage in-extremis après 3 jours de coma) d’un collègien de 14 ans par utilisation du Tazer ?

Olivier Besancenot, en essayant d’alerter la population, s’est fait avoir comme un bleu par les légalistes procéduriers qui ont le vent en poupe dans ce pays. Car dans ce pays de libre expression (soi-disant), il deviens difficile de dire quoi que ce soit. Mais puisque la loi sur la diffamation inclus une exception de vérité, voici : les noms sont là, et les sources pour ces noms ci-dessous.

Et Vive la République (et sa liberté d’expression – que le beau frère de mon meilleur ami a vu en train de trainer bras dessus bras dessous avec Roswell, si si je vous jure !)

In Memoriam Kevin Omas, mort à l’âge de 17 ans après utilisation du Tazer.

Les adolescents ne sont pas des adultes.

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Ça devrait pourtant être évident. Les adolescents sont des adolescents, c’est à dire pas des adultes. Et pourtant… en ce moment même est examiné à l’Assemblée Nationale un texte de loi signé Rachida Dati et Nicolas Sarkozy qui permettra – dans certains cas – de juger automatiquement les mineurs récidivistes d’au moins 16 ans en adultes. Le « dans certains cas » fut ajouté par obligation : On a fait savoir à Sarkozy qu’il n’avait pour l’instant pas le choix. J’ai bien dit pour l’instant.

Pourquoi est-ce mal ? J’y vois cinq raisons majeures :

  • D’abord parce que c’est définitivement faire primer le répressif sur l’éducatif. Comme le dit très bien Jean-Pierre Rosenczveig, qui sait de quoi il parle puisqu’il est Président du Tribunal pour Enfants de Bobigny, un mineur est par essence multi-réïtérant : chacun sait qu’il ne suffit pas de gronder une fois un enfant pour qu’il ne fasse plus jamais de bêtise : c’est un principe de base de pédagogie, que de savoir que l’éducation ne fait pas effet du premier coup, que c’est un travail de long terme. À partir de là, décider qu’en cas de récidive, on laisse tomber l’éducatif qui fait la spécificité (partielle) de la justice des mineurs pour juger en adulte dans un but purement répressif, c’est abandonner tout espoir de faire fonctionner l’éducation. Cela signifie aussi qu’en réalité, l’immense majorité des mineurs de 16 ans seront jugés en adultes, puisque l’immense majorité des délinquants SONT effectivement multiréïtérant (tout simplement parce qu’il faudra plusieurs fois, et du temps devant soi, avant que le travail éducatif porte ses fruits).
  • Deuxième raison, c’est inutile et cruel. Voici un secret bien gardé. Tout le monde essaye de faire croire le contraîre, à commencer par les médias, mais une chose doit être rappellée ici : un mineur de plus de 13 ans, et a fortiori de plus de 16 ans, risque déjà gros : A partir de 13 ans, un mineur en France risque une peine d’incarcération, dans une vraie de vraie prison, pour une durée maximale égale à la moitié de la peine que risquerait un adulte. C’est à dire que pour un viol par exemple, un mineur risque 10 ans de prison (un majeur en risque 20). C’est déjà énorme. Imaginez qu’un enfant de 13 ans condamné pour viol pourrait ne ressortir qu’à 23 ans, passant la quasi-totalité de son adolescence en prison. Et je précise, parce que j’en connais qui croient le contraire : on parle de vraie prison. Pas de centre éducatif ou de foyer. Mais de vraie prison avec des barreaux, exactement comme une prison pour majeur : en fait, à l’heure actuelle, l’immense majorité des mineurs incarcérés le sont dans des prisons pour majeurs, dans un quartier plus ou moins séparé. Le but de cette loi, c’est qu’un mineur puisse risquer 20 ans de prison au lieu de 10, 30 ans au lieu de 15, 10 au lieu de 5. Le but est que quelqu’un puisse sortir à 26 ans au lieu de 21, à 46 ans au lieu de 31…
    Excessivement répressif, sachant que notre système pénale est l’un des plus sévère d’Europe. Inutile surtout, et même contre-productif : Car à la fin : Qui croit un seul instant qu’un adolescent de 16 ans qui sortira à 31 ans au lieu de 23 sera moins dangereux pour la société ? Qui pense qu’un adolescent ayant passé son adolescence et une partie importante de sa vie de jeune adulte en prison, dans le monde du crime, un adolescent devenu adulte n’ayant plus un seul contact dans le monde extérieur, étant totalement déphasé avec la société actuelle, arrivera à s’inserrer et à devenir un type bien ? C’est évidemment le meilleur moyen d’en faire un danger public !
  • Troisième problème : c’est totalement contraire à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : Celle ci en effet déclare en son premier article qu’elle concerne toutes les personnes de moins de 18 ans, sauf si la majorité est fixée plus tôt (ce qui n’est pas le cas de la France). A partir de là, cette décision est en particulier contraire à l’Article 3 (Intérêt supérieur de l’enfant), à l’Article 37 (incarcération exceptionnelle, de dernier ressort, et aussi courte que possible, pas de traitement inhumain ou dégradant - les conditions de détention dans les prisons françaises ont étés jugées comme telles), et enfin à l’Article 40 (en particulier dispositions particulières pour les mineurs délinquants ou criminels, prise en compte spéciale de l’âge de l’accusé, mesures favorisant sa réinsertion, favoriser sa dignité et son sens de la valeur personnelle, etc.). Soit 4 articles violés sur 41 d’un texte de droit international rien que par un seul article du projet de loi. Pour le « pays des droits de l’homme » (paraît-il), c’est extrêmement gênant, pour ne pas dire humiliant : nous sommes la honte des pays européens, dont une majorité n’incarcère pas les mineurs, encore moins en les traitant comme des majeurs, et surtout pas en faisant de cela la règle (c’est dans certains pays, notamment la Belgique, une exception soulevée de façon rarissime et non une règle). Et pourtant ils n’oseraient pas s’auto-déclarer « pays des droits de l’homme » comme nous le faisons si bien. Finalement c’est toujours pareil, point de vue droits de l’homme et droits de l’enfant : il y a ceux qui en parlent, et il y a ceux qui agissent. Nous sommes de la première catégorie, cet article de loi enfonce encore un peu plus le clou.
  • Quatrième point : et il rejoint l’article premier de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : Il est absolument inacceptable de traîter un mineur en majeur exclusivement en matière de répression : je m’explique. Le premier argument donné pour ce projet de loi, c’est que « certains jeunes ne sont plus des enfants, les mineurs d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux de 1945″ (et avec ceux de 1989, date de la Convention ?) « ils sont plus matures et ils savent très bien ce qu’ils font, donc on peut les condamner en majeurs ». OK. Soit. Admettons. C’est un argument valable. Pourquoi pas après tout ? Mais à une condition, c’est de pousser le raisonnement jusqu’au bout. Car à la fin, qu’on m’explique : Si les jeunes de 16 ou 17 ans sont si mûrs, s’ils ont vraiment pleinement conscience de ce qu’ils font dans la vie, pourquoi sont-ils encore mineurs ?
    Hé oui c’est là un point central, celui de l’Article 1 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. On traite les majeurs en majeurs, on traite les mineurs en mineurs. On peut discuter de l’âge de majorité, mais à une condition : qu’il soit unique. Il n’y a AUCUNE raison valable pour qu’il y aie dissynchronie entre l’âge de majorité civile et l’âge de majorité pénale. Nos jeunes sont plus matures, ils savent ce qu’ils font ? Admettons. Mais il serait absolument hypocrite et irréaliste de déclarer qu’ils sont « assez matures et responsables » quand ils font quelque chose de mal, mais « pas assez matures et pas assez responsables » quand ils veulent faire quelque chose de bien. S’ils savent ce qu’ils font, s’ils sont matures comme des majeurs (au point d’être jugés comme tels), alors qu’on leur donne la majorité, tout simplement ! Que l’on juge en majeur les jeunes émancipés, qu’on laisse la minorité aux autres, si nos jeunes sont matures, qu’ils puissent signer des contrats, avoir leur indépendance et voter comme n’importe quelle autre personne mature : simple question de logique, de cohérence, et d’honnêteté intellectuelle. Si vraiment il y a une différence entre un jeune de 16 ans et un jeune de 18 au point que l’un puisse voter et l’autre pas, il n’y a alors absolument aucune raison que ce ne soit pas pris en compte également dans un tribunal. C’est une question d’équité.
  • Enfin, dernière raison, c’est celle de regarder à moyen terme : A l’heure actuelle, on va juger comme des adultes les mineurs de 16 ans récidiviste. Mais déjà on sait que le projet initial du Ministre-Candidat-Président-Roi était de juger tous les mineurs de 16 à 18 ans comme tels. On nous avait promis que ce serait réservé aux jeunes multi-récidivistes ayant commis des faits très très graves (on pensait aux crimes de meurtre et de viol), et on nous annonce finalement que ce sera valable aussi pour les simples réïtérants (un récidiviste est quelqu’un qui commet plusieurs fois le même acte, un réïtérant est quelq’un qui commet plusieurs fois des actes illégaux quels qu’il soit), et ce y compris pour des délits de moindre importance (selon la mouture de la loi, qui n’est pas encore définitive, on parle même parfois de délits coûtant 3 ans de prison : notamment le vol dans un supermarché ou le téléchargement de mp3).
    Du coup une question s’impose : Si on laisse faire : quelle sera la suite ? Jugera-t-on tous les mineurs de 16 ans en adulte ? Et ensuite ? S’attaquera-t-on aux mineurs de 13 à 16 ans multirécidivistes ayant commis des faits graves ? Avant d’étendre ça aux mineurs de 13 à 16 ans réïtérants ayant commis des délits aussi grave que le téléchargement de mp3 ? Et ensuite ? Dira-t-on qu’un récidiviste de 10 à 13 ans devrait, après tout, pourquoi pas, ne pas être jugé en majeur, mais quand-même pouvoir aller en prison ?
    Il est temps de dire STOP à la surenchère législative sur les mineurs, qui font certes d’excellents bouc-émissaires (d’autant qu’ils ne peuvent voter, alors on peut leur faire toutes les vacheries qu’on veut sans risquer de perdre sa place au gouvernement) mais qui somme toute ne sont responsable que d’une minorité de délits et crimes, et ce avant qu’on ne franchisse encore une étape : si vous connaissez la métaphore de la grenouille dans la marmitte, l’eau est déjà à 40° : il ne faut pas attendre que l’eau boue pour bondire, car nous ne le verrons pas venir.
    C’est maintenant qu’il faut dire : NON, on ne peut pas éternellement durcir les peines pour mineurs dans le but de gagner une efficacité qui ne viendra jamais (si durcir les peines réglait la délinquance, ça se saurait : le fait est que c’est parfaitement inefficace) contre une délinquance des mineurs franchement surévaluée. Il arrive un moment où il faut passer à autre chose. Si nous ne le faisons pas maintenant, alors quand ? Quand on mettra des enfants de 10 ans en prison (comme l’avait proposé Christian Estrosi et comme le propose Jean-Marie Le Pen), il sera trop tard.

Donc si comme moi, vous pensez qu’il est temps de dire stop, il nous reste une toute petite chance : Signez l’Appel de l’Obs : les adolescents ne sont pas des adultes. C’est le moment où jamais de faire valoir cette évidence.

Elle tourne, et pourtant…

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Un 14 Juillet. Quelle belle date pour commencer une telle aventure…

Bonjour et bienvenue sur ce blog. Comme son nom l’indique, il traitera de droits de l’homme, de droits de l’enfant, de libertés individuelles, et d’anti-anti-pédophilie.

Mais encore ?

Le concept est simple. Alors que l’on fête hypocritement la prise de la Bastille, la révolution censée venir nous apporter liberté d’expression et tout le reste, les libertés individuelles et les droits de l’homme n’ont jamais été aussi menacés en France (à part en temps de guerre, mais la pire des dérive antidémocratique n’est-elle pas celle qui se fait dans la douceur pendant que le peuple est anesthésié ?). Il s’agit donc de restaurer certaines vérités, et de se battre pour un retour réel aux droits et libertés supposément inaliénables qu’on nous supprime chaque jour, faisant de notre pays l’un des pays démocratique les moins bien notés par des ONG comme Reporters Sans Frontières ou Amnesty International.
Voilà pour les droits de l’homme et les libertés individuelles.

Les droits de l’enfant et l’anti-anti-pédophilie maintenant. A priori contradictoire et pourtant… Je compte bien montrer que sous prétexte de « protection des mineurs », on ne les a jamais autant attaqué. Je compte montrer où se trouve l’hypocrisie des « protecteurs de l’enfance » (et croyez-moi j’ai des dossier). Et je compte sur ces pages me battre non pas pour la « protection de l’enfant » mais pour les « droits de l’enfant ». C’est à dire que nous allons, pour une fois, cesser de nous regarder nos nombrils d’adultes, et réfléchir sérieusement à la condition des mineurs dans nos contrées. Parce qu’il est trop facile de mener de grandes croisades sur ce qui se passe dans la culotte des enfants tout en laissant bafouer chaque jour, dans notre pays dit civilisé et démocratique, la quasi-totalité des articles de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

En ce 14 Juillet, je me permet humblement de donner le coup d’envoi à ce que je conçois comme une tentative de donner un coup de pied dans la fourmilière. Que ceux qui rêvent de me censurer prennent une toute petite minute pour réfléchir aux idéaux des ancêtres dont nous fêtons les actes chaque année à cette date.

Cette brêve présentation étant faite, je me permet de vous rappeller que le principe d’un blog est son intéractivité et que les débats sont les bienvenus, y compris pour ceux qui ne partagent en rien mes opinions. Toutefois, bien qu’étant très favorable à la liberté d’expression, je vous préviens que vous êtes ici chez moi, que dans ma propriété privée je suis un affreux dictateur, et que je censurerais impitoyablement les propos illégaux, les insultes, les trolls et les spams.

Je crois que tout est dit, il ne me reste donc qu’à vous souhaiter une agréable visite sur ces pages.

Polémiquement votre,

Samuel Arvidsson,
Votre Webmaster.

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