Lycéen blessé à Nantes – Quand l’Etat tire sur ses enfants

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On apprend par Libération, notamment de source préfectorale, qu’ « A Nantes, un lycéen de 16 ans, interpellé par la police, a été «grièvement blessé» à l’œil hier lors d’une manifestation contre la loi Pécresse. » Le lycéen a en effet reçu un tir de flashball en plein visage lors de la manifestation.

On aurait pas lu le « A Nantes », on jurerait que la chose s’est passée en Russie, ou à la rigueur aux Etats-Unis : mais non, c’est bien en France que la police tire au flashball en plein visage d’un adolescent manifestant (et pas d’un émeutier en train de brûler des voitures).
Alors que la police se dédouane et que la préfecture minimise les faits, le silence de Sarkozy sur cette affaire est assourdissant malgré la colère des parents.

Que n’aurait pas dit Sarkozy si c’était un policier qui avait été blessé à l’oeil ! Que n’aurait-on pas entendu sur ces « voyous » qui seront « jugés en cour d’assise » parce que c’est « impardonnable », si c’était un policier qui avait reçu un tir de flashball en plein visage !

Que n’aurait-on pas entendu sur la « brutalité » des jeunes si c’était un autre jeune qui avait tiré sur ce lycéen ! Que ne nous aurait-on pas dit sur la « sauvagerie » des jeunes d’aujourd’hui !

A n’en point douter, ce « voyou » qui s’en prendrait à un camarade serait jugé, condamné, et incarcéré : « saletés de jeunes délinquants juvéniles ».

Mais là, c’est un policier le voyou, c’est un policier la brute, c’est un policier le sauvage. C’est un policier qui a tiré au visage d’un adolescent dont il est possible qu’il perde un oeil (le « pronostic est réservé » sur l’oeil de cet adolescent). Alors, silence radio : il ne s’est rien passé, et surtout, il ne faut pas reconnaitre que l’acte est scandaleux.

Et pourtant il l’est !

Car à la fin, quest-ce que c’est qu’un pays qui est obligé de tirer au visage de ses enfants lorsque ceux-ci manifestent parce qu’ils sont inquiets pour leur avenir ? Quest-ce que c’est qu’un pays qui fait perdre un oeil à l’un de ses enfants ? Quest-ce que c’est qu’un pays qui réprime aussi sévèrement l’inquiétude de la jeune génération ?

Lorsqu’un pays tire sur ses enfants parce qu’ils manifestent leur inquiétude, c’est que nous sommes allés très loin dans le conflit des générations, et surtout très loin dans la terreur.

Lorsqu’un pays tire sur ses propres enfants, c’est que nous sommes en train d’installer ni plus ni moins qu’un Etat Policier, et que rarement nous n’avons été aussi loin dans la violence institutionnelle.

On aura beau jeu parler des Racailles et des Voyous de ce pays : en attendant, c’est un Fonctionnaire de l’Etat Français qui a fait perdre un oeil à l’un de ses enfants.

Et l’on reparle du Taser X26, une « forme de torture » selon l’ONU

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Cette fois ci ce n’est plus Olivier Besancenot qui le dit : c’est ni plus ni moins que le Comité de l’ONU contre la torture – encore, sans doute, de dangereux diffamateurs que la société SMP Technologies va s’empresser d’attaquer en justice.

Le pistolet à impulsions électriques Taser X-26 représente « une forme de torture » et « peut même entraîner la mort » : rien que ça. Nos forces de l’ordre ont donc entre les mains une arme non-léthale léthale, dont « l’usage provoque une douleur aigüe, constituant une forme de torture ». Quant au caractère léthal de l’arme mis en avant par Besancenot et attaqué par SMP Technologies – qui du coup va devoir s’expliquer devant le juge et on leur souhaite bon courage – l’ONU note que « Dans certains cas (l’usage de ces armes) peut même causer la mort, ainsi que l’ont révélé des études fiables et des faits récents survenus dans la pratique ». Au dernier décompte, Amnesty International en serait à environ 300 morts pour l’Amérique du Nord, dont plus de 280 aux Etats-Unis.

On comprend la gène des différents organismes et entreprises qui ont du sang sur les mains lié à l’utilisation du X26, quand on sait que l’arme est utilisée sur des enfants de 11 ou 12 ans aux Etats-Unis et que la même chose ne devrait plus tarder à arriver en France : Il est en effet prévu, dans ce pays, dans le pays des droits de l’homme, d’équiper d’une arme de torture reconnue comme telle par l’ONU la totalité des forces de l’ordre, police municipale y compris : or tout le monde sait que les forces de l’ordre ont le droit de se servir de leurs armes « non-léthales » contre des mineurs, et qu’ils ne se sont d’ailleurs jamais privé de le faire avec les Flashball, comme le prouvait, images et commentaires du policier à l’appui, un reportage de l’émission « 90 Minutes » sur Canal+ difusée le 15 Novembre 2005.

Ainsi donc, nos polices municipales seront bientôt équipées d’engins représentant une « forme de torture qui « peut même entraîner la mort » : ce n’est pas moi qui le dit, ce n’est pas Olivier Besancenot non-plus, ce n’est pas un dangereux complot gauchiste, non : c’est le Comité contre la Torture de l’Organisation des Nations Unies.

Est-il besoin d’en dire plus ?

Huit ans pour le prof de sport qui traumatisait des magistrats…

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On apprend que le professeur de sport d’une école privée des Yvelines a pris une peine de 8 ans de prison pour des viols commis sur des élèves de 11 à 17 ans…

Jusqu’à 17 ans comme par hasard… Parce qu’il violait des jeunes mais ne touchait pas au dessus de cet âge ? Ou parce qu’il avait des rapport consentis avec des jeunes de 11 à beaucoup plus mais qu’à partir de 18 ans, forcémment, c’était plus dur de retenir un « viol » purement imaginaire ?

En fait, un article de Libération nous donne des éléments de réponse : On y apprend que « L’un des témoins, cités par la défense, a passé de nombreuses nuits avec lui. «Jamais il n’a eu un geste déplacé.» Quand il a appris les accusations, ce témoin n’a pas été surpris. «Je connaissais son histoire très difficile. Je savais qu’il était encore vierge à 30 ans. Je ne suis pas tombé des nues.»

Plus intéressant, on apprend meme que « Des parents d’élèves, des enseignants ont longtemps défendu Malherbe. Au moment de son incarcération, il a même recu des poèmes rédigés par des enfants du collège. »

Moi, je serais toujours surpris par ces soi-disant « monstres » tellement violents, méchants et tout et tout, qu’ils reçoivent des poèmes de la part des enfants eux-même. Ce n’est pourtant pas par peur : il était hors d’état de nuire puisqu’en prison. Probablement pas par ascendance psychologique non-plus : Les profs détenus pour affaire de moeurs avec des mineurs ne sont pas souvent au summum des gens les plus estimés ni par les parents, ni par les ados.

Si bien que la question que je me permet de poser, c’est celle de savoir qui ce prof a réellement traumatisé : A-t-il réellement traumatisé des élèves en les violant ?

Ou a-t-il traumatisé quelques parents d’élèves catholiques et surtout quelques magistrats toujours prompts à condamner lourdement ce genre d’actes, en ayant eu des rapports sexuels consentis mais illégal avec des élèves qui eux, ne demandaient pas qu’on les « défende » de la sorte ?

Je ne suis pas en position d’y répondre, mais à tout le moins, la question mérite d’être posée dans la France d’aujourd’hui.

Ados en souffrance : les fausses solutions du rapport Versini

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C’est aujourd’hui que la défenseure des enfants Dominique Versini a publié un rapport « alarmant » sur l’état de santé mentale des adolescents français. Et quand on dit alarmant, on pèse nos mots : les polyaddictions (cannabis/alcool/tabac) ont doublé en 10 ans, le taux de suicide est en augmentation de même que les tentatives de suicide, 900 000 pré-ados et ados seraient en grande souffrance, sans parler des scarifications, des actes de violence contre soi ou autrui, de la consommation d’alcool jusqu’à l’ivresse totale en augmentation, et on sait que la consommation de cannabis – rarement dans un but purement récréatif – explose chez les moins de 15 ans.

Le rapport tire donc la sonnette d’alarme – avec beaucoup de retard : les ados français sont mal, très mal dans leur peau. Quelle découverte ! Quelle nouveauté ! Cela fait un moment que parents et professionnels tentent de prévenir, mais aussi militants des droits des jeunes qui disent « attention, les jeunes de ce pays vont de plus en plus mal ». Mais cette fois, c’est promis, on a bien compris…

… ou pas. Car au final, ce rapport cliché est encore à des kilomètres d’aborder les vrais problèmes. Quelles sont les problèmes pointés du doigt par le rapport Versini en effet, et les solutions apportées en réponse ? Hé bien, essentiellement des mesures d’ordre médical : il n’y aurait pas assez de psys, pas assez de maisons de l’adolescent, pas assez de point d’écoute… bien-sûr, ce n’est pas tout à fait faux en soi.
Mais le problème, c’est que ce rapport parle quasi-exclusivement de proposer des thérapies aux jeunes qui sont en situation de souffrance : on n’en est toujours pas à se demander pourquoi les jeunes souffrent et ce qu’on peut faire pour y remédier ! Toujours la bonne vieille excuse de la « période difficile » sans jamais se demander pourquoi elle est difficile, et pourquoi elle est plus difficile dans notre pays qu’ailleurs !

  • Pas un mot sur la manie franco-française de railler les « pauv’ chéris » et de se moquer ainsi allègrement de leurs souffrances qui, pour insignifiantes qu’elles nous paraissent, ne sont pas sans importance dans la tête des ados !
  • Pas un mot sur le collège français qui fournis des emplois du temps parmi les plus lourds d’Europe, en plus d’une quantité de devoir encore une fois parmi la plus énorme, créant des gamins qu’on peut qualifier de surmenés dès l’âge de 11 ans !
  • Pas un mot sur certaines sections élitistes et autres filières sélectives dès le lycée qui rendent certains ados tellement stressés qu’on en est à se demander combien de temps avant que les élèves se retrouvent avec des ulcères à 16 ans ! Et au contraire Sarkozy déclare vouloir généraliser la sélection dès la primaire !
  • Pas un mot sur notre manie de fustiger l’enfant Roi sans jamais parler des professeurs et des parents tyrans que subissent nombre de jeunes !
  • Pas un mot sur les 85% de parents qui considèrent que la seule bonne façon d’éduquer un enfant est de l’élever à coup de baffes et de fessées (à titre de comparaison, ils sont 10% en Suède à lever la main sur leurs enfants).
  • Pas un mot sur la nécessité absolue, dès le plus jeune âge, de considérer qu’un gamin difficile est un gamin en souffrance et qu’il faudrait s’intéresser sur ce qu’il vit à la maison, et sur ce qu’il faut faire pour y remédier !
  • Pas un mot sur les 30% d’adolescents homosexuels qui font une tentative de suicide au cours de l’adolescence, à cause de l’homophobie d’État (celle des magistrats et des députés qui criminalisent leurs rapports amoureux dès lors que l’un des partenaire a le malheur d’avoir plus de 18 ans, sous le prétexte fallacieux de la défense des enfants qui n’en demandent pas tant mais qu’on veut « sauver malgré eux »), ou privée (les comportements homophobes contre lesquels on ne fait pas grand chose).
  • Pas un mot sur une politique de plus en plus répressive qui, face à des adolescents en grande souffrance sombrant dans la petite délinquance, ne sait plus apporter d’autres réponses que la prison ou les maisons de correction (pardon, Centres Éducatifs). Pas un mot sur tous ces jeunes enfermés, incarcérés, dans des conditions indignes d’un pays civilisé, et qui parfois s’y suicident dans l’indifférence générale.
  • Pas un mot sur un système éducatif rétrograde qui fait que la majorité des enfants et des adolescents de ce pays se lèvent tous les matins pour aller à l’école à reculon avec la certitude de passer une journée merdique. Et sur la tendance actuelle à empirer les choses, considérant que « la pédagogie ça sert à rien, le ludique ca empêche d’apprendre les bonnes choses, et mieux vaut un enfant à moitié suicidaire mais qui ne fait pas de fautes d’orthographe qu’un enfant épanoui mais qui écrit moins bien que ses parents ».
  • Pas un mot sur une mentalité réactionnaire bien française qui consiste à penser que les jeunes sont des fénéants, des racailles, des impolis, des tyrans et des pourris-gâtés, et sur le discours ambiant anti-jeune qui consiste à nier leurs difficultés et à demander qu’ils travaillent plus (pour gagner rien), qu’ils soient plus sanctionnés, avec plus d’autoritarisme et plus de contrôle.
  • Pas un mot sur tous ces adolescents qui ont des choses à dire, qui ont besoin de s’exprimer, mais que personne ne veut écouter parce qu’on ne les juge pas crédible, pas capable de dire des choses intelligentes, pas capable de penser par eux-même. Et qui souffrent de ne pas être pris au sérieux.
  • Pas un mot sur un président qui a bati toute sa campagne sur un discours visant à monter les générations les unes contre les autres, et sur une population qui a suivi, affichant une haine ou pire – un mépris ostensible tantôt contre les lycéens grévistes, tantôt contre les jeunes voyous, tantôt contre ces illettrés de jeunes qui savent plus rien à car ils apprennent plus rien à l’école. Bref contre tout ce qui est jeune (donc con, forcémment).
  • Pas un mot sur les études internationales qui nous mettent systèmatiquement en bas du classement en ce qui concerne le bien-être de l’enfant (que ce soit l’étude de l’OCDE sur l’école qui prouve que les enfants français sont les enfants les plus stressés du monde à l’école, devant même les petits japonais, ou l’étude de l’UNICEF qui montre que les enfants disposent de peu de bien-être ici, et que quand on leur demande s’ils sont heureux, le taux de réponse positive est parmi les plus bas des pays industrialisés !

Comme si nous, adultes, n’avions rien à nous reprocher ! Comme si les adolescents étaient en souffrance par eux-même. Comme si, au fond, si les adolescents sont en souffrance c’est uniquement de leur faute et nous sommes déjà bien gentils de leur offrir des structures pour passer le mal-être dont ils seraient les responsables. Comme si nous n’y étions pour rien dans leur mal-être !
Tant que nous n’admettrons pas que les adultes sont la première et principale cause de souffrance des jeunes, et que ce sont NOS mentalités qui doivent changer, pour plus de progressisme. Tant que nous n’admettrons pas que nous devons montrer plus de respect, d’empathie et de compréhension envers les jeunes, TOUS les jeunes. Bref tant que nous n’aurons pas décidé de nous remettre en question, nous resterons dans cette situation alarmante, et ce n’est pas l’augmentation des maisons de l’adolescent qui y changera quoi que ce soit.
Les ados souffrent parce que les adultes les font souffrir. Ce ne sont pas les ados qui doivent changer : ce sont les adultes !

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