Pédopornographie : Haro sur les délits de quéquette !

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En Allemagne, c’est pas moins de 12 000 suspects qui sont recherchés pour avoir téléchargé des images pédo-pornographiques. Et des suspects vont être cherchés dans 70 pays : il est clair que la France en fera partie.

La chasse aux pédophiles sur internet est devenu une nouvelle mode, et un emploi à temps complet pour nombre de policiers, payés pour attraper des personnes téléchargeant ou échangeant de la pornographie infantile, selon des méthodes plus ou moins acceptables dans un pays démocratique (utilisation de pièges, notamment, ce qui est une incitation au délit). On les attrape par millier, voire dizaines de milliers : opération Icebreaker, opération Malone, Opération Koala (Europol) et maintenant cette opération allemande. Tout cela nous rappelle l’affaire ADO 71 (700 arrestations, 5 suicides, quelques condamnations pour la forme, une majorité d’innocents) ou plus ancien, l’affaire Toro-Bravo. Il semblerait que le voyeur pédo qui agresse sexuellement sa main droite soit devenu l’ennemi public n°1.

Ainsi que s’exprimait au lendemain du procès d’Outreau Claude Imbert, dans un éditorial du Point (qu’on ne peut accuser de sympathies gaucho-anarchistes et dont la ligne éditoriale est à des kilomètres de la mienne) : “Il y eut des suicides chez des fantasmeurs arrachés à leur Internet et jetés à l’opprobre public comme si leur consommation solitaire d’images en faisait des violeurs quasi patentés. De l’image virtuelle à l’attouchement, de l’attouchement au viol et du viol à l’assassinat, la rumeur publique emboîtait des enchaînements infects.”  Ce n’est pas moi qui le dis : c’est Claude Imbert.

Et en effet, on voudrait nous faire croire que le téléchargeur d’images pornos impliquant des mineurs, c’est l’ennemi de l’enfance. L’idée c’est qu’on va sauver l’enfance (et son slip et sa virginité) en arrêtant quelques milliers de frustrés devant leur ordinateur. On se demande bien combien et quels enfants, concrêtement, ont vu leur vie s’améliorer sensiblement par ces opérations médiatiques de chasse aux sorcières. A l’heure où la sinistrose est sans doute la maladie la plus développée chez les jeunes ados, à l’heure où certains de nos mômes se retrouvent incarcérés, entre 4 murs dans une cellule de 9m² pour deux et où certains s’y suicident, à l’heure où nous détenons le record mondial du stress à l’école,  à l’heure où la police tire sur ses lycéens et où les parents bossent le dimanche pendant que la police s’occupe de leur progéniture, et surtout à l’heure du rapport Versini, il semblerait que l’unique priorité des gouvernements, l’ennemi à abattre, le problème parmi les problèmes, ce soit les frustrés qui se branlent devant leur ordinateur.

Bien entendu, ne voyez là aucune forme de chasse aux sorcières, n’y voyez aucun bouc-émissaire : si on chasse les “branleurs” (c’est le cas de le dire), c’est bien entendu parce qu’ils représentent une menace terrible pour l’innocence de nos enfants - puisqu’on vous le dit ! Et ne venez surtout pas signaler que l’innocence de nos enfants, dès l’âge de 11-12 ans, a été largement remise en question tout récemment - ce serait être mauvaise langue. L’ennemi, c’est le voyeur-pédophile-pervers-sataniste qui-approche-une-boite-en-réseau-du-piratage  -pleine-de-nouvelles-technologies-sexuelles !

Et pendant qu’on fait la chasse aux consommateurs d’images qui traumatisent leur main droite pour soi-disant sauver les enfants, un père poignarde à mort ses trois enfants de 2, 4 et 7 ans suite à une dispute conjugale ! Nan, juste histoire de replacer les choses dans leur contexte… Mais bon, puisqu’il ne consommait pas d’images pédophiles, ça va, la morale est sauve et le slip des enfants aussi.

Ouf, on a évité le pire…

Adolescents mis en examen pour agression sexuelle : où sont passés les angelots asexués ?

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On apprend par l’AFP que dans un collège de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, onze adolescents âgés de 12 à 15 ans (ou de 11 à 14, on ne sait pas trop) ont étés arrêtés et mis en examen pour agression sexuelle.

Ils sont soupçonnés d’avoir agressé sexuellement une surveillante de leur collège, en l’encerclant et en lui faisant subir des attouchements alors qu’elle attendait son bus, avant de prendre la fuite.

Bon, outre le fait que les adolescents en question et surtout leur entourage aient une autre version des faits, nous allons admettre que la version de la victime est la bonne. Car le problème n’est pas là :

Le problème c’est qu’en d’autres circonstances, nommément si c’était la surveillante qui avait eu l’initiative de la relation sexuelle, avec le consentement des 11 garçons, elle aurait risqué quelques années de prison. Et si la surveillante avait été un surveillant, il aurait risqué facilement 10 ou 15 ans de prison pour viol.

Le consentement des garçons ne serait pas entré en ligne de compte : pourquoi ? Parce qu’ils sont irresponsables en matière de sexualité ! Nos angelots asexués sont - c’est bien connu - à cet âge purs et innocents, ils ne savent en tout cas pas ce qu’ils font, parce qu’ils n’ont pas bien conscience de la “Chose” et de ce que ça implique.

Un discours auquel on croit ou pas, mais si on y croit, il y a un problème majeur : De quel droit met-on en examen des jeunes alors qu’ils sont, paraît-il, irresponsables ? En effet, s’ils sont si purs et innocents, asexués et irresponsables, si vraiment à cet âge ils ne savent pas ce qu’ils font en matière de sexe comme on nous le rabâche dans tous les procès où l’on condamne lourdement des adultes pour rapports sexuels consentis avec des adultes de cet âge, alors ils ne savaient pas non-plus ce qu’ils faisaient à cet arrêt de bus, et d’ailleurs ils ne savent pas ce qu’est le sexe donc ils n’ont pas pu commettre d’agression sexuelle.

Simple question de logique, et pourtant… Pourtant ils sont mis en examen, et pourtant sont mis en examen des adultes qui ont des rapports sexuels avec des adolescents comme eux.

La question de l’âge de majorité sexuelle et de l’âge de responsabilité pénale en matière de moeurs est encore une fois posée, car elle fait là encore montre de toute son incohérence : un jeune serait parfaitement au courant de ce qu’il fait de sa sexualité quand il est sur le banc des accusés, mais absolument inconscient de ce qu’il fait de sa sexualité quand c’est un adulte qui est sur le banc des accusés.

Les jeunes sont donc responsable quand ça arrange les pouvoirs publiques (justice et législateur), irresponsables dans les mêmes cas : une explication un peu fumeuse et qui cache bien mal l’hypocrisie à maintenir une différence de deux ans entre âge où l’on peut être incarcéré pour viol et âge où l’on peut commencer à disposer un tant soit peu de sa sexualité (sous des conditions plus que strictes). Et c’est sans compter qu’en réalité, dans ce pays, la responsabilité pénale en matière de moeurs comme pour le reste commence vers… 7-8 ans : et que des mômes de 10 ans ont déjà été arrêtés, placés en retenue en commissariat (garde à vue pour les mineurs de moins de 13 ans), mis en examen et condamnés pour agression sexuelle.

Oui, dans ce pays où l’on se targue de protéger le slip des enfants jusqu’à 15 voire 18 ans parce que paraît-il ils seraient chastes purs et innocents, on les condamne pour ce qu’ils font de leur slip à 10 ans (imaginez le traumatisme pour un enfant de 10 ans de se retrouver dans un commissariat comme accusé), et on les menace de prison à 13.

Cette affaire de Mantes-la-Jolie viens rappeller l’incohérence et l’hypocrisie de la législation, et l’injustice des magistrats qui condamnent chaque année lourdement des centaines d’adultes pour avoir eu des rapports sexuels avec des jeunes de l’âge de ces onze mis en examen.

Arrestation de Dasquié : la preuve que nous ne sommes pas en démocratie.

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En préambule, il faut rappeller ce qui s’est passé : Journaliste d’investigation spécialisé dans la raison d’Etat, Guillaume Dasquié a été arrêté, perquisitionné, placé en garde à vue et mis en examen pour avoir fait publier un article dans Le Monde concernant les renseignements que possédait la DGSE peu avant les attentats du 11 Septembre 2001.

Ensuite, pour bien comprendre ce qui s’est passé, le plus simple est de regarder cet extrait d’une émission de France 5, où Monsieur Dasquié lui-même explique la situation en détail :

Ce témoignage instructif est la preuve officielle et définitive que nous ne sommes plus en démocratie. Nous ne sommes plus en démocratie :

  • Parce que la démocratie, ce n’est pas seulement choisir son dictateur tous les cinq ans.
  • Parce que la pierre angulaire d’une démocratie, c’est la liberté d’expression et en particulier la liberté d’informer, et que la base même de la liberté d’informer, c’est celle de protéger ses sources, sans quoi on n’a rapidement plus d’information à transmettre. Ce n’est pas moi qui le dit : c’est la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui l’a rappellé de nombreuses fois à la France en la condamnant.
  • Parce que dans une démocratie, les pouvoirs en place ne font pas pression sur les journalistes et certainement pas dans un cadre illégal comme un maintien arbitraire en garde à vue, et encore moins en faisant du chantage à la détention.
  • Parce que cette affaire prouve que contrairement à une démocratie, la France est un pays où les institutions législatives, exécutives et judiciaires sont mêlées et complices et qu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs, la justice obéïssant sagement à la police qui obéït sagement en l’occurence au pouvoir politique, représenté dans cette affaire par Michelle Alliot-Marie, ex-ministre de la Défense et actuelle Ministre de l’Intérieur.
  • Parce qu’une démocratie implique une justice indépendance et impartiale, et que la simple mise en examen de Guillaume Dasquié au mépris du droit européen (dont la Constitution dit qu’il prime sur le droit français, ce que le TGI de Paris ne peut ignorer) est une preuve que ce n’est pas le cas. Le chantage à la détention provisoire est encore plus scandaleux et digne des pires vices de la justice de Poutine aux ordres du Kremlin.

Monsieur le Procureur de la République aura beau jeu prétendre que “En second lieu, le délit de compromission est caractérisé par la seule détention de documents classifiés” : le problème avec son affirmation, c’est que condamner un journaliste pour le recel de documents confidentiels quand ce qui est attaqué est son droit d’informer, c’est illégal à l’égard du droit européen et par voie de conséquence condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, de même d’ailleurs que le fait de pratiquer des perquisitions chez un journaliste.

Aaaah ces empêcheurs de tyranniser et de bâillonner en rond…

Travail le dimanche: qui va garder les gosses ?

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Jeudi, le Président de la République a fait un grand discours, notamment sur le pouvoir d’achat, en augmentant sensiblement l’étendue de son fameux “travaillez plus pour gagner plus” (avec d’ors et déjà l’enterrement des heures supplémentaires défiscalisées : à la place, les entreprises suggèreront à leurs employés de renoncer à leurs RTT contre de l’argent, l’avantage, c’est que ce n’est pas payé en heures supplémentaires).

Bref une mesure en particulier est à retenir : le specte du travail le dimanche refait son apparition. Nicolas Sarkozy est bien décidé à faire trimmer le dimanche, “sur la base du volontariat” (selon le bon vieux précepte du “soit t’es volontaire, soit on trouvera quelqu’un d’autre à employer qui lui sera volontaire”).

Alors qu’on est d’ors et déjà en train d’enterrer le rapport Versini, qui décidément n’aura eu aucun impact sur la politique de ce pays, voilà une nouvelle mesure qui va, à n’en point douter, améliorer la santé psychique des jeunes : voilà que le dimanche, le seul jour où toute une famille pouvait être réunie, le seul jour où personne ne travail et où parents et enfants peuvent se retrouver, va disparaitre en tant que tel : désormais, c’est zéro jour par semaine que les parents passeront avec leurs enfants.

On imagine bien que le sort des ados va encore s’améliorer si dès le plus jeune âge, les enfants passent SEPT jours par semaine hors de la maison, parce que papa et maman travaillent même le dimanche pour joindre les deux bouts. On imagine bien que les enfants seront bien mieux à zoner dehors, désoeuvrés, plutôt qu’à parler ou à faire des activités avec leurs parents.

Si bien que Sarkozy viens de confirmer la validité ironique d’un extrait d’une chanson de Tryo : Récréation, qui disait :

“Faut qu’les parents bossent, faut qu’les parents bossent,
Pendant qu’la police s’occupe de leurs gosses”

C’est clair : Pendant que papa bossera le dimanche, les enfants iront zoner pour certains, et comme tout gamin livrés à eux-même, ils feront des bêtises.

C’est clair aussi, on ne pourra pas exiger des parents qu’ils aient une meilleure autorité et qu’ils “tiennent leurs enfants” s’ils sont hors de la maison 7 jours sur 7.Et on ne pourra pas attendre que les enfants aillent mieux, donc se comportent mieux, s’ils ne voient jamais leurs parents. Il n’est pas besoin d’être un génie pour se douter que les problèmes des adolescents ne commencent pas au jour de leur 13ème anniversaire mais qu’ils ont une histoire, et que l’éducation joue un rôle dans cette histoire. On voit mal comment le fait de bosser le dimanche pourrait arranger les problèmes pointés du doigt par le rapport Versini.

Du coup, la phrase attribuée à Laurent Fabius par les Guignols de l’info prend tout son sens, mais pas vis à vis de Ségolène Royal : Qui, qui, qui va garder les gosses ?

La police sans doute, quand les gamins désoeuvrés déconnerons, ou que les gamins mal dans leur peau d’avoir passé les 12 premières années de leur vie sans jamais voir leurs parents fumeront du cannabis : et on feindra encore de s’étonner, et de condamner cette délinquance comme si les jeunes étaient déjà responsable, à 13 ans, de ce qu’ils sont devenus.

De qui se moque-t-on, lorsque l’on feint de s’inquiéter de la santé mentale des ados et qu’on passe ses législatures à sacrifier la famille sur l’autel de la compétitivité ? Travail, famille patrie ? Non, désormais vous pouvez supprimer “famille” : travail, travail, patrie. Il parait que c’est ça, le progrès. Pas pour la santé psychique des jeunes en tout cas.

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