Adolescents mis en examen pour agression sexuelle : où sont passés les angelots asexués ?
Réflexion, actualités, anti-anti-pédophilie, droits de l'enfant, justice, société 15 décembre 2007 Tags: actualités, anti-anti-pédophilie, droits de l'enfant, faits-divers, justice, mineurs, pédophilie, Réflexion, société .On apprend par l’AFP que dans un collège de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, onze adolescents âgés de 12 à 15 ans (ou de 11 à 14, on ne sait pas trop) ont étés arrêtés et mis en examen pour agression sexuelle.
Ils sont soupçonnés d’avoir agressé sexuellement une surveillante de leur collège, en l’encerclant et en lui faisant subir des attouchements alors qu’elle attendait son bus, avant de prendre la fuite.
Bon, outre le fait que les adolescents en question et surtout leur entourage aient une autre version des faits, nous allons admettre que la version de la victime est la bonne. Car le problème n’est pas là :
Le problème c’est qu’en d’autres circonstances, nommément si c’était la surveillante qui avait eu l’initiative de la relation sexuelle, avec le consentement des 11 garçons, elle aurait risqué quelques années de prison. Et si la surveillante avait été un surveillant, il aurait risqué facilement 10 ou 15 ans de prison pour viol.
Le consentement des garçons ne serait pas entré en ligne de compte : pourquoi ? Parce qu’ils sont irresponsables en matière de sexualité ! Nos angelots asexués sont - c’est bien connu - à cet âge purs et innocents, ils ne savent en tout cas pas ce qu’ils font, parce qu’ils n’ont pas bien conscience de la “Chose” et de ce que ça implique.
Un discours auquel on croit ou pas, mais si on y croit, il y a un problème majeur : De quel droit met-on en examen des jeunes alors qu’ils sont, paraît-il, irresponsables ? En effet, s’ils sont si purs et innocents, asexués et irresponsables, si vraiment à cet âge ils ne savent pas ce qu’ils font en matière de sexe comme on nous le rabâche dans tous les procès où l’on condamne lourdement des adultes pour rapports sexuels consentis avec des adultes de cet âge, alors ils ne savaient pas non-plus ce qu’ils faisaient à cet arrêt de bus, et d’ailleurs ils ne savent pas ce qu’est le sexe donc ils n’ont pas pu commettre d’agression sexuelle.
Simple question de logique, et pourtant… Pourtant ils sont mis en examen, et pourtant sont mis en examen des adultes qui ont des rapports sexuels avec des adolescents comme eux.
La question de l’âge de majorité sexuelle et de l’âge de responsabilité pénale en matière de moeurs est encore une fois posée, car elle fait là encore montre de toute son incohérence : un jeune serait parfaitement au courant de ce qu’il fait de sa sexualité quand il est sur le banc des accusés, mais absolument inconscient de ce qu’il fait de sa sexualité quand c’est un adulte qui est sur le banc des accusés.
Les jeunes sont donc responsable quand ça arrange les pouvoirs publiques (justice et législateur), irresponsables dans les mêmes cas : une explication un peu fumeuse et qui cache bien mal l’hypocrisie à maintenir une différence de deux ans entre âge où l’on peut être incarcéré pour viol et âge où l’on peut commencer à disposer un tant soit peu de sa sexualité (sous des conditions plus que strictes). Et c’est sans compter qu’en réalité, dans ce pays, la responsabilité pénale en matière de moeurs comme pour le reste commence vers… 7-8 ans : et que des mômes de 10 ans ont déjà été arrêtés, placés en retenue en commissariat (garde à vue pour les mineurs de moins de 13 ans), mis en examen et condamnés pour agression sexuelle.
Oui, dans ce pays où l’on se targue de protéger le slip des enfants jusqu’à 15 voire 18 ans parce que paraît-il ils seraient chastes purs et innocents, on les condamne pour ce qu’ils font de leur slip à 10 ans (imaginez le traumatisme pour un enfant de 10 ans de se retrouver dans un commissariat comme accusé), et on les menace de prison à 13.
Cette affaire de Mantes-la-Jolie viens rappeller l’incohérence et l’hypocrisie de la législation, et l’injustice des magistrats qui condamnent chaque année lourdement des centaines d’adultes pour avoir eu des rapports sexuels avec des jeunes de l’âge de ces onze mis en examen.








13 février 2008 à 0:20
“ils ne savent en tout cas pas ce qu’ils font, parce qu’ils n’ont pas bien conscience de la “Chose” et de ce que ça implique.”
AMHA la loi a plutôt pour objet de les protéger contre les personnes qui sont plus fortes physiquement et/ou qui ont un ascendant juridique ou familial sur les mineurs: ce qui expliquerait que les relations sexuelles entre mineurs consentants ne sont pas pénalisées, et que entre 15 et 18 ans (âge où on est “majeur sexuellement”) le mineur même consentant soit considéré comme une victime en cas de rapport sexuel avec un ascendant.
13 février 2008 à 2:26
Non, car dans le cas où un adulte se servait de sa stature pour imposer, physiquement ou mentalement, une relation sexuelle à un mineur, on tomberait dans un viol typique. Or, la loi interdit les rapports quand bien même le mineur aurait l’initiative de l’acte et viendrait dire au procès qu’il était consentant, qu’il ne regrette rien et que même il voudrait bien recommencer.
Quant aux rapports non-criminalisés entre mineurs, c’est un peu plus complexe que cela (et laissé en large partie à l’appréciation souveraine des magistrats).
6 mai 2008 à 20:00
“Or, la loi interdit les rapports quand bien même le mineur aurait l’initiative de l’acte et viendrait dire au procès qu’il était consentant, qu’il ne regrette rien et que même il voudrait bien recommencer”
AMHA (à vérifier par exemple dans les débats parlementaires) l’idée est que même s’il est, ou a l’air satisfait, il a quand même été contraint, ou mal éduqué par ses parents qui l’ont débauché, ou ment pour protéger ses proches (accusés) de la condamnation.
D’ailleurs, il est interdit (semble-t-il par des arrêtés préfectoraux) de servir et/ou vendre des boissons alcoolisées à des mineurs de 16 ans même s’ils ont envie d’en boire (il y a même une proposition de loi: http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion2814.asp ) alors qu’on peut, sans cette interdiction, condamner les personnes qui forcent quelqu’un à boir de l’alcool (prévention de violences ou d’administration de substances nuisibles ).
Je pense donc que la sexualité, comme l’alcool (ou les films cochons ou violents) est considérée comme une activité nuisible pour les jeunes, surtout quand elle a lieu avec un adulte (même si le mineur est ou se dit consentant). Si de jeunes enfants ont des rapports sexuels entre eux, cela peut être vu soit comme un jeu innocent de “touche-pipi” sans connotation sexuelle (alors que les mêmes caresses, faites par un adulte, seraient vues comme un acte sexuel), ou comme un vrai rapport sexuel, auquel cas il est probable que les parents ou professeurs, sans qu’il soit question de poursuites pénales, voient tout de même là quelque chose d’anormal (et envoient l’enfant chez un psy).
(vous devriez vraiment faire quelque chose pour votre anti-spam)
6 mai 2008 à 20:01
“Quant aux rapports non-criminalisés entre mineurs, c’est un peu plus complexe que cela (et laissé en large partie à l’appréciation souveraine des magistrats”
Je veux dire que, cotnrairement au cas du mineur de 15 ans avec un adulte, le rapport sexuel entre deux mineurs, toutes choses égales par ailleurs (présence de consentement) n’est pas défini comme une infraction.
6 mai 2008 à 21:02
Ce n’est pas parfaitement exact : la “présence du consentement” ne se définis en effet juridiquement pas seulement par l’affirmation de celui-ci : il suffit de considérer le mineur comme trop jeune pour donner un consentement éclairé pour qu’on considère qu’il n’y a pas eu consentement, et que donc il y a agression sexuelle de la part d’un mineur sur un autre mineur. Cet âge du “trop jeune pour que le consentement soit reconnu” (même s’il est réaffirmé vigoureusement par le mineur lors du procès) est assez variable, et pas inscrit dans les textes.