Élève giflé et enseignant arrêté : Ce qui s’est vraiment passé à Berlaimont.
Médias, actualités, droits de l'enfant, justice, société 1 février 2008 Tags: actualités, école, Berlaimont, collège, droits de l'enfant, gifle, judiciarisation, justice, Médias, société, violence .Le sujet deffraie la chronique : un professeur d’un collège de Berlaimont (Nord) qui aurait gifflé un élève s’est retrouvé en garde à vue à la suite d’une plainte par le père du jeune collègien de 11 ans. Selon la version des journalistes, “l’élève a traité le professeur de connard, le prof a réagit en gifflant l’élève”, fin de l’histoire.
Mais la version donnée par le procureur diffère quelque peu. Voici donc la vraie chronologie des évènements selon le procureur, Monsieur Beffy :
- La table de l’élève n’étant pas rangée, le professeur arrive là où se trouve l’élève, au fond de la classe, et sans dire un mot, d’un revers de main, met l’ensemble des affaires de l’élève par terre.
- L’élève demande au professeur “Pourquoi avoir fait cela, monsieur ?”
- Pour toute réponse, le professeur - dont on apprend qu’il reconnait avoir un problème avec l’alcool depuis 4 ans et qui avait 0,36mg dans le sang au moment de son interpellation - le soulève par le col et le plaque contre un mur de la classe.
- “Connard” marmonne alors l’enfant, probablement humilié et déjà victime d’une violence à ce moment là des faits.
- C’est à ce moment là seulement que le professeur lui met une gifle, puis le traine du fond de la classe jusqu’à son bureau (à l’autre bout de la classe), avant de l’amener dans une autre salle pour lui faire rédiger une lettre d’excuse. Devant tous les élèves, dont deux filles, choquées, partent vers l’infirmerie en pleurs.
- Il reviens ensuite dans la classe en déclarant “L’incident est clos, vous n’en parlez à personne” : une réaction d’enseignant qui n’a rien à se reprocher bien entendu.
Au passage, on apprend que l’élève a été exclu de son établissement pendant 3 jours - ce qui signifie que l’évènement sera mentionnée sur son dossier scolaire : un moyen de lui compliquer l’accès à certains lycées prestigieux notamment si jamais ça devait le tenter. C’est, par expérience, une sanction totalement inhabituelle, une insulte à un prof de ce genre étant généralement sanctionnée par quelques heures de colle.
Dis autrement, il s’agit d’une basse vengeance de la part de la direction du collège Gilles-de-Chin ; Mesquin. D’autant plus qu’on imagine facilement que la plainte est une décision du père et non du fils.
Au fait, le fallait-il, porter plainte ? Je répondrais par un quadruple-oui :
- Oui parce que c’est apparamment le seul moyen de faire savoir publiquement que des professeurs frappent des élèves (et parfois au dela) : tous les journalistes sont en train de nous dire que l’acte est incroyablement rare, alors j’ai cherché à mener l’enquête : ayant interrogé un certain nombre de collègiens, ils sont unanimes : tous ont connu, dans l’année en cours ou l’année précédente, au moins un professeur qui aura frappé au moins un élève. Parfois plus (et parfois plus grave que des giffles). Les affaires sont presque systèmatiquement étouffées, maintenues privées. Et les enseignants presque jamais sanctionnés par leur hiérarchie, même quand les actes sont nettement plus grave.
- Oui parce que c’est facile de jouer les vierges effarouchées quand un élève insulte un professeur, alors que l’inverse est assez courant et strictement jamais sanctionné. Le respect c’est à double-sens : “je te respecte, tu me respectes”, sinon ce n’est pas du respect mais de l’autoritarisme. Or de ce point de vue là, beaucoup de professeurs ont un comportement inacceptable sans que l’on ne tolère que l’élève réponde en frappant son professeur pour autant.
- Oui ensuite parce que les actes sont inacceptables : je vous pose la question à vous adultes, probablement salariés, qui me lisez. Comment réagiriez vous si votre patron jettait vos affaires par terre dans un excès de colère, et comment réagiriez vous s’il vous soulevait, vous plaquait contre un mur, vous frappait puis vous trainait jusqu’à son bureau ? Je pense que vous seriez vous aussi fortemment tenté de porter plainte. Or le respect que vous êtes en droit d’attendre, les enfant sont aussi en droit de l’attendre : les enfants ne sont pas des sous-citoyens ni des sous-êtres.
- Oui enfin parce qu’au petit jeu de la judiciarisation des comportements irrespectueux, il est important de dire que ce ne sont pas les élèves qui ont commencé. Et que les enseignants ne se privent pas, eux, de contacter la justice à la moindre insulte ou comportement irrespectueux d’un élève. Nous y reviendrons dans un prochain article ici-même. Et vous verrez qu’il s’agit de quelque chose de très sérieux, projet de loi à l’appui.
Avouez qu’on est bien loin du “il l’a traité de connard, il a reçu une gifle en échange”.
Ne laissez pas les journalistes diaboliser les élèves pendant que les professeurs seraient tous des héros. Il est très important de dire haut et fort que la violence et l’irrespect des élèves envers les professeurs est inacceptable. Aucun n’élève n’a le droit d’insulter - et a fortiori de frapper - un professeur. Et des sanctions doivent être prises dans de telles circonstances.
Mais cela est valable dans l’autre sens : l’irrespect des professeurs envers leurs élèves est tout à fait inacceptable également, et la violence à l’égard des élèves est tout aussi inacceptable. Par ailleurs, s’il faut féliciter énergiquement tous les professeurs qui font consciencieusement et respectueusement un métier difficile comme le leur, il est urgent aussi de sanctionner lourdemment les brebis galeuses qui n’ont pas un comportement digne de leur tâche de représentants de la République.
En l’occurence, soulever un élève, le plaquer contre un mur, le frapper et le trainer, c’est illégal et ce n’est pas un geste anodin : on ne l’accepterait pas d’un élève, on n’a pas à l’accepter de la part d’un enseignant.








1 février 2008 à 23:16
Je suis bien d’accord qu’une gifle donné à un élève est inacceptable. C’est l’échec de la mission éducative au profit d’un rapport de force uniquement physique qui ne peut que décrédibiliser le professeur lui-même. La pédagogie à coup de règles sur les doigts ne m’enthousiasme pas plus que vous. J’y suis opposé autant que vous. Je suis donc d’accord qu’une sanction à l’égard du prof soit prise. Encore faut-il que cette sanction soit proportionnée en rapport avec la gravité de la faute. Or, si le professeur a manqué de mesure dans sa réaction envers son élève, la loi manque également de mesure dans le traitement de cette affaire. Forcé de reconnaître que je ne vous suis pas dans le restant de vos propos et que vous manquez pour le coup de l’élémentaire prudence. Les propos du procureur sont subtilement garnis de vos commentaires laissant penser que ce prof est décidément un beau salopard. Puisque c’est le procureur qui l’a dit, c’est que c’est vérité vraie. Mais sur quel témoignage se base t-il, ce bon procureur ? celui du professeur ou celui de l’élève ? Pour rappel la mission du procureur de la République consiste à rechercher et faire rechercher l’existence d’infractions ; il synthétise les éléments de culpabilité et réclame l’application d’une peine. Là, il est dans son rôle, celui de l’accusateur. Mais il ne détient pas pour autant la vérité judiciaire. Si on se baserait maintenant sur les déclarations de l’avocat du professeur, nul doute que la chronologie des faits serait tout autre. Au passage, rien, absolument rien ne permet d’établir que ce prof avait 0,36g d’alcool dans le sang au moment de l’incident. Or vous reprenez faussement l’info dans la chronologie. Selon l’enseignant (mais vous avez sans doute oublié de mentionner les éléments à décharges) il n’aurait bu qu’une fois rentré chez lui. Le titre « Ce qui s’est vraiment passé à Berlaimont » m’apparaît dès lors bien présomptueux tout à coup.
Vous stigmatisez la réaction disproportionné de l’enseignant tout en applaudissant la réaction disproportionnée de l’appareil judiciaire (on se demande d’ailleurs bien ce que l’appareil judiciaire vient f… là dedans). Ainsi le fait qu’un enseignant à bout de nerf donne une baffe à un élève qui l’a insulté passe 24h en garde à vue en cellule comme le dernier des délinquants avec fichage ADN et tout itout est pour vous quadruplement souhaitable. Pour ma part c’est quadruplement déplorable. Permettez-moi de reprendre vos quadruples « oui ».
1)Votre quête de témoignages de pauvres élèves victimes de tortionnaires n’engage que vous. Les chiffres de l’éducation nationale donnent ceci : 2006-2007: 57 dossiers de profs accusés d’avoir frappé des élèves, sur 1 760 dossiers d’agressions, insultes, menaces de profs, de chefs d’établissement et d’élèves. Le ratio semble être de 1 contre 30. Les graves affaires « étouffées » dont vous faites cas manquent cruellement de sources.
2)L’argument des profs qui insultent ou réprimandent des élèves ne justifie pas que ce prof de technologie passe 24h au mitard. Si le respect est évidemment nécessaire dans les deux sens, il s’agit là néanmoins d’une considération générale qui ne s’applique pas à cette affaire en particulier. Rien ne dit que le prof incriminé ait insulté l’élève et il n’a donc pas à payer pour ce genre de généralités.
3)L’argument est hors contexte. Retranscrire bout à bout, comme vous le faites, un enchaînement d’actions est facile et permet à peu de frais de condamner un des protagonistes. Il jette les affaires de l’élève, le pousse et le gifle. Or, ni vous, ni moi n’étions ce jour là dans cette classe pour comprendre l’enchaînement qui a amené ce professeur à perdre les pédales. Mis bout à bout les réactions de l’élève peuvent tout autant le condamner si on fait abstraction du contexte.
4)Le « petit jeu » de la judiciarisation est déplorable d’un côté comme de l’autre. En rajouter une couche est méprisable. Il s’agit d’argumentaire que j’ai connu dans des écoles maternelles : « Puisque tu l’as dit à la maîtresse, he ben je le dirais aussi à la maîtresse, na ! » J’ajoute que la confusion des genres avec les bons élèves d’un côté et les méchants profs de l’autre est franchement déplacée (comme sont déplacés les milliers de messages qui inondent les forums suite à cette affaires où les internautes stigmatisent les méchants élèves d’un côté et les braves profs de l’autre). Ce n’était peut-être pas votre intention au départ mais à la (re-re-re)lecture de votre article on sent un parti pris assez net en ce sens. Toutefois, pour en revenir à la judiciarisation des rapports profs-élèves, ce qui se passe actuellement est assez symptomatique de notre société en voie d’américanisation où le recours à la justice est de plus en plus courant, tout ceci au détriment du dialogue et du bon sens. Car dans cette affaire, c’est bien le manque de dialogue qui a permit à cet épisode d’aboutir au comble du ridicule. Quoi ? Vous n’avez pas remarqué qu’il y a dorénavant deux victimes dans cette malheureuse farce : le prof qui voit sa carrière brisée et l’élève qui subit la pression médiatique et se voit traiter par toute la France comme un sale gamin mal élevé. Beau résultat du jeu de la judiciarisation à tout cran. Voilà le déplorable du déplorable, ce qui me pousse en fait à réagir. Ne pensez-vous pas que ce qu’il vit actuellement est bien pire que la gifle reçue par son professeur ? et qu’en fin de compte une bonne explication aurait mieux valu que tout ce tintamarre ? L’enfer est pavé de bonnes intentions dit-on. Mais alors, franchement, ce gosse aurait bien pu s’en passer de ce genre de « bonnes intentions ». Vous êtes en droit de ne pas me croire, mais franchement je suis triste pour ce garçon ainsi montré du doigt pour son soi-disant grand bien. C’est sûr que les jours à venir, il va être content du « petit jeu de la judiciarisation » que vous appelez de vos voeux.
1 février 2008 à 23:56
Quelques points rapides :
- Le plaignant n’est pas l’élève mais le parent, qui a reçu la chronologie des évènements non-pas par son fils mais par la directrice de l’école qui l’a convoqué le jour de l’incident. Du reste, la chronologie donnée par le procureur n’a pas été remise en question à ma connaissance par le père, qui est pourtant sorti de garde à vue et répond aux journalistes. A ma connaissance, l’avocat du professeur compte plutôt dire que l’enseignant reconnait les faits et les regrette, qu’il a eu un moment d’égarement parce qu’il a été choqué par un mot qui lui était adressé pour la première fois de sa carrière.
- Je ne crois pas avoir dit que les 24 heures de gardes à vue étaient souhaitables ou même utiles, car je ne le pense pas. La garde à vue devrait être strictement limitée au temps nécessaire pour reccueillir les éléments utiles, c’est à dire dans le cas présent, une heure ou deux le temps de prendre la déposition de l’accusé. Soit dit en passant, une garde à vue dure automatiquement 24 heures “par défaut” mais la personne peut être relâchée avant. J’ignore si ce fut le cas.
- Concernant la bataille des chiffres, je ferais trois remarques. D’abord, je vous trouve assez malhonnête de comparer “les profs qui frappent les élèves” d’un côté et “les élèves qui font quoi que ce soit d’interdit de l’autre”, d’abord parce que le nombre d’élèves par rapport au nombre de profs est justemment de l’ordre de… trente pour un. Ensuite parce le nombre d’actes différents comptabilisés n’est pas le même : si on devait comptabiliser tous les profs qui se permettent des écarts de langages vis-à-vis de leurs élèves, on ferait pêter le compteur.
Deuxième point : je pense les deux chiffres très largement sous-évalués. Mais celui des professeurs encore plus, puisqu’il est assez évident qu’il est plus facile pour un adulte de porter plainte que pour un enfant (qui ne connaissent pas les lois, qui ne peuvent porter plainte seul, et qui n’obtiendront pas forcémment la solidarité de leurs parents, si jamais ils n’ont pas honte de leur dire).
Troisième point : A titre personnel, j’étais collègien il y a moins de 10 ans. Dans mon collège, en mes 4 ans de scolarité, j’ai connu pas moins de trois profs qui ont frappé des élèves, dont l’un le faisait régulièrement et s’en servait clairement de “méthode éducative” (ce défaut mis à part, c’était d’ailleurs l’un des profs les plus extraordinaires que j’ai connu) : pas un seul n’a été rappellé à l’ordre par sa hiérarchie. Quant aux profs insultants ou humiliants… j’en compte au moins une dizaine.
- Enfin, je peux vous suivre sur la judiciarisation des actes dans une certaine mesure, bien que si les évènements se sont passés tels que décrits, en l’occurence, il y a eut un enchainement de violence suffisamment borderline pour que ça puisse sortir du simple cadre scolaire : il ne me semble pas choquant qu’on rappelle très fermement à un enseignant qu’on ne plaque pas contre un mur un enfant de trente kilos tout mouillé à peine sorti du CM2, même quand on a “pété les plombs” ou qu’on a toutes les bonnes raisons du monde.
Mais soit, on aurait pu se contenter de sanctions disciplinaires… si elles avaient lieu, et qu’elles se limitaient à autre chose qu’à un gentil blâme. Parce que le problème il est là aussi : si la justice ne réagit pas, qui réagira ? Le recteur ? La bonne blague ! Le corporatisme dans l’Education Nationale c’est un fait encore moins contestable que l’existence de grèves à la SNCF.
Je partage votre avis cela dit, outre le mal causé au prof (dont je ne suis pas loin de penser qu’il n’a que ce qu’il mérite), il y a un mal causé à l’élève car l’ambiance va être tendue lorsqu’il va revenir en cours.
Malheureusement, il y a fort à parier que c’était ça ou laisser faire, puisque la politique du “pas de vague” est une obsession dans l’Educ’Nat’. Alors peut-être qu’il était temps de mettre un coup d’arrêt aux profs qui se croient un peu tout permis et qui sont plus nombreux qu’on ne le croit, spécialement dans les collèges : parce que sincèrement quand je remonte à mes années collège - qui ne sont pas si vieilles - et que je compare à ce que croient les gens sur le caractère impeccable du comportement des enseignants… je ris jaune.
Tout cela pour dire qu’il est un peu facile de trouver des circonstances atténuantes à tire-larigot pour pardonner l’impardonnable. Moi, je suis partisan pour que l’on rappelle assez énergiquement à l’ordre les profs qui se lâchent en plaquant contre un mur un môme de 11 ans (moyenne de cet âge : 1m40, 30kg), avant de le frapper et de le trainer à travers la classe. Si l’Educ’Nat’ peut le faire sans complaisance, tant mieux. Sinon, ce sera à la justice de le faire effectivement. C’est dommage mais c’est ainsi.
1 février 2008 à 23:56
(oh la vache, j’ai écrit tant que ça ? Et dire que j’avais dit “rapide”…)
2 février 2008 à 1:50
oui tu n’avais qu’à dire que ce petit con qui se permet de traité de connard , ses ainés a 11 ans , ferait bien de prendre un dictionnaire et de recopier 500 fois , la définition du mot respect.
Ce petit con va encore donné une belle image du nord pas de calais!!!!!!!!!!!!!!!!
2 février 2008 à 2:00
Le respect, je l’ai dit, se doit d’être mutuel.
Plaquer un nain d’1m40 pour 30kg contre un mur à 49 ans, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle faire preuve de respect (ni même de respect de soi d’ailleurs parce que faire une démonstration de force physique contre un faible, c’est pas quelque chose dont on puisse être fier).
A partir de là, l’absence de respect de l’élève est limite compréhensible.
Pour moi, si quelqu’un devrait donner une mauvaise image du nord pas de calais (soit dit en passant, il n’y a que les sots pour généraliser un comportement à une région), ce serait plutôt le professeur. Question de point de vue.
Vous faites partie de ceux qui trouvez qu’une insulte c’est le plus grave.
Je fais partie de ceux qui trouvent que c’est plus grave de jeter à terre les affaires d’un enfant, de plaquer un plus faible que soi contre un mur, de le frapper, puis de le trainer par le col sur plusieurs mètres devant une classe médusée.
Au passage pour Phelenon, j’ai oublié un petit détail : Le monsieur a accepté d’être jugé en procédure de plaider-coupable (reconnaissance préalable de culpabilité). Cela signifie de facto qu’il ne remet pas en cause la version des faits du procureur.
2 février 2008 à 14:06
Si l’enseignant était puni par autre chose qu’un blâme administratif, c’est à dire par une décision de justice, la porte serait ouverte à tous les abus. L’impunité des grossièretés perpétrées par les élèves, de plus en plus jeunes trouveraient là une jurisprudence dommageable.
Je ne suis pas jeune, mais mon père n’aurait jamais porté plainte contre une gifle méritée.
De plus, il ne me serait pas venu à l’esprit d’insulter un enseignant. Et le respect alors !
2 février 2008 à 16:26
1) Le fait que l’enseignant soit condamné ne rend pas l’élève impuni : il a été exclu trois jours pour son insulte (ce qui est beaucoup plus que ce que l’on donne d’ordinaire pour un tel méfait, du reste). Quand deux personnes font une connerie, on punis les deux personnes à hauteur de leur connerie. On n’en laisse pas un filer au prétexte que ça ferait trop plaisir à l’autre.
2) Ce que je trouverais dommageable, moi, c’est que des adultes de plus en plus forts trouvent une jurisprudence qui crée l’impunité lorsque l’on violente un enfant à peine sorti de l’école primaire. Ca aussi, ce serait une jurisprudence dommageable, de dire “faites ce que vous voulez, frappez les, humiliez les, plaquez les contre le mur, même si vous faites 3 têtes et 3 largeurs d’épaule de plus que le gamin, même si vous avez aucune raison de le faire : de toute façon vous serez pas puni”. Ça oui, ce serait archi-dommageable.
3) Il ne s’agissait pas d’une gifle : il s’agissait d’une humiliation sans motif suivi d’un plaquage contre un mur toujours sans motif, puis d’une gifle (cette fois avec un motif), puis d’un trainage par le col à travers la classe, puis d’une tentative d’étouffer l’affaire (l’enseignant a demandé aux élèves de n’en parler à personne et n’a pas signalé l’incident à sa hiérarchie). C’est très différent.
4) Il ne me serait jamais venu à l’esprit d’insulter un enseignant non-plus, mais il faut dire que jamais un enseignant ne s’est amusé à me plaquer contre un mur lorsque j’avais 11 ans. Si l’un d’eux s’y était essayé, franchement, je ne sais pas si je n’aurais pas pu moi aussi être grossier.
5) A partir de là, non, la gifle n’était pas méritée : l’insulte de l’élève n’était qu’une réponse presque mesurée à une agression gratuite et très violente de la part de l’enseignant.
6) Sachant qu’aujourd’hui on envoie des gamins devant le juge des enfants pour avoir volé des marqueurs dans la classe (véridique), je ne trouve pas choquant qu’une succession de violence de la part d’un fort ayant autorité sur un faible soit passible de sanctions pénales. Il y a des limites à ce que l’on peut faire impunément à un enfant et la limite a été amplement dépassée.
Bref, je pourrais comprendre - sans le partager - votre point de vue s’il s’agissait de ce qu’on nous a dit dans les médias : “une baffe partie toute seule suite à une insulte injustifiée d’un sale gosse”. Mais nous savons maintenant que ce n’est pas ce qui s’est vraiment passé. Reconsidérez votre jugement à la lumière des évènements réels et vous comprendrez mieux la décision du procureur.
2 février 2008 à 17:34
Merci d’avoir pris le temps de me répondre et excusez-moi encore d’insister, mais vous avez basé le début de votre article sur les seules déclarations du procureur de la République comme étant, à lire le titre, la retranscription de ce qui s’est « vraiment » passé à Berlaimont. Il me semble que, puisque vous êtes journaliste, il aurait été souhaitable de ne pas vous satisfaire de la seule version de l’accusateur public comme d’une vérité établie. En justice, il existe une règle essentielle et que vous connaissez que l’on nomme le débat contradictoire. Autrement dit, il est nécessaire d’écouter toutes les parties afin d’approcher la vérité ; d’ailleurs celle-ci n’est pas souvent totalement blanche ou noire, mais plutôt en nuance de gris. Permettez-moi donc de retranscrire la version donnée par la femme du professeur le 01 février à l’AFP.
Selon elle, un élève de 6° refuse de ranger sa table. L’enseignant jette alors ses affaires par terre et le ton monte.
Son épouse poursuit en ces termes :‘Mon mari l’a mis au fond de la salle pour lui demander de se calmer. L’élève a soufflé d’une manière dire ‘tu me casses les pieds’.’ il l’a regardé dans les yeux et lui a dit ‘connard’. La claque est peut-être partie un peu vite, c’est vrai. C’est un geste réflexe Tout en restant bien traité, il a été mis en garde à vue dans des locaux froid et vétuste, comme un criminel. Ça me semble démesuré par rapport à une gifle. N’importe qui pourrait réagir de cette façon là, suite à un comportement irrespectueux d’un élève.’
Fin de citation. Il apparaît que la version relatée par le professeur à ses proches est sensiblement différente que celle du procureur. Alors où est la vérité, où est le blanc et le noir ? Certains diront que c’est le professeur qui dit vrai d’autres que c’est la version de l’élève qui recèle les caractères de la vérité. En réalité personne (sauf les protagonistes eux-mêmes) n’en sait rien et c’est au tribunal de la déterminer, pas à vous, ni à moi. Par ailleurs, le fait que le professeur plaide coupable ne signifie pas qu’il admette le déroulement des faits tels qu’exposé par le procureur de la République, mais bien qu’il reconnaît avoir commis un acte répréhensible en giflant l’élève.
Je ne rentrerai pas non plus dans la querelle de chiffre consistant de savoir si beaucoup de professeurs recourent à l’injure où le contraire. A défaut d’éléments concrets permettant de me faire une opinion objective je me conterai de placer le curseur de vos opinions entre le probable et l’improbable. Manifestement votre expérience scolaire ne vous a laissé que de bons souvenirs, de là à en tirer une généralité… Tout ce que je sais, c’est que cette affaire de gifle est révélatrice d’un malaise et que s’occuper en priorité de ce malaise serait autrement plus constructif que d’envoyer des profs devant la justice pour « violence aggravée ». L’enseignement est en crise et cette crise est en adéquation avec l’évolution de notre société moderne. La crise de l’enseignement commence d’abord dans la famille qui a changé au cours de ces 20 dernières années. La place de l’enfant également a changé, elle est devenue centrale. Le rapport de l’école avec l’extérieur s’est retrouvé peu à peu faussé, la transmission du savoir a progressivement été ringardisée au profit de l’adulation d’un modèle essentiellement consumériste, l’utilitarisme qui jette par-dessus les moulins le sens de l’école républicaine c’est-à-dire de former des hommes libres. Parallèlement, l’autorité des professeurs comme transmetteur de savoir et de culture a perdu de sa signification. Puisque le savoir et la culture comptent peu, comment les transmetteurs pourraient compter pour quelque chose. On ne soigne pas une maladie en s’en prenant au malade.
A vous lire l’Education Nationale serait presque un repère de dangereux tortionnaires. Bien sûr je caricature, mais lorsque vous signalez le corporatisme qui règne en ces lieux, notamment au niveau du rectorat, force est de constater que dans le cas qui nous occupe le rectorat Lille possède une étrange interprétation du corporatisme que vous dénoncez avec véhémence. Je note qu’il s’est fendu d’une courageuse déclaration très politiquement correcte qui disait en substance : « On ne peut pas accepter qu’un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances ». On peut faire mieux comme corporatisme vous ne trouvez pas ?
Rayer d’un trait de plume 25 de carrière d’un professeur apprécié visiblement par ses élèves à cause d’une faiblesse, une seule, (comme si l’humanité s’arrêtait au seuil du passage à l’âge adulte) est d’une sévérité disproportionnée. Le présupposé selon lequel la vérité du plaignant est « la » vérité témoigne de votre soucis du bien être des enfants, mais croyez-moi, il n’y a pas de causes justes qui puissent durer sous des fondations biaisées ou excessivement partisanes. En ce sens la dernière phrase de votre réponse qui m’était adressée devrait suffire à vous en faire prendre conscience. Votre phrase disait : « C’est dommage mais c’est ainsi ».
2 février 2008 à 18:35
D’abord, je tiens à préciser que vous pouvez insister autant que vous le souhaiter, et sans solliciter mes excuses.
Vous êtes le ou la bienvenu sur ce blog pour y exposer vos opinions, fussent-ils différents des miens, aussi longuement que vous le jugerez utile. Et en plus vous me ferez plaisir, l’argumentation étant de qualité.
Concernant la version des faits, je souhaiterais rappeller que :
- Le plaignant n’est pas l’enfant mais le père, dont les faits lui ont été rapportés non pas par son fils, mais par la directrice lorsqu’il a été convoqué (le fameux épisode du père qui viens en uniforme etc.).
- Le plaignant a accepté une procédure de CRPC : le tribunal ne décidera donc pas de grand chose de plus de ce que dit le procureur, puisque tout s’est déjà décidé. Je rappelle que le principe de la CRPC, c’est que lorsque le prévenu reconnait les faits, le procureur lui propose une peine non-négociable et si l’accusé l’accepte, il ne reste plus qu’à un juge à “homologuer” l’accord. Ne vous attendez donc pas à un procés en bonne et dûe forme : il n’y en aura pas. Tout s’est passé dans le bureau de Mr le Procureur.
- Enfin, je me borne à constater que le procureur a le dossier en main (c’est d’ailleurs presque le seul à l’avoir), avec toutes les déclarations des uns et des autres, ce que tous les autres qui se sont exprimés dans cette affaire n’ont pas. Il a d’ailleurs expliqué que c’était pour cette raison qu’il avait poursuivi, à cause de “l’enchainement” et non de la gifle seule.
Pour le reste, nous sommes grosso-modo sur la même longueur d’onde. Encore une fois loin de moi l’idée que ce prof devrait être pendu haut et court : il m’a semblé en revanche nécessaire de faire contre-poid à une vision de l’affaire qui présenterait un pauvre professeur victime d’un affreux monstre sanguinaire provocateur de prof qui ne l’aurait pas volée.
Tout dernier point, je suis assez flatté que vous me qualifiez de journaliste, mais je n’ai pas cette prétention, bien que je réfute la différence “journaliste professionnel / simple citoyen” en matière de droits et libertés d’expression, d’informer, de protéger ses sources etc.
Je me considère avant tout comme un citoyen vigilant qui croit utile de planter une oasis de progressisme et d’irrévérance dans un pays qui me semble devenir réactionnaire et liberticide au plus haut point.
5 février 2008 à 0:38
Berlaimont le 04 02 2008
Je suis fatiguer de lire tant de difamation par ignorance
comme vous le voyez je suis de berlaimont , qui plus est en contact constant avec les enfants .
1 avn=ant de jeter les affaires du petit par terre il liu a demande par trois fois de ranger sa table .
il y a donc evidemment desobeissance de l’enfant
2 l’enfant s’est permis alors efrontement de demander des explication au prof pour son geste .
3 face a cette reaction ehontee de l’eleve le prof se montre plus ferme et la le gosse le traite de conard
nous sommes donc devant un cas premier de desobeissance deuxieme de manque de respect de la part de l’eleve .
Je vous signale que les eleves eux meme ne souhaites pas le retour de leur camarade .
Qu’ils ont redige eux meme une petition en faveur de l’enseignant .
donc arretez de tergiverser les enfants eux meme vous montre le chemin .
cessez de croire que vos enfants sont des saints , ils sont loin de l’etre surtout entoure de leurs copains.
la violence existe , mais elle ne s’apelle pas baffe pour manque de respect .
les assos de parents d’eleves sont responsables de cette situation intenable pour le professorat .
LE RESPECT ET L4OBEISSANCE SONT DES CONCEPT QUI DOIVENT ETRE INCULQUE DES L4ENTREE EN CLASSE. et ca c’est le travail des parents .
mais nooon .on prefere dire que le prof ne sait pas se faire respecter plutot que d4admettre que leur education est un fiasco .alors on emmerde les autres on s’immice dans ses competences , on les fait passer pour des ogres , il ya en a , virez les et laissez les autres travailler en paix
Je vous le repete , les gosses eux meme ici ont tranche
5 février 2008 à 1:27
Vous dites la même chose que moi en ce qui concerne les faits, Patrick.
La différence entre vous et moi c’est que entre
1) demander poliment des explications
et
2) plaquer un plus faible que soi contre un mur
Je considère que le manque de respect, il est pas du côté de celui qui demande poliment des explications.
Heureusement pour les enfants, malheureusement pour les violents, la justice est plutôt d’accord avec moi.
Pour une fois que la justice est du côté des enfants, je vous avoue que je ne boude pas mon plaisir.
Il faudra vous y faire, amis réac’ : les enfants ne sont pas des punchin’ball, ni vos esclaves qui doivent morfler sans réagir. Et personnellement, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il en soit ainsi le plus possible.
5 février 2008 à 20:30
Hé hé ! Bon alors puisque vous m’offrez de l’espace, je vais profiter de votre hospitalité.
Je comprends votre souci de rétablir la balance. Il est vrai que l’opinion publique a tendance à se montrer excessive dans ses jugements, d’autant plus qu’elle n’a qu’une vision très parcellaire de ce qui s’est réellement passé dans cette classe. Pour en revenir à l’affaire proprement dite, la procédure de CRPC ne valide pas de facto la version du procureur, mais le fait que le professeur a choisi de plaider coupable pour le fait qui lui est reproché (tout en tenant compte des nuances qu’il est en mesure lui-même d’apporter) ; et qu’il reste malgré tout présumé innocent jusqu’à l’homologation de la sentence par un tribunal. Personnellement, j’éprouve des difficultés à croire la version du procureur qui tient plus aux agissements d’un dangereux détraqué plutôt que d’un professeur estimé et soutenu par la majorité de ses élèves. Enfin bon !
C’est bien donc qu’en principe il y ait choix. Mais cette notion de choix est bien fragile sous la pression de la situation. Il faut être solide pour se frotter à la machine judiciaire. Le problème c’est quelle sincérité dans ce choix. Comment s’assurer que des gens pris dans l’embrouille, mais innocents, ne vont pas accepter une petite peine pour avoir la paix ? Surtout, que le procès est le moment d’étudier publiquement des faits qui intéressent tout le monde, car tout le monde est susceptible un jour ou l’autre d’enfreindre la règle (celle-là en particulier). Et ce petit commerce sur la sanction conduit à éviter le débat. Personnellement je le regrette.
En fait je pense que l’indignation générale que l’on retrouve sur les forums chez un grand nombre d’internautes, ne relève pas tant du droit de correction physique des enfants que de la pénalisation de l’affaire (un père gendarme de surcroît). La majorité soutient ce professeur car la majorité a été une ou plusieurs fois (ou sera) dans un contexte similaire. Qui n’a jamais eu envie de balancer une mandale au petit morveux du coin qui nargue effrontément les adultes ou même à ses propres enfants lorsque ceux ont décidé d’user les nerfs des parents comme d’une corde frottant contre la pierre ? Ils se sont reconnus dans cet enseignant et dans son geste réflexe. La société freine sa violence avec des containers de neuroleptiques, antidépresseurs sans parler des neurologues, thérapeutes, psychologues et tous les autres psy de bazar qui foisonnent sur le terreau de nos maladies contemporaines. C’est déjà énorme. Qui voudrait que l’homme ne soit qu’une misérable chinoiserie sans colère aucune ?
Je me suis également frotté à l’enseignement durant une dizaine d’années (pas en France mais en Belgique) et je peux comprendre le geste. Je n’ai jamais giflé un seul de mes élèves car je réprouve totalement l’acte et je ne l’ai jamais vu faire chez aucun de mes collègues. Mais je peux vous assurer que l’envie m’a tenaillé plus d’une fois. Etant plutôt doux et pacifique de nature, il a fallu que je me vête, bien malgré moi, d’un habit de guerrier pour résister aux attaques de ces chères têtes blondes. Je n’aurai jamais cru possible que ce genre de pulsions (balancer une torgnole) m’étreigne un jour. J’ai eu de la chance. J’ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu en jouant au plus fin matou avec eux. En fin de compte, mes élèves arrivaient assez régulièrement là où j’avais prévu qu’ils arrivent. Et pourtant. Combien de fois n’ai-je pas vu mes collègues (féminines pour la plupart) pleurer en silence, discrètement, cachant à l’écart leurs yeux rouges parce qu’elles s’étaient faites bordéliser en classe ou que des parents l’avaient insulté (oui insulté !) pour une mauvaise note donnée au petit dieu qui était sorti de leurs entrailles quelques années auparavant ?
Evidemment, cela ne légitimise pas la violence d’un professeur envers un de ses élèves, mais ça aide à appréhender le contexte d’un métier qui est devenu trop difficile pour les raisons que j’avais évoquées brièvement lors de mon précédent message. Si vous essayez d’appréhender les contours de ma pensée, sachez donc que je suis contre toute violence faites aux enfants comme à tout être humain d’ailleurs, mais que bien qu’y étant opposé, je sais ce qu’elle m’habite. C’est pour cela qu’il y a des lois me direz-vous. L’histoire est remplie d’exemples où s’étalent les penchants pervers non refreinés de certains éducateurs à l’égard d’enfants ou de parents à l’égard de leur progéniture. Il faut protéger le plus vulnérable, c’est le devoir de toutes sociétés civilisées. Il y a même des circulaires, des chartres, des règlements intérieurs interdisant toutes violences, tous châtiments corporels et qui spécifient les sanctions encourues pour ceux qui violent l’intégrité physique des plus jeunes.
Toutefois (et c’est là, à mon sens que se niche le scandale) si on considère comme normal et logiquement acceptable la garde à vue d’un homme pendant 24h avec photo judiciaire, empreinte et fichier ADN, qui, sous une impulsion regrettable mais compréhensible a donné une gifle à un enfant alors nous ne faisons pas preuve de civilisation que du contraire, mais d’une extraordinaire régression de citoyenneté. Car il faut savoir de quoi on parle ! S’agit-il d’un geste d’énervement face à une insulte ou une volonté sadique et plusieurs fois répétée d’un cas de maltraitance. La confusion des genres est ici particulièrement inquiétante.
Voyez-vous, je n’ai pas d’approche sélective de la judiciarisation de la société. Je suis contre TOUTE judiciarisation quelle qu’elle soit. Celle qui nous envahit tous les jours un peu plus. Celle qui fait naître les procès des uns contre les autres à tous propos. Celle qui fait pondre des lois rétroactives de présomption de dangérosité. Celle qui encourage à la délation ou qui crée des sites internet pour porter plainte. Celle qui amène des clients de bistrot à dénoncer un tenancier qui autorise à fumer dans une arrière salle. Celle qui amène des affaires comme celle là ! Ce formatage de l’homme moderne est un déni de sa responsabilisation. A force de vouloir une société sans risque, balisée de plus en plus par des paquets grandissant de lois infâmes (suscitées le plus souvent par l’émotion), nous construisons une humanité digne de celle décrite par George Orwell.
5 février 2008 à 20:56
Je n’ai pas grand chose à rajouter à vos propos pleins de bon sens. Mais le peu que j’ai à rajouter est long à développer.
Je dirais simplement que s’il s’agit d’une gifle partie toute seule parce que l’élève, de but en blanc ou presque, a traité son enseignant de connard, je peux le concevoir. Ce n’est pas joli-joli mais personne n’est parfait, nous avons tous le droit à un (et même quelques) instant de faiblesse, surtout que c’est apparamment sa première du genre en trente ans de carrière : on ne peut pas légitimement harceler un homme parce qu’il a merdé une fois en trente ans.
Simplement, ce n’est a priori pas ce qui s’est passé. C’est du moins ce qu’en dit le procureur qui n’est certes pas une personne neutre mais qui est a priori la source la plus fiable dont nous disposons en l’état.
Ce qui semble aujourd’hui à peu près certain, c’est que :
- Ce n’est pas l’enfant qui est à l’origine de tout le raffut, mais deux fillettes de la classe qui ont fait remonté l’information jusqu’à la direction de l’école qui a convoqué le père. C’est déjà un premier point important parce qu’il s’agit du point de vue de deux observatrices relativement neutres dans le conflit.
- Il y a donc quand-même deux fillettes qui ont été suffisamment choquées par l’acte pour s’en plaindre, et pas à n’importe qui : à l’infirmière du collège. Ce qui laisse supposer qu’il y a eu une scène assez “énergique”
- Le professeur n’a pas cru bon d’informer sa hiérarchie de l’incident
- Le père renvoie à la version du procureur, le juge s’intéressera apparamment à la version du procureur (qui est certes un représentant de l’accusation, mais aussi un représentant du monde de l’enquête : c’est le procureur qui classe sans suite et c’est sous l’égide du procureur qu’a lieu une enquête préliminaire). Je n’ai pas entendu de version alternative de la part du professeur.
- Il est confirmé par un collègue du professeur que l’enfant pleurait et que le professeur lui a fait rédiger une lettre d’excuse.
Dans ces circonstances, il est difficile d’imaginer qu’il se soit agi d’une simple main qui part toute seule.
Si c’eut été le cas, j’aurais malgré tout pu comprendre la décision du père de porter plainte - d’autant qu’on a appris depuis que le gamin n’était vraiment pas une tête brûlée bien au contraire, mais il m’aurait semblé logique que le procureur se contente d’un simple rappel à la loi.
Il semblerait que ce ne soit pas le cas, et en tout cas le procureur justifie la chose ainsi. Il a bien précisé, lors de sa conférence de presse, qu’il poursuivait parce qu’il y avait eu “enchainement” de violence. Dans ces circonstances, je conçois la décision du procureur de poursuivre.
Par ailleurs, je ne partage pas tout à fait votre avis sur l’idée que ce qui a choqué les gens est la judiciarisation : quand je lis ce qui se dit sur la blogosphère et ailleurs, on nous ressort quand-même beaucoup de “ce serait mon gosse il s’en serait pris une deuxième”, de “il avait qu’a pas traiter son prof de connard, ce petit con”, etc. : beaucoup semblent vouloir justifier l’acte du professeur (qu’ils croient à la version du procureur ou non d’ailleurs) et sous-entendent que de toute façon frapper est une bonne façon d’éduquer les enfants ou à tout le moins la seule solution, qu’on soit parent, professeur, ou autre.
Sans parler de l’habituel laïus sur les enfants rois et les collèges mis à feu et à sang par des hordes de sauvageons, qui reviennent en boucle.
Concernant la garde à vue de 24 heures et la prise d’ADN, je les trouve parfaitement injustifiées. Il n’y a pas besoin de priver cet individu de liberté pendant 24 heures, il n’y a AUCUNE raison sérieuse qui nécessite cela, nous ne sommes pas dans une affaire de traffic de drogue qui nécessite perquisitions, dizaines d’interrogatoires etc. que diable !
Quant à la prise d’ADN, je ne suis même pas sûr d’y être favorable pour les grands criminels, alors pour un prof un peu nerveux, vous pensez bien…
Non vraiment, cet excès dans la procédure me choque autant que vous, et je trouve ça d’autant plus dommageable que ça contribue à victimiser un coupable. Ce genre d’errements ne servent ni l’enfant en question, ni l’enfance en général, ni la société. De cela, j’en conviens totalement.
11 février 2008 à 19:44
Je réagis au texte de la soit-disant présentation des faits ci-dessus que je trouve extrêmement tendancieuse, de très mauvaise foi et fort irrévérencieuse à l’égard du corps enseignant. Si l’on peut effectivement regretter que ce professeur de technologie ait perdu son contrôle en giflant l’élève qui l’avait insulté, on ne peut admettre certains termes employés dans ce texte qui sort d’on ne sait où, et dont on ne peut vérifier l’origine ni la légitimité: par exemple l’allusion à “des vierges effarouchées” en parlant d’enseignants, où de sous entendre que les 30 000 signataires de la pétition de Lille sont des idiots qui se sont faits manipuler (allusions tendancieuses au début et à la fin du texte laissant entendre sans aucune preuve que l’enseignant était sous l’emprise de l’alcool et qu’il ne serait pas au dessus de tout soupçon. Il y a là un parfum de pamphlet méprisant à la fois pour l’enseignant incriminé dans cette gênante affaire, et pour l’ensemble des enseignants. D’autre part il y a une exégèse caricaturale des témoignages tendant à montrer qu’un grand nombre cautionneraient la violence physique. Ce texte est manipulateur et la manière dont il s’applique à discréditer l’enseignant jette des doutes sur sa bonne foi.
11 février 2008 à 19:59
Le corporatisme aveugle ne mène nulle part.
Ce n’est pas attaquer le corps enseignant que de signaler qu’un enseignant en particulier a commis des actes plus graves que ce qu’en disait la dépèche AFP, selon une source judiciaire. Et ce n’est pas défendre le corps enseignant que de défendre aveuglément tous les dérapages de ses membres ou toutes les brebis galeuses qui composent ce corps. Bien au contraire.
J’ai pour éthique de citer systèmatiquement les sources de tout ce que je raconte. Suivez les liens en bas d’article : je n’invente rien. Mes sources sont judiciaires. Et les votres ?
11 février 2008 à 20:58
Il n’est en aucun cas question de corporatisme, encore moins “aveugle” comme vous le sous-entendez avec délicatesse, mais de réponse à un texte que je persiste à trouver provoquant et tendancieux, ne vous en déplaise. Le vocabulaire savant que vous utilisez non sans une certaine arrogance et présomption le suggère. D’autre part je trouve suspect que vous puissiez disposer de sources d’informations sûres et impartiales sur les faits allégués, vous permettant d’affirmer dans votre titre “ce qui s’est vraiment passé”. Effectivement vous donnez des sources…il y en a de très nombreuses dans les différents médias, qui ne coïncident pas vraiment. Comment être sûr de ce qui s’est vraiment passé pour avoir la licence d’écrire “Élève giflé et enseignant arrêté : Ce qui s’est vraiment passé à Berlaimont.” - titre qui me parait pour le moins racoleur - pardonnez moi l’expression; et qui rappelle la littérature bon marché en quête de lecteur. Affirmer des faits avec autant d’aplomb vous oblige d’apporter la preuve de vos arguments et non demander celles des autres comme vous le faites facilement ou vous contenter d’une liste (très réduite il faut le reconnaître) d’Urls. Or vous ne prouvez rien du tout au sens rigoureux du terme. Votre défense des enfants vous honore, et je ne suis pas du tout un vieux facho partisan de la manière forte, bien au contraire ; mais vous pousse sans doute à un excès de parti pris et un manque de recul, qui peuvent vous être pardonnés compte-tenu du jeune âge que vous évoquez dans l’une de vos réponses. Soit dit en passant, et sans vouloir vous vexer, le premier interlocuteur de cette liste vous a donné une réplique magistralement construite face à laquelle la vôtre parait plutôt laborieuse…Mais mon but n’est pas de rentrer dans la polémique. Merci quand même de m’avoir répondu, et croyez bien qu’il ne s’agissait nullement de ma part de faire du corporatisme. Cordialement.
11 février 2008 à 21:19
Il n’y a à ma connaissance - et j’ai bien suivi l’affaire - eu que deux personnes qui ont donné une version des faits à la presse : la compagne de l’enseignant (qui n’était pas sur place et n’a que la version de son mari), et le Procureur de la République (qui n’était pas sur place non-plus, mais qui dispose de la version de l’enseignant, de l’élève, et de la directrice d’école, laquelle directrice donne la version de deux fillettes de la classe qui ont assisté aux faits et sont allés trouver l’infirmière).
Comme je l’ai déjà expliqué, le Procureur est le seul à avoir l’intégralité du dossier et à avoir lu toutes les versions du récit. Dans le cadre d’une CRPC, c’est aussi lui qui juge sur le fond en quelques sortes.
Si vous me trouvez une source plus fiable dans cette affaire qu’un Magistrat qui dispose du dossier, je vous en sauré gré de me la faire parvenir, et je vous promet alors que si elle me contredit, je changerais le titre de l’article. Moi, j’ai cherché et je n’ai pas trouvé.
11 février 2008 à 22:02
Il y plus intéressant que cette vaine polémique de savoir qui a fait quoi, autour de laquelle nous tournons en perdant notre temps. J’ai cherché çà et là et il y a un lien que m’a indiqué mon épouse qui dirige une école, que je vous propose plus bas. Il concerne la prise de position de Marcel Rufo, pédopsychiatre réputé sur cette question précise du prof qui a giflé un élève qui lui manquait de respect. Je vous invite à lire son texte et à me dire ce que vous en pensez. Je pense pour ma part que sa vision élève singulièrement le débat. Cordialement
http://www.dirlo.org/modules.php?name=News&file=article&sid=905
Ps. Sans vouloir vous mettre au pilori, les liens de « La Voix du Nord » que vous indiquez et que j’ai eu la curiosité de visiter posent tous une question, vous au contraire, vous affirmez : « ce qui s’est réellement passé »
11 février 2008 à 22:35
Je reviens, je trouve tout de même, au risque de me répéter que vous abusez en ne citant que 3 sources qui sont en fait la même ou presque: “la Voix du Nord” Soyez plus objectif, il y a d’autres sources qui évoquent une certaine “dramatisation de l’affaire” Pour cela voyez ce lien: http://www.les4verites.com//Garde-a-vue-pour-une-gifle-la-France-est-deboussolee-1809.html
D’autre part une procédure comme celle-ci implique le secret et il semble peu probable qu’un procureur de la République se soit risqué à alerter la presse alors que l’enquête sur les faits n’était pas bouclée. Mais bon, restons en là, nous verrons bien ce qu’il en sort le 27 mars prochain. Quoi qu’il en soit, au delà de ce fait divers regrettable, il y a une question autrement plus grave que Marcel Rufo soulève. Il est indispensable de ne pas faire d’amalgame ni de généralisation, or vous le faites en justifiant la procédure judiciaire “parce que c’est apparemment le seul moyen de faire savoir publiquement que des professeurs frappent des élèves”
Votre blog a le mérite de prendre la défense des enfants, et cela vous honore, mais il faut modérer vos propos et utiliser le conditionnel au lieu d’affirmer comme vous le faites. Cordialement
11 février 2008 à 22:51
Vous rigolez ou quoi ? Le procureur a fait une conférence de presse et tout le monde a vu sa bouille notamment sur France 2, expliquer pourquoi il poursuivait.
Il le redit ici :http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/02/09/01006-20080209ARTFIG00513-d-une-grosse-gifle-une-veritable-crise.php
Je cite intégralement Monsieur le Procureur :
« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, explique-t-il, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister. »
Une version qui, selon lui, change sérieusement la donne. « A aucun moment, poursuit le procureur d’Avesnes-sur-Helpe, le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »
Il me semble qu’une telle scène de violence mérite effectivement qu’un blog qui défend (entres autres) les enfants la condamne fermement.
Sauf à supposer qu’elle soit imaginaire, sauf que pour cela, il faudrait imaginer que le procureur est un menteur et au dela :
Dans l’après-midi, 6 élèves sont entendus. Ils confirment la version du professeur, reconnaissant davantage qu’une simple gifle. A 18 heures, la vice-procureur de la République d’Avesnes-sur-Helpe entend le compte rendu téléphonique détaillé que lui font les policiers. La magistrate - qui agit légalement mais hors la présence du procureur Beffy, dont on dit au palais de justice qu’il aurait probablement modéré l’enchaînement des événements - leur demande alors de procéder aux auditions de la principale et de l’infirmière du collège qui sont reparties à leurs domiciles.
Apparamment ma version est donc confirmée par :
- Le procureur de la République
- L’élève
- 6 enfants
- La principale
- L’infirmière
- Et l’enseignant en personne, qui reconnait plus qu’une simple gifle.
Oui, car contrairement à vous, l’enseignant reconnait les faits, lui. Et trouve juste qu’il est traité un peu durement pour un pétage de plomb en 30 ans de carrière - ce que je veux bien lui accorder pour le coup.
Je vous invite à ce titre à vous renseigner sur ce que signifie “Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité”. Ne vous attendez pas à de grandes révélations le 27 Mars prochain : Dans le cadre d’une CRPC, il ne s’agit que d’une audience d’homologation (qui consiste, pour un juge, à “valider” la procédure qui a eu lieu dans le bureau de Monsieur le Procureur).
Vouloir continuer à parler d’une simple gifle est maintenant une escroquerie intellectuelle. Et si même Le Figaro commence à défendre un “sale petit délinquant” contre la bonne vieille autorité…
12 février 2008 à 12:28
Quant à Mr Rufo, il se base sur la version AFP des faits, qui ne fut hélas confirmée par personne - pas même l’enseignant. Dans ces conditions, ce qu’il dit n’est pas faux : évidemment qu’un élève qui insulte un professeur, comme ça, de but en blanc, est en tort - ce qui n’autoriserais toujours pas un enseignant à frapper l’élève, mais il est probable qu’il n’y aurait pas eu mélâge de la justice : un partout, balle au centre.
Mais de l’avis des intéressés comme des témoins, ce n’est pas ce qui s’est passé.
Pour le reste, dire que l’enseignant est faible me parait une généralisation abusive : il l’est en ZEP, dans les quartiers chauds, dans les établissements difficiles : mais l’école ce n’est pas que ça. Non l’école n’est pas à feu et à sang, quoiqu’en pense Mr Rufo et tout le bal des conservateurs (vous avez déjà vu Marcel Rufo parler d’allaitement maternel ? C’est hilarant). Par conséquent, le soutien de principe me parait largement hors de propos : je soutiendrais par principe le prof victime d’une horde de racailles qui veulent lui faire la peau. Pas un prof autoritaire face à un groupe de mômes de 10 ans sans problèmes.
Cela dit la position ne m’étonne pas du bonhomme : cela fait bientôt 10 ans qu’il abreuve les médias de son toutfoutlcampisme et de son retourdelautoritéïsme.
Quant aux 4 vérités, il s’agit d’une publication d’extrême-droite bien connue, qui se veut même “critique des droits de l’homme”. Bonjour la qualité de la source…
12 février 2008 à 19:44
Merci de votre réponse, mais elle ne me satisfait guère :
Il est possible que ce prof ait eu une alcoolémie légère au moment de sa mise en garde à vue, et il semble reconnaître lui même avoir un problème avec l’alcool. Il est également possible qu’il ait été brutal avec ce gamin et que son geste ait été disproportionné à l’insulte que le jeune lui a adressé. Mais il n’est pas seul en tort. Le gamin qui a franchi un interdit majeur en insultant un adulte montre par ce franchissement qu’il n’a pas été correctement éduqué. Etant jeune, j’ai été giflé une ou deux fois par des profs et il ne m’est pas venu à l’esprit de les traiter de connards, même si j’ai pu penser au fond de moi que c’était injuste… D’autre part je n’ai pas eu un papa gendarme qui a déboulé dans l’école en uniforme pour jouer les gros bras en s’abritant derrière l’institution. Cette intervention a fait dégénérer un incident, certes regrettable, qui aurait du valoir au prof un sérieux remontage de bretelles de la part de sa direction et de son administration, mais en aucun cas une mise en examen. Je ne suis donc pas du tout d’accord avec vous sur la « judiciarisation » de ce fait regrettable, qui contribuera à alimenter une tendance déjà bien établie dans notre cher pays qui est comme chacun sait – et vous ne pourrez pas me contredire sur ce point – le plus américanisé des pays européens. Or si l’on observe les résultats de cette « judiciarisation » forcenée dans notre voisin d’outre atlantique, il n’y a pas de quoi sauter de joie : la judiciarisation ne rend pas les gens plus responsables, bien au contraire ; car ils s’abritent derrière la justice – je devrais dire « se cachent », au lieu de régler le problèmes à l’amiable. Je ne dis pas non plus que c’est mal que les enfants aient plus de droits, bien au contraire, mais qui dit plus de droits, dit aussi plus de devoirs, or ce n’est pas le cas. Et puisque vous semblez décidément contredire toutes les idées qui ne sont pas les vôtres, en dénigrant plus ou moins Marcel Rufo à qui je faisais allusion, dites-vous bien que son témoignage vaut largement le vôtre, ne serait-ce que par son expérience, et la large audience qui est la sienne. Parlez-moi donc de la votre ? Ce qu’il dit dans sa prise de position à propos de l’affaire de Belairmont tient la route et élève le débat. De plus, si vous lisez attentivement – comme je l’ai fait hier toute la journée – les témoignages écrits dans la pétition de Lille, vous verrez qu’un très grand nombre d’entre elles tient la route et exprime la situation globale de l’enseignement à l’heure actuelle. Je peux également vous en parler avec une certaine expérience puisque j’enseigne depuis 35 ans et ai connu maintes situations difficiles où la patience est mise à rude épreuve. Que ce professeur gifleur ne soit pas parfait, à la limite on s’en moque, ce n’est pas le cœur du problème. Ce n’est pas seulement ce fait divers assez banal qui explique la montée au créneau de près de trente cinq mille personnes actuellement. Et ce n’est pas vous qui pourrez dire seul derrière votre clavier que tous ces gens là sont des crétins qui se sont fait embobiner par les médias. Car il y en a un certain nombre qui réfléchissent et qui vivent des situations très difficiles, sans avoir pour autant forcément giflé des élèves. Contrairement à ce que vous dites, tout ne va pas bien dans l’éducation. J’ai de très nombreux amis et collègues enseignants qui se retrouvent dans les « doléances » écrites dans ces « cahiers » de Lille. Non la situation ne va pas bien dans l’enseignement et même plus que cela elle se dégrade de plus en plus. Je ne sais pas quelle est votre profession, mais je ne pense pas que vous soyez dans l’enseignement, autrement vous n’écririez pas ce que vous écrivez. Quant à ce que vous dites à propos de M. Rufo, je vous cite « Cela dit la position ne m’étonne pas du bonhomme : cela fait bientôt 10 ans qu’il abreuve les médias de son toutfoutlcampisme et de son retourdelautoritéïsme. » Que dire de votre désinvolture gratuite…. et n’avez-vous pas dit précédemment qu’il y a 10 ans vous étiez encore au lycée ??
Enfin à propos de vos références, finalement vous n’avez pas fait autre chose que moi ou que d’autres, c’est à dire donner quelques liens internet en guise de bibliographie. Vous vous crispez sur la culpabilité de ce prof, qu’encore une fois je ne défend pas de manière « corporatiste ». Il ne s’agit pas de corporation, mais d’une situation d’éducation qui se dégrade de jour en jour. Il s’agit moins d’une vision politicienne comme vous semblez le prétendre, qu’une situation sociale alarmante qui provient en partie d’une perte des repères éducatifs fondamentaux. Mon épouse dirige une école, et pas depuis hier, et je puis vous dire qu’elle observe cette dégradation, cette perte d’autorité des parents sur leurs enfants, qui est la principale clé de la dégradation des conditions de l’enseignement. J’ai lu des témoignages de profs de FAC qui reconnaissent que la situation s’y dégrade aussi – et j’ai aussi un ou deux amis profs de fac qui me l’ont confirmé. Donc, ce n’est pas vous, qui, depuis votre clavier pouvez affirmer à tous vos interlocuteurs que seul votre point de vue est le bon. Je pense que vous manquez d’éléments pour avoir une opinion réellement objective. Finalement, peu importe que ce prof gifleur soit alcoolo ou non, peu importe qu’il ait saisi ce gosse au collet avant d’avoir été insulté. C’est là un fait divers u n point c’est tout. Ce qui est significatif par contre, c’est que ce fait divers est le révélateur d’une situation explosive dans l’éducation, quoique vous en pensiez, que ça va mal et que si un changement de cap ne s’opère pas rapidement dans la société française, pour que les parents retrouvent globalement autorité sur leurs enfants (sans les gifler, là je suis absolument d’accord avec vous), nous allons vers de très graves ennuis. Et au risque de me répéter, la gifle n’est en aucun cas un moyen d’éducation, elle n’est qu’un aveu de faiblesse de la part de celui qui l’administre quand il a épuisé tous les moyens pour se faire respecter. Mais alors pourquoi ce prof qui était reconnu comme un bon prof autoritaire mais sympa (il organisait des foyers cinéma entre midi et treize heures) a-t-il « pété un câble » ? Est ce seulement l’alcool qui est en cause ou est-ce un mal plus profond ? Les 35 000 personnes qui ont écrit dans ce premier « cahier de doléances de l’enseignement » de Lille ne se sont pas trompés. Ils ont compris que cet événement était de près ou de loin en rapport avec ce qu’ils vivaient au quotidien. Et tant de témoignages ça ne se met pas aussi facilement à la trappe que ceux qui prétendent avoir vu des ovnis… Je n’espère pas vous avoir convaincu, je n’espère pas vous voir changer d’avis. J’espère humblement que ce post contribuera aujourd’hui ou un jour prochain à être plus nuancé dans vos propos qui révèlent tout de même une certaine crispation idéologique et un manque de recul patent. Vous avez raison sur un point, il faut bannir la violence physique des rapports d’autorité, mais il faut promptement rétablir des rapports d’autorité entre les adultes et les adolescents, sinon notre société ressemblera à celle qui terrifiait Platon. Je vous épargne la citation que vous connaissez certainement. Cordialement. M.R.
12 février 2008 à 20:52
Je ne suis pas d’accord avec tous sur ce fait divers.
Je conçois que l’état de l’école n’aille pas en s’améliorant et que les profs aient le vague à l’âme. Je le conçois d’autant mieux que de l’avis de tous les profs que je connais “les élèves ça va encore, mais les parents… c’est vraiment à vous dégoûter du métier” : et en effet il y a des problèmes avec ça. Le professeur n’est plus une figure respectée, la faute notamment à une démagogie qui consiste à taper sur les profs, ces “nantis”, et sur l’éducation nationale. La faute à une perte de repères chez certaines populations, notamment précaire (le chômage n’aide pas la socialisation) et immigrée (perdus entre deux cultures, ils ne savent quelle position adopter).
Il y a aussi des jeunes insupportables, parce que peu ou mal élevés, parce qu’ils manquent cruellement de repères, parce qu’ils ont été élevés par la Rue au lieu d’être élevés par des parents. Et pour bien d’autres raisons encore.
Mais ce que je dis depuis le début, c’est que précisément, ce fait divers n’est pas révélateur de cette situation là : il est révélateur d’un prof qui a pété un câble face à un élève qui n’était pas particulièrement désagréable. On est dans une toute autre affaire.
Je suis avec le prof qui essaye de faire son métier du mieux qu’il peut dans une situation difficile, même si, à un moment donné, face à un adolescent particulièrement insupportable et odieux, il finit par en venir aux mains en désespoir de cause.
Je ne suis pas avec le prof qui s’attaque sous des motifs fallacieux à un enfant encore jeune (à 11 ans, on ne terrorise pas un prof de techno avec 30 ans d’expérience je suis désolé) et même pas méchant ni désagréable, attaque qui se fait avec, disons, “énergie”, et tente d’étouffer l’affaire.
Les problèmes que rencontrent certains profs (pas tous non-plus, ni dans tous les établissements) n’excusent pas les abus que peuvent commettre une petite minorité. Au contraire, il me semble que cette petite minorité nuit au message des profs et peut nuire à leur image (même si ce ne fut pas le cas ce coup ci grâce à l’AFP) : en abusant de sa position de prof, il vient affaiblir la votre et celle de toute la profession. Il vient jeter le doute sur ce qui se passe dans toutes les classes et vient brouiller le message qu’essayent de faire passer un certain nombre de profs sur le “on n’est pas pour la violence, mais on voudrait bien que le pacifisme soit réciproque”.
Quant à Marcel Rufo, vous avez tort : il y a 10 ans c’était pire : j’étais collégien (du type surdoué, mais collégien quand même). Mais j’avoue, c’est au lycée que je l’ai découvert, lui et ses propos extraordinaire. Je l’ai découvert par son tonitruant : “Prolonger l’allaitement maternel au-delà de 7 mois est un véritable abus sexuel.” (c’est de lui). Ensuite, je l’ai effectivement surtout entendu sur les questions de “l’autorité” : et il est clair qu’il est conservateur pour dire le moins. Qu’il parle du bébé, de l’enfant ou de l’ado, son discours consiste très largement à dire que “les jeunes faut les mater sinon ils sont intenables et d’ailleurs les jeunes d’aujourd’hui ils respectent plus rien c’est parce qu’ils manquent de torgnoles” : je grossis le trait mais pas tant que ça.
J’avais cette opinion quand j’étais lycéen. Depuis, j’ai muri, j’ai fait des études de psychologie, j’ai grandi, je suis devenu un homme (à peu près)… et je n’ai toujours pas changé d’avis à son sujet.
Pour l’article en particulier que vous donnez, outre le fait qu’il se “trompe” d’affaire puisqu’il en prend une mauvaise version, je trouve gênant qu’il repousse catégoriquement (et sans arguments valables) l’idée que “l’élève n’a pas à insulter et le professeur n’a pas à gifler” : est-ce si idiot que ça, comme affirmation ?
Les arguments qu’il donne sur le fait qu’un élève n’a pas à insulter un professeur, je les entend et je suis d’accord avec. Je ne crois pas avoir jamais affirmé, d’ailleurs, que j’étais pour le droit des élèves à insulter leurs professeurs. Je regrette en revanche qu’il ne trouve apparamment rien à redire à l’idée qu’un adulte puisse utiliser de l’arme de la violence face à un enfant pour… pourquoi en fait ? Se faire respecter ? Bof : le respect par la baffe, vous y croyez vous ? Je veux dire, si un élève vous dit “Monsieur” par peur de s’en prendre une, vous vous faites la moindre illusion sur ce qu’il vous dit intérieurement ? Perso, je préfère un môme qui me tutoie et qui me dit tout de go “t’es con quand tu t’y met” mais qui me respecte dans la mesure où il sait ce que je vaux et ne se permettrait pas de me porter atteinte, qu’un môme qui me fait des jolies courbettes par devant et des bras d’honneurs quand j’ai le dos tourné.
Indiscutablement, un élève qui traite un prof de connard parce qu’il a reçu une sale note doit être puni. Intelligemment, mais puni. Tout aussi indiscutablement, si le prof a une faiblesse à ce moment là et en retourne une au gamin, celui-ci l’aura pas volée : ils auront fait chacun une connerie : on est tenté de dire qu’ils sont quites. Indiscutablement, porter plainte dans une telle condition serait une connerie monnumentale.
En revanche, lorsqu’il y a acte d’agression grave, mon avis change du tout au tout : et sur la responsabilité de l’élève dans son insulte, et vis-à-vis de la plainte.
Je suis contre l’abus de judiciarisation, mais je suis pour le fait de déposer plainte quand il y a enchainement d’actes de violence disproportionnée sur un faible.
De la même façon que je ne suis pas pour la judiciarisation dès que c’est un élève qui a un geste ou un mot déplacé à l’encontre d’un professeur, mais que je comprend fort bien les professeurs qui portent plainte lorsqu’ils se font passer à tabac.
On peut régler un certain nombre de faits d’une gravité faible ou modérée “en famille” à l’école, dans l’intérêt de tout le monde. Mais l’école n’est pas non-plus une zone de non-droit. Ni dans un sens, ni dans l’autre.
13 février 2008 à 1:05
« on apprend que l’élève a été exclu de son établissement pendant 3 jours - ce qui signifie que l’évènement sera mentionnée sur son dossier scolaire »
Je crois me souvenir (ça remonte à environ 15 ans) que dans le règlement de mon collège, l’inscription au dossier était évoquée seulement pour les exclusions définitives.
29 février 2008 à 11:10
Ce que je trouve tragique dans cette histoire, c’est qu’en voulant absolument soutenir le professeur ses défenseurs ne lui permettent pas d’accéder à sa propre histoire. Il ne font finalement que l’enfoncer un peu plus dans son déni, et en même temps se donner « bonne conscience »
Pour manquer à ce point de respect à un enfant, c’est que c’est homme a lui même été gravement lésé dans l’enfance.
D’ailleurs à ce propos je voudrais répondre à une dame qui dit que « ça » peut arriver à n’importe qui.
Non madame, « ça » n’arrive pas à n’importe qui
Un individu qui a été respecté dans son enfance, respectera INSTINCTIVEMENT les enfants une fois devenu adulte.
Un individu qui n’a JAMAIS été frappé et/ou humilié enfant, ne frappera JAMAIS un enfant plus tard, quelque soit la situation ! Et quand on a reçu des gifles madame, et qu’on a le courage de se souvenir combien c’était douloureux on se jure que JAMAIS on n’humiliera d’aucune façon un enfant.
La violence n’aide pas à grandir. Et si elle est inadmissible dans les écoles, elle l’est encore plus de la part des enseignants.
Cet homme est responsable de ses actes, de sa violence et il est normal qu’il en assume les conséquences.
Je plains sincèrement les enfants dont les parents soutiennent la violence du professeur
29 février 2008 à 11:31
Trouvés sur le net, pour tous les nostalgiques du “bon vieux temps” :
- ” Notre jeunesse [...] est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui [...] ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais. ”
Socrate (470-399 av. J.-C.)
- ” Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible. ”
d’Hésiode (720 av. J.-C.);
- ” Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut pas être très loin. ”
prêtre égyptien (2000 av. J.-C.)
- ” Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du cœur. Les jeunes gens sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir notre culture. ”
a été découverte sur une poterie d’argile dans les ruines de Babylone.
29 février 2008 à 11:31
Amatrice d’Alice Miller ? ;o)
Personnellement ce que je trouve le plus tragique c’est qu’en l’ayant ainsi encensé, on aie finalement poussé l’individu à être limite fier de son geste, alors qu’apparamment au départ il a nettement regretté. Des gens ont été plus royalistes que le Roi et on n’a pas rendu service au professeur - qui n’en demandait pas tant - et encore moins à l’enfant.
A la décharge du professeur, c’était apparamment son premier dérapage violent en 30 ans de carrière. Je crains en effet que ce ne soit pas toujours le cas des gens qui le soutiennent.
C’est tellement français…
29 février 2008 à 12:07
Oui grande admiratrice d’Alice Miller :-)qui m’a ouvert les yeux …
Un homme dit :
“…Etant jeune, j’ai été giflé une ou deux fois par des profs et il ne m’est pas venu à l’esprit de les traiter de connards, même si j’ai pu penser au fond de moi que c’était injuste….D’autre part je n’ai pas eu un papa gendarme qui a déboulé dans l’école ”
Ce monsieur a été obligé de se soumettre à la loi du plus fort, parce qu’il savez très bien que PERSONNE ne le soutiendrez. Il estime donc qu’il doit en être de même pour les jeunes d’aujourd’hui.
Il ne lui vient même pas à l’idée que son père aurait du le défendre justement !
Il ne lui vient même pas à l’idée qu’il aurait été en droit d’exiger d’être traité avec respect, puisque le plus faible.
Alors aujourd’hui il agit de même : aveuglément, en brandissant le panneau du respect que tout enfant DOIT à l’adulte pour bien masquer sa propre lâcheté
Oui, cet homme aurait pu comprendre qu’il avait manqué de respect lui même enfant. La réaction des français ne le lui a pas permis. En validant la gifle donné à cet enfant, il valide aussi celles qu’il a reçu enfant.
A vomir
Maintenant, je suis tout de même contente de voir que des gens s’élèvent contre la violence faite aux enfants.
Il faut continuer parce que ce n’est pas par les coups que nous réglerons le problème de la violence
Soutenir le corps enseignant oui, soutenir la violence non ! (tiens, joli slogan que voilà J)
29 février 2008 à 12:23
Je partage votre opinion, tout en vous invitant à prendre du recul sur les théories d’Alice Miller, qui ne sont pour beaucoup que des théories. Pas qu’elle aie tort sur le fait que la violence engendre la violence et qu’elle n’est pas une bonne façon d’éduquer un enfant, mais affirmer par exemple qu’un enfant qui ne fut jamais frappé n’a aucune chance de frapper à son tour me paraît dogmatique et inexact. La pertinence de certaines analyses d’Alice Miller ne doit pas nous faire oublier notre esprit critique et pour ma part, je préfère les théories validées scientifiquement. On a de la chance : l’idée que baffer un enfant soit contre-productif fait quasi-consensus dans la communauté scientifique et ce dans toutes lse branches de la psychologie, de la psychanalyse à la neurologie en passant par le comportementalisme.
29 février 2008 à 12:50
Alice Miller s’appuie sur des faits réels constatés, pas sur des théories
Pourquoi pensez vous qu’un enfant non frappé, irait, une fois adulte, frapper un enfant ?
Je ne parle évidemment pas des cas extrême où la vie de la personne serait réellement en danger ..
29 février 2008 à 13:09
Alice Miller s’appuie certes en partie sur des faits, mais il ne suffit pas de 2 ou 3 cas pour valider une théorie. Avant d’arriver à la conclusion que les fessées étaient contre-productives, les chercheurs qui ont travaillé sur le sujet ont comparé des dizaines de milliers de cas dans plusieurs pays du monde et sur plusieurs années selon un protocole rigoureux et dans plusieurs disciplines (sociologie pour J. Durrant, psychologie cognitive et développementale pour Murray Straus, neurologie pour A. Damasio…) : l’étude de quelques cas seulement est aussi ce qui permet à quelqu’un comme Larzelere de conclure à l’innocuité totale de la fessée (dont il est un ardent défenseur).
Pour ma part, je crois qu’il est déjà fort difficile d’établir des règles immuables en psychologie comme le fait Alice Miller (qui fait quand même beaucoup de généralités absolues ne supportant aucune exception), alors il est impératif quand on veut s’y essayer de le valider en regardant une part la plus représentative possible de l’humanité dans une culture donnée. C’est à dire au minimum quelques milliers de cas.
Quant à savoir pourquoi un enfant non-frappé irait, une fois adulte, frapper un enfant, c’est ma foi fort simple : parce que c’est plus facile, quand on mesure 1m80, d’utiliser sa force physique pour avoir la paix, que de jouer le jeu de l’éducation, du dialogue et de l’imagination. Et quand en plus on est convaincu de l’innocuité de l’acte, on a encore moins de raisons de se priver. Certains finissent même par croire que “si je n’ai pas été frappé, c’est avant tout parce que j’étais un enfant exceptionnellement sage, mais si mon enfant n’est pas aussi sage que moi, je ne m’interdit pas de recourir à une petite fessée une fois de temps en temps” (vous savez ? la fameuse “petite fessée qui ne fait de mal à personne”). Malheureusement j’en ai connu quelques cas, moi aussi. Pas assez pour en faire une généralité. Mais il suffit d’un cas pour qu’une règle ne soit plus absolue.
29 février 2008 à 14:21
Vous me dites donc que vous n’hésiterez pas à frapper un enfant pour avoir la paix ? Pourquoi pas votre femme ? Ou votre voisine d’en face ? Ou le voisin d’en bas ?
Qu’est-ce qui vous retient de “baffer” tous ceux qui vous ennuient ? La peur ? La loi ? La lâcheté ? Le respect ?
Vous me parlez de théories, moi je vous parle d’un vécu et pas que le mien.
Rejoignez le monde des émotions Samuel
29 février 2008 à 14:29
“si je n’ai pas été frappé, c’est avant tout parce que j’étais un enfant exceptionnellement sage, mais si mon enfant n’est pas aussi sage que moi, ”
Vous me parlez d’une forme de maltraitance psychologique, la manipulaiton, mais je crois que vous n’en avez pas conscience ! Hélas
Les enfants non frappés et non maltraités savent qu’ils ne le sont pas par respect de leur personne et non parce qu’ils sont des anges. La vie avec des enfants n’est pas un long fleuve tranquille : il y a des hauts, il y a des bas
C’est plus simple pour tout le monde quand chacun se respecte et qui de mieux placé que l’adulte pour montrer ce qu’est le VRAI respect ?
29 février 2008 à 17:46
Ce n’est pas que je n’en ai pas conscience : c’est que pour moi le terme de “manipulation” est vide de sens : n’importe quel individu est à même de tenir le même discours à l’envers, en vous accusant d’avoir été manipulée. Dire de quelqu’un qu’il est manipulé, ce n’est ni plus ni moins que dire qu’il a été convaincu d’une idée à laquelle on ne croit pas soi-même. C’est un argument purement subjectif.
Je m’intéresse à ce qui est indiscutable, car prouvé. Les effets néfastes de la baffe (ou de la fessée) ont été prouvés par un nombre gigantesque de chercheurs dans des disciplines variées, et leur intérêt d’un point de vue éducatif a été démenti (on a prouvé que cela ne marchait pas mieux qu’une autre technique, c’est simplement plus “facile” à court terme), parfois à l’échelle de pays entiers (quand on voit la violence qui reigne chez les jeunes français et qu’on la compare aux jeunes suédois, je hurle de rire quand on essaye de me dire que les jeunes sont violents parce qu’ils ne reçoivent pas assez de baffes).
Ce que je veux dire, c’est qu’il ne suffit pas d’avoir une argumentation cohérente pour avoir raison. Ni de connaitre 4-5 cas (cela pourrait être des exceptions).
Ne croyez surtout pas que je défend la violence : je crois avoir exprimé sur ces pages mon opposition avec assez d’énergie, et je suis à dire vrai favorable à ce qu’une loi en France interdise toute forme de violence sur enfant. Je suis de ceux qui pensent que la Convention Internationale des Droits de l’Enfants doit être un peu plus qu’un bout de papier accroché aux murs des classes.
Simplement, je préfère me baser, pour savoir ce qui est bon pour un enfant ou pas, sur l’expérience de dizaines de milliers de cas que sur un livre basé sur une réflexion personnelle accompagnée au mieux de quelques dizaines d’exemples.
Parfois, les deux se rejoignent : c’est le cas sur l’idée que la violence enseigne la violence et ne sert à rien de bon. Parfois, les deux se séparent et dans une telle circonstance, oui, j’ai plus confiance dans une science qui base ses dires sur des études de milliers de cas que sur une personne, aussi brillante soit-elle, qui nourrit ses théories sur l’observation de quelques cas vus à travers le prismes de ses propres névroses.
Si vous avez lu “La Connaissance interdite”, Alice Miller s’en prend à juste titre aux “observations” des disciples de Mélanie Klein. Ce qui m’inquiète, c’est de voir les disciples d’Alice Miller tomber dans les mêmes travers bien que leur opinion ne soit pas la même.
5 avril 2008 à 11:56
http://petition.et-pourtant.org