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	<title>Et pourtant, elle tourne... &#187; société</title>
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	<description>Droits de l'homme, droits de l'enfant, libertés individuelles et anti-anti-pédophilie...</description>
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		<title>Garde à vue : Mettre fin à la zone de non-droit</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Feb 2010 00:37:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En ce moment, le débat fait rage sur le sujet de la garde à vue. Étonnant dans un pays a priori porté sur l'ultra-répressif, il semblerait que de plus en plus de gens se rendent compte qu'en pratique, dans la vie, il n'y a pas d'un côté les méchants très méchants, qui vont en garde à vue et en prison parce qu'ils l'ont bien mérité, et de l'autre côté les gentils très gentils, qui n'auront jamais affaire à une garde à vue.

La réalité, en effet, c'est environ 800 000 gardes à vues par an en ce moment (1). Et une augmentation vertigineuse du nombre de celles-ci. A cette vitesse, certains estiment qu'une personne sur deux subira au moins une garde à vue dans sa vie.

Et du coup, petit à petit, certains découvrent que oui, ça arrive même aux meilleurs ou aux enfants des meilleurs de faire une bêtise, ou d'être simplement accusé à tort d'avoir fait une bêtise, et de subir les joies de la garde à vue.
Cela s'inscrit dans un contexte plus juridique, celui de la condamnation de la Turquie par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour ses méthodes de garde à vue... problème : leurs gardes à vue fonctionnent exactement comme les nôtres, voire un peu mieux. En particulier, est reproché l'absence d'une réelle assistance d'un avocat. Ça tombe bien, chez nous non-plus, les avocats n'assistent pas leurs clients en garde à vue !

Oh bien-sûr, on peut voir un avocat, environ 30 minutes par tranche de 24 heures (et encore, pas pour certaines infractions en bande organisée, par exemple pour peu que trois mômes fument un joint et que l'un d'entre eux en revendent, on est dans cette situation). Mais celui-ci n'a quasiment aucune info, pas accès au dossier, ne peut assister son client pendant les interrogatoires. Bref, il n'a quasiment aucune possibilité d'assister son client en pratique : exactement ce que condamne la CEDH !

De l'autre côté, les syndicats de policiers hurlent à la cabale et au harcèlement - les pauvres biquets (2-3) - et le gouvernement freine des deux pieds pour appliquer une vraie réforme de la garde à vue, tout en sachant qu'il va bien falloir régler la question des avocats en garde à vue, car la condamnation de la France ne va plus trop tarder.

A les écouter, nos gardes à vues sont certes parfois utilisées un peu rapidement, mais après tout ce ne serait pas si méchant, et puis ce serait indispensable pour protéger les bonnes gens des grands méchants. Et aussi... pour protéger les droits de l'homme ! Non, vous ne rêvez pas ! On va vous mettre en garde à vue pour vous protéger.

Il faut pourtant bien dire ce qui est : la garde à vue est une horreur, une aberration, un furoncle du système judiciaire indigne d'un état de droit. Il faut mettre fin à la version actuelle de la garde à vue, et la réformer en profondeur.

Rappelons en effet qu'à l'heure actuelle, la garde à vue, c'est jusqu'à 48 heures (96 en cas de bande organisée [4]) - ou 24 heures pour les mineurs (5), seul face à plusieurs policiers, possible dès l'âge de 13 ans, pour des soupçons toute infraction quelle qu'elle soit, sans l'assistance d'un avocat, sans enregistrement en cas de délit ce qui laisse une bonne place à l'arbitraire. C'est aussi l'utilisation quasi-systématique des menottes, même avec les mineurs, même quand ils ont 13 ou 14 ans. Et des interrogatoires, entrecoupés de temps de repos dans des cellules souvent insalubres et dégueulasses, dans lesquels quiconque oserait faire dormir un chien serait immédiatement attaqué en justice par la SPA. En guise de lit, une plaque de béton. Parfois une couverture plus ou moins propre, et avec un peu de chance des WC à la turque, au sein même de la cellule bien-sûr. Il n'est pas rare de rencontrer, par exemple, une flaque d'urine laissée par un précédent occupant.

Les interrogatoires, parlons-en. Contrairement à ce que les légendes urbaines peuvent laisser entendre, les violences physiques sont relativement rares, sans pour autant être inexistantes (comme le confiait cyniquement en off un policier, "la Convention de Genève, elle engage ceux qui l'ont signé. Moi j'ai rien signé." - tout un programme).
Les violences psychologiques, elles, en revanche, sont la norme.

Bien entendu, je vois d'ici le Schtroumpf, Synergie et autres SNOP pousser des cris de vierges effarouchées. "Comment donc mais pas du tout, jamais de violence psychologiques, seulement des méthodes pour déstabiliser un peu les accusés c'est tout".
Bon alors soit, listons quelques unes des méthodes habituelles de la police ou de la gendarmerie en garde à vue, et chacun jugera de ce qu'elles représentent ou pas des violences psychologiques :

- Une garde à vue commence généralement par une interpellation à 6 heures du matin, quand les personnes dorment encore, histoire de les avoir au saut du lit. Elle se fait avec le plus grand nombre de policiers possible (il n'est pas rare qu'ils soient 15, "question de prendre l'ascendant psychologique", confiait un autre policier).

- Les interrogatoires sont généralement musclés. Les coups de gueules et hurlements sont nombreux. Les menaces de violence, quoique rarement mises en action, sont une réalité. Les insultes, dans certains types de délits (moeurs en particulier) sont courantes. Quand il ne s'agit pas carrément d'incitation au suicide (je met à la disposition de qui ça intéresse un témoignage allant en ce sens).

- Chaque parole, chaque mot, est disséqué. Il s'agit de faire dire à la personne ce qu'elle n'a pas dit. L'avocat Maître Mô faisait un long extrait (6), certifié exact à la virgule près, d'un tel interrogatoire, voici un court extrait :

    - Elle, elle vous accuse de l’avoir violée ? Vous comprenez bien, c’est le motif de votre placement en garde à vue ?
    - C’est impossible, elle n’est pas… Elle n’a pas pu vous dire ça, elle n’est pas folle !
    - Pourquoi dites-vous qu’elle n’a pas pu me le dire et qu’elle n’est pas folle ?
    - Parce que je la connais, c’est l’une de mes élèves… Parce que c’est faux, archi-faux, je n’ai jamais violé personne, ni elle ni personne, jamais !
    - Je vois que vous avez une écorchure à la main, que vous est-il arrivé ?
    - Quoi ? Ah, ça ? Euh, je ne sais… Ah, si, en mettant du bois à côté de la cheminée, l’autre jour…
    - Quand ?
    - Euh, je ne sais plus… Hier ?
    - L’autre jour ou bien hier, Monsieur Caron ?
    - Mais… Hier, je crois, franchement je ne sais plus.
    - Quelle est la composition de votre famille ?
    - J’ai deux enfants, David et Louise, que j’ai eu avec mon épouse, que vous avez vue tout à l’heure, Manu, enfin, Emmanuelle, on vit tous ensemble, rien de…
    - Elle m’a paru très jeune, votre épouse, par rapport à vous, non ?
    - Oui, c’est vrai, elle est plus jeune que moi de douze ans. C’est une ancienne élève, j’étais son prof quand elle était en Première.
    - Vous aviez des relations amoureuses avec une élève de Première ?
    - Non, je n’ai pas dit ça : elle est tombée amoureuse de moi à l’époque, mais je ne l’ai su que bien plus tard, elle était étudiante quand nous -enfin, quand on s’est rencontrés vraiment…
    (...)
    - Quel âge exact avait Manu quand vous êtes sortis ensemble ?
    - Je ne sais plus, une vingtaine d’années…
    - Vous vous sentez attiré par les femmes plus jeunes ? C’est une motivation par rapport à votre métier ?
    - Mais ça ne va plus, non ? Je suis prof parce que j’ai toujours voulu être prof, j’aime ça, j’aime enseigner, ça n’a rien à voir, ça n’a JAMAIS rien eu à voir avec une "attirance" à la con, je ne vous permet pas de…
    - (Mentionnons que nous rappelons à Monsieur Caron que nous enquétons sur des faits de viol, et qu’il doit demeurer courtois.) Calmez-vous, Monsieur Caron, vous n’avez rien à me permettre ou pas, je ne suis pas une de vos élèves, je vous pose seulement des questions. Avez-vous selon vous une attitude différente avec les filles et les garçons, en classe ?
    - Absolument pas.
    - On leur posera la question, vous savez…

etc. etc. Ce petit jeu peut durer des heures. Je vous invite d'ailleurs à lire le texte en entier sur le blog de Maître Mô. Pour un interrogatoire. Une garde à vue de 48 heures peut contenir beaucoup d'interrogatoires de ce genre.

- Certaines méthodes pour faire avouer sont carrément déloyales, employant le chantage ou le mensonge. Petit exemple d'arguments employés par les forces de police :
"Vous savez, si vous n'avouez pas, le juge ne sera pas content, vous irez en détention provisoire. Tandis que si vous avouez, la sortie peut se négocier."
"Si vous n'avouez pas, on va être forcé d'interroger votre femme. Nous la mettrons elle aussi en garde à vue." (7)
"Vous devriez avouer, ce n'est pas si grave ce que vous avez fait. Vous savez, on a vu tellement pire... le juge saura se montrer clément. Mais si vous avouez pas par contre, là, ça prouve que vous n'avez aucun remords, alors la justice sera sans pitié."
Toutes ces méthodes sont prévues pour confondre les coupables... mais aucune mesure n'est prise pour éviter de confondre un innocent. Et le risque que la personne, bien qu'innocente, avoue pour protéger une personne aimée ou pour ne pas dormir en prison, est grand.

- Citons encore la méthode de la privation d'accès aux toilettes. Ou encore la privation de sommeil, qui consiste, lorsqu'on passe 48 heures avec un détenu, à l'interroger toute la deuxième nuit durant, si possible après l'avoir envoyé se coucher en début de soirée, pour l'avoir réveillé un peu plus tard. La personne ayant très peu dormi la première nuit (généralement), sera alors dans le gaz toute la deuxième nuit pendant qu'elle sera interrogée, ce qui la rend particulièrement suggestible.

- Rappelons l'utilisation quasi-systématique et abusive des menottes (8), y compris pendant les interrogatoires. Certains policiers ou gendarmes trouvent malin d'y rajouter une notion d'inconfort voire de douleur en les serrant démesurément.

- Rappelons également l'habitude de la fouille à nu, "pour vérifier qu'il n'y a pas de drogues cachées dans les fesses" (même quand la personne est interrogée pour vol - desfois qu'il cache une paire de chaussures volées dans les fesses, sans doute).

On ne trouve pas forcément la totalité de ces méthodes dans une seule garde à vue, mais il est bien rare qu'on n'en trouve aucune. Avec ce genre de mesures, on comprend mieux le nombre d'aveux obtenus en garde à vue qui entraînent une rétractation immédiatement après devant le juge. On comprend mieux pourquoi plusieurs accusés d'Outreau ont tout avoué en garde à vue, pour être innocentés par la suite.

Et les mineurs ne sont pas épargné (5). Dès treize ans, ils peuvent subir ce genre de violen... pardon, de "méthodes pour déstabiliser". Y compris la fouille à nu d'ailleurs. Vous je sais pas, moi, forcer un mineur de 13 ans à se déshabiller, j'appelle ça une agression sexuelle aggravée et c'est punis de 7 ans d'emprisonnement, en principe.

On a déjà vu, par exemple, un môme de 13 ans passer près de 24 heures en garde à vue, y compris une nuit dans les locaux insalubres de la PN, pour avoir joué à touche-pipi avec ses cousins : la tantine choquée avait prévenu la police, qui n'avait pas trouvé mieux à faire que de retenir le gamin 24 heures, sous le régime de la garde à vue. Tout ça, d'ailleurs, pour conclure sur une alternative aux poursuites (obligation de suivi psy, pour le soigner de sa "perversité" - moi j'ai personnellement eu l'impression que tous les adultes qui étaient intervenus dans cette affaire étaient infiniment plus pervers et malsains que le gamin, mais bon, c'est un autre débat...). Récemment, on a encore vu une jeune fille de 14 ans prise au saut du lit et conduite en pyjama en garde à vue, où elle aura été retenue 8 heures.

On pourrait citer également Maître Eolas, grand avocat connu de la blogosphère, qui déclarait avoir récemment visité un gardé à vue de quinze ans accusé d'avoir... fait un croche-pied à un camarade à la sortie du collège, son camarade s'étant sorti sans une égratignure. "Violence sur mineur de quinze ans à proximité d'un établissement scolaire" : un délit passible de 5 ans de prison (2,5 avec l'excuse de minorité). (8)
Les exemples de ce genre ne manquent pas...

Le tout se produit sans témoin, sans contrôle, souvent sans enregistrement,  sans avocat, et c'est tout juste si les procureurs sont au courant (ils sont prévenus de chaque garde à vue mais, selon leurs propres aveux, "Bien évidemment, le procureur de permanence ne [se] rend pas compte au bout d’un heure et quart [de la présence d'une nullité due au fait que le procureur n'a pas été prévenu en temps et en heure], mais bien plus longtemps après. Je vous rappelle qu’il n’a pas à traiter une seule affaire dans le cadre de sa permanence, mais une bonne centaine. " (9) Voilà le pseudo-contrôle des gardes à vue exercé par les magistrats.

Voilà la machine à fabriquer des traumatismes, chez les majeurs comme chez les mineurs, chez les coupables comme chez les innocents. En soi, une garde à vue est sans doute encore plus traumatisante qu'un séjour de même durée en prison.

Il est donc plus qu'urgent de la réformer. Et pour de vrai ! Qu'on arrête avec les demi-propositions du genre "voire l'avocat toutes les 12 heures et lui donner accès au dossier sur la fin", ou "limiter la garde à vue aux délits passibles de prison" (10) (ils le sont quasiment tous : voler un carambar dans un supermarché, c'est déjà 3 ans de prison).

Aujourd'hui, il n'y a pas à tergiverser, pas à négocier. Quiconque aime un tant soit peu les droits de l'homme, quiconque veut que la France soit un bel État de Droit, se doit d'accepter au minimum les propositions suivantes :

- Les gardes à vues ne devraient plus être possibles pour les délits punis d'une peine de prison inférieure à 5 ans. Si ce n'est "inférieure ou égale". Cela implique entres autres la fin des gardes à vue pour outrage et/ou rébellion.
- Les interrogatoires de gardes à vues devraient se dérouler intégralement en présence d'un avocat. Si une personne n'a pas d'avocat, comme c'est souvent le cas à ce stade, il doit pouvoir s'en faire commettre un d'office.
- L'avocat ou l'accusé devraient pouvoir demander l'enregistrement intégral de tous les interrogatoires de garde à vue.
- Des règles draconiennes d'hygiène et de respect de la dignité devraient s'appliquer aux cellules des gardés à vue : propreté, accès aux WC dans des conditions décentes, couvertures propres, conditions d'aération. L'absence de telles cellules devrait entraîner le report de toute garde à vue.
- Les gardes à vues devraient être impossibles pour les mineurs de moins de 16 ans, et limitées à 12 heures pour les mineurs âgés de 16 à 18 ans. Elles devraient être limitées à 24 heures pour les majeurs, et éventuellement à 48 heures dans des affaires de terrorisme (ne croyez pas que défendre les droits des "terroristes" est sans importance : un terroriste, ça peut être Ben Laden, mais ça peut aussi être Julien Coupat).
- Les gardes à vues devraient se dérouler sur le contrôle d'un vrai magistrat indépendant, du genre Juge des Libertés et de la Détention, plutôt que sous le contrôle de l'autorité de poursuite (procureur).
- Les gardés à vue devraient se voir systématiquement notifier expressément leurs droits, y compris celui de garder le silence et de demander l'assistance d'un avocat gratuit.
- De même que la garde à vue de mineurs de moins de seize ans doit être proscrite, la retenue policière pouvant aller jusqu'à 24 heures chez les enfants de 10 à 13 ans doit bien entendu être elle aussi supprimée. Il ne devrait pas être permis de priver de liberté, a fortiori sur action policière, un enfant de moins de 13 ans. Et qu'on ne vienne pas nous dire que les enfants de 10 ans sont des grands dadais d'1m80 qui tabassent des vieilles dames à longueur de temps. Surtout quand on voit à quoi servent ce genre de mesures...

Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, le SNOP et le Schtroumpf (et Alliance et Synergie) auront le droit de crier à la cabale et jurer grands dieux d'être d'insoupçonnables serviteurs de la justice. (3)
Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, on pourra apporter un quelconque crédit aux aveux obtenus en garde à vue, et cesser de craindre que comme à Outreau, l'aveu provienne d'une personne innocente mais suffisamment pressurisée pour avouer n'importe quoi.


Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, la garde à vue retrouvera toute sa légitimité et pourra être considérée comme un instrument d'enquête judiciaire approprié et acceptable pour le pays des droits de l'homme.


Sources &#038; Références :
(1) http://www.ladepeche.fr/article/2010/01/28/764877-800-000-gardes-a-vue-en-2009.html
(2) http://www.snop.info/index.php?option=com_content&#038;view=article&#038;id=1118:garde-a-vue--trop-cest-trop-&#038;catid=66&#038;Itemid=100010
(3) http://www.alliance-police-nationale.com/actualites_syndicat_majoritaire_police/communique_presse_syndicat_majoritaire/12_02_2010_reforme_gav.pdf
(4) http://legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idSectionTA=LEGISCTA000006151877&#038;cidTexte=LEGITEXT000006071154&#038;dateTexte=20100207
(4 bis) http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006575088&#038;cidTexte=LEGITEXT000006071154&#038;dateTexte=20080529
(4 ter) http://vosdroits.service-public.fr/F14837.xhtml
(5) http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006069158&#038;dateTexte=20100212
(6) http://maitremo.fr/2010/01/13/histoire-noire-iv/
(7) http://www.numerama.com/forum/topic/56618-les-chiffres-de-la-delinquance-faux/page__view__findpost__p__726712
(8) http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/09/14-ans%2C-en-garde-%C3%A0-vue-en-pyjama
(9) http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/01/16/Le-dilemme-2%2C-le-retour.#c115736
(10) http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/02/10/garde-a-vue-des-mineurs-faire-du-chiffre-avant-la-reforme_1303606_3224.html]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce moment, le débat fait rage sur le sujet de la garde à vue. Étonnant dans un pays a priori porté sur l&#8217;ultra-répressif, il semblerait que de plus en plus de gens se rendent compte qu&#8217;en pratique, dans la vie, il n&#8217;y a pas d&#8217;un côté les méchants très méchants, qui vont en garde à vue et en prison parce qu&#8217;ils l&#8217;ont bien mérité, et de l&#8217;autre côté les gentils très gentils, qui n&#8217;auront jamais affaire à une garde à vue.</p>
<p>La réalité, en effet, c&#8217;est environ 800 000 gardes à vues par an en ce moment (1). Et une augmentation vertigineuse du nombre de celles-ci. A cette vitesse, certains estiment qu&#8217;une personne sur deux subira au moins une garde à vue dans sa vie.</p>
<p>Et du coup, petit à petit, certains découvrent que oui, ça arrive même aux meilleurs ou aux enfants des meilleurs de faire une bêtise, ou d&#8217;être simplement accusé à tort d&#8217;avoir fait une bêtise, et de subir les joies de la garde à vue.<br />
Cela s&#8217;inscrit dans un contexte plus juridique, celui de la condamnation de la Turquie par la Cour Européenne des Droits de l&#8217;Homme pour ses méthodes de garde à vue&#8230; problème : leurs gardes à vue fonctionnent exactement comme les nôtres, voire un peu mieux. En particulier, est reproché l&#8217;absence d&#8217;une réelle assistance d&#8217;un avocat. Ça tombe bien, chez nous non-plus, les avocats n&#8217;assistent pas leurs clients en garde à vue !</p>
<p>Oh bien-sûr, on peut voir un avocat, environ 30 minutes par tranche de 24 heures (et encore, pas pour certaines infractions en bande organisée, par exemple pour peu que trois mômes fument un joint et que l&#8217;un d&#8217;entre eux en revendent, on est dans cette situation). Mais celui-ci n&#8217;a quasiment aucune info, pas accès au dossier, ne peut assister son client pendant les interrogatoires. Bref, il n&#8217;a quasiment aucune possibilité d&#8217;assister son client en pratique : exactement ce que condamne la CEDH !</p>
<p>De l&#8217;autre côté, les syndicats de policiers hurlent à la cabale et au harcèlement &#8211; les pauvres biquets (2-3) &#8211; et le gouvernement freine des deux pieds pour appliquer une vraie réforme de la garde à vue, tout en sachant qu&#8217;il va bien falloir régler la question des avocats en garde à vue, car la condamnation de la France ne va plus trop tarder.</p>
<p>A les écouter, nos gardes à vues sont certes parfois utilisées un peu rapidement, mais après tout ce ne serait pas si méchant, et puis ce serait indispensable pour protéger les bonnes gens des grands méchants. Et aussi&#8230; pour protéger les droits de l&#8217;homme ! Non, vous ne rêvez pas ! On va vous mettre en garde à vue pour vous protéger.</p>
<p>Il faut pourtant bien dire ce qui est : la garde à vue est une horreur, une aberration, un furoncle du système judiciaire indigne d&#8217;un état de droit. Il faut mettre fin à la version actuelle de la garde à vue, et la réformer en profondeur.</p>
<p>Rappelons en effet qu&#8217;à l&#8217;heure actuelle, la garde à vue, c&#8217;est jusqu&#8217;à 48 heures (96 en cas de bande organisée [4]) &#8211; ou 24 heures pour les mineurs (5), seul face à plusieurs policiers, possible dès l&#8217;âge de 13 ans, pour des soupçons toute infraction quelle qu&#8217;elle soit, sans l&#8217;assistance d&#8217;un avocat, sans enregistrement en cas de délit ce qui laisse une bonne place à l&#8217;arbitraire. C&#8217;est aussi l&#8217;utilisation quasi-systématique des menottes, même avec les mineurs, même quand ils ont 13 ou 14 ans. Et des interrogatoires, entrecoupés de temps de repos dans des cellules souvent insalubres et dégueulasses, dans lesquels quiconque oserait faire dormir un chien serait immédiatement attaqué en justice par la SPA. En guise de lit, une plaque de béton. Parfois une couverture plus ou moins propre, et avec un peu de chance des WC à la turque, au sein même de la cellule bien-sûr. Il n&#8217;est pas rare de rencontrer, par exemple, une flaque d&#8217;urine laissée par un précédent occupant.</p>
<p>Les interrogatoires, parlons-en. Contrairement à ce que les légendes urbaines peuvent laisser entendre, les violences physiques sont relativement rares, sans pour autant être inexistantes (comme le confiait cyniquement en off un policier, &laquo;&nbsp;la Convention de Genève, elle engage ceux qui l&#8217;ont signé. Moi j&#8217;ai rien signé.&nbsp;&raquo; &#8211; tout un programme).<br />
Les violences psychologiques, elles, en revanche, sont la norme.</p>
<p>Bien entendu, je vois d&#8217;ici le Schtroumpf, Synergie et autres SNOP pousser des cris de vierges effarouchées. &laquo;&nbsp;Comment donc mais pas du tout, jamais de violence psychologiques, seulement des méthodes pour déstabiliser un peu les accusés c&#8217;est tout&nbsp;&raquo;.<br />
Bon alors soit, listons quelques unes des méthodes habituelles de la police ou de la gendarmerie en garde à vue, et chacun jugera de ce qu&#8217;elles représentent ou pas des violences psychologiques :</p>
<p>- Une garde à vue commence généralement par une interpellation à 6 heures du matin, quand les personnes dorment encore, histoire de les avoir au saut du lit. Elle se fait avec le plus grand nombre de policiers possible (il n&#8217;est pas rare qu&#8217;ils soient 15, &laquo;&nbsp;question de prendre l&#8217;ascendant psychologique&nbsp;&raquo;, confiait un autre policier).</p>
<p>- Les interrogatoires sont généralement musclés. Les coups de gueules et hurlements sont nombreux. Les menaces de violence, quoique rarement mises en action, sont une réalité. Les insultes, dans certains types de délits (moeurs en particulier) sont courantes. Quand il ne s&#8217;agit pas carrément d&#8217;incitation au suicide (je met à la disposition de qui ça intéresse un témoignage allant en ce sens).</p>
<p>- Chaque parole, chaque mot, est disséqué. Il s&#8217;agit de faire dire à la personne ce qu&#8217;elle n&#8217;a pas dit. L&#8217;avocat Maître Mô faisait un long extrait (6), certifié exact à la virgule près, d&#8217;un tel interrogatoire, voici un court extrait :</p>
<blockquote><p>- Elle, elle vous accuse de l’avoir violée ? Vous comprenez bien, c’est le motif de votre placement en garde à vue ?<br />
- C’est impossible, elle n’est pas… Elle n’a pas pu vous dire ça, elle n’est pas folle !<br />
- Pourquoi dites-vous qu’elle n’a pas pu me le dire et qu’elle n’est pas folle ?<br />
- Parce que je la connais, c’est l’une de mes élèves… Parce que c’est faux, archi-faux, je n’ai jamais violé personne, ni elle ni personne, jamais !<br />
- Je vois que vous avez une écorchure à la main, que vous est-il arrivé ?<br />
- Quoi ? Ah, ça ? Euh, je ne sais… Ah, si, en mettant du bois à côté de la cheminée, l’autre jour…<br />
- Quand ?<br />
- Euh, je ne sais plus… Hier ?<br />
- L’autre jour ou bien hier, Monsieur Caron ?<br />
- Mais… Hier, je crois, franchement je ne sais plus.<br />
- Quelle est la composition de votre famille ?<br />
- J’ai deux enfants, David et Louise, que j’ai eu avec mon épouse, que vous avez vue tout à l’heure, Manu, enfin, Emmanuelle, on vit tous ensemble, rien de…<br />
- Elle m’a paru très jeune, votre épouse, par rapport à vous, non ?<br />
- Oui, c’est vrai, elle est plus jeune que moi de douze ans. C’est une ancienne élève, j’étais son prof quand elle était en Première.<br />
- Vous aviez des relations amoureuses avec une élève de Première ?<br />
- Non, je n’ai pas dit ça : elle est tombée amoureuse de moi à l’époque, mais je ne l’ai su que bien plus tard, elle était étudiante quand nous -enfin, quand on s’est rencontrés vraiment…<br />
(&#8230;)<br />
- Quel âge exact avait Manu quand vous êtes sortis ensemble ?<br />
- Je ne sais plus, une vingtaine d’années…<br />
- Vous vous sentez attiré par les femmes plus jeunes ? C’est une motivation par rapport à votre métier ?<br />
- Mais ça ne va plus, non ? Je suis prof parce que j’ai toujours voulu être prof, j’aime ça, j’aime enseigner, ça n’a rien à voir, ça n’a JAMAIS rien eu à voir avec une &laquo;&nbsp;attirance&nbsp;&raquo; à la con, je ne vous permet pas de…<br />
- (Mentionnons que nous rappelons à Monsieur Caron que nous enquétons sur des faits de viol, et qu’il doit demeurer courtois.) Calmez-vous, Monsieur Caron, vous n’avez rien à me permettre ou pas, je ne suis pas une de vos élèves, je vous pose seulement des questions. Avez-vous selon vous une attitude différente avec les filles et les garçons, en classe ?<br />
- Absolument pas.<br />
- On leur posera la question, vous savez…</p></blockquote>
<p>etc. etc. Ce petit jeu peut durer des heures. Je vous invite d&#8217;ailleurs à <a title="Histoire Noire - Blog de Maître Mô" href="http://maitremo.fr/2010/01/13/histoire-noire-iv/">lire le texte en entier sur le blog de Maître Mô</a>. Pour un interrogatoire. Une garde à vue de 48 heures peut contenir beaucoup d&#8217;interrogatoires de ce genre.</p>
<p>- Certaines méthodes pour faire avouer sont carrément déloyales, employant le chantage ou le mensonge. Petit exemple d&#8217;arguments employés par les forces de police :<br />
&laquo;&nbsp;Vous savez, si vous n&#8217;avouez pas, le juge ne sera pas content, vous irez en détention provisoire. Tandis que si vous avouez, la sortie peut se négocier.&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Si vous n&#8217;avouez pas, on va être forcé d&#8217;interroger votre femme. Nous la mettrons elle aussi en garde à vue.&nbsp;&raquo; (7)<br />
&laquo;&nbsp;Vous devriez avouer, ce n&#8217;est pas si grave ce que vous avez fait. Vous savez, on a vu tellement pire&#8230; le juge saura se montrer clément. Mais si vous avouez pas par contre, là, ça prouve que vous n&#8217;avez aucun remords, alors la justice sera sans pitié.&nbsp;&raquo;<br />
Toutes ces méthodes sont prévues pour confondre les coupables&#8230; mais aucune mesure n&#8217;est prise pour éviter de confondre un innocent. Et le risque que la personne, bien qu&#8217;innocente, avoue pour protéger une personne aimée ou pour ne pas dormir en prison, est grand.</p>
<p>- Citons encore la méthode de la privation d&#8217;accès aux toilettes. Ou encore la privation de sommeil, qui consiste, lorsqu&#8217;on passe 48 heures avec un détenu, à l&#8217;interroger toute la deuxième nuit durant, si possible après l&#8217;avoir envoyé se coucher en début de soirée, pour l&#8217;avoir réveillé un peu plus tard. La personne ayant très peu dormi la première nuit (généralement), sera alors dans le gaz toute la deuxième nuit pendant qu&#8217;elle sera interrogée, ce qui la rend particulièrement suggestible.</p>
<p>- Rappelons l&#8217;utilisation quasi-systématique et abusive des menottes (8), y compris pendant les interrogatoires. Certains policiers ou gendarmes trouvent malin d&#8217;y rajouter une notion d&#8217;inconfort voire de douleur en les serrant démesurément.</p>
<p>- Rappelons également l&#8217;habitude de la fouille à nu, &laquo;&nbsp;pour vérifier qu&#8217;il n&#8217;y a pas de drogues cachées dans les fesses&nbsp;&raquo; (même quand la personne est interrogée pour vol &#8211; desfois qu&#8217;il cache une paire de chaussures volées dans les fesses, sans doute).</p>
<p>On ne trouve pas forcément la totalité de ces méthodes dans une seule garde à vue, mais il est bien rare qu&#8217;on n&#8217;en trouve aucune. Avec ce genre de mesures, on comprend mieux le nombre d&#8217;aveux obtenus en garde à vue qui entraînent une rétractation immédiatement après devant le juge. On comprend mieux pourquoi plusieurs accusés d&#8217;Outreau ont tout avoué en garde à vue, pour être innocentés par la suite.</p>
<p>Et les mineurs ne sont pas épargné (5). Dès treize ans, ils peuvent subir ce genre de violen&#8230; pardon, de &laquo;&nbsp;méthodes pour déstabiliser&nbsp;&raquo;. Y compris la fouille à nu d&#8217;ailleurs. Vous je sais pas, moi, forcer un mineur de 13 ans à se déshabiller, j&#8217;appelle ça une agression sexuelle aggravée et c&#8217;est punis de 7 ans d&#8217;emprisonnement, en principe.</p>
<p>On a déjà vu, par exemple, un môme de 13 ans passer près de 24 heures en garde à vue, y compris une nuit dans les locaux insalubres de la PN, pour avoir joué à touche-pipi avec ses cousins : la tantine choquée avait prévenu la police, qui n&#8217;avait pas trouvé mieux à faire que de retenir le gamin 24 heures, sous le régime de la garde à vue. Tout ça, d&#8217;ailleurs, pour conclure sur une alternative aux poursuites (obligation de suivi psy, pour le soigner de sa &laquo;&nbsp;perversité&nbsp;&raquo; &#8211; moi j&#8217;ai personnellement eu l&#8217;impression que tous les adultes qui étaient intervenus dans cette affaire étaient infiniment plus pervers et malsains que le gamin, mais bon, c&#8217;est un autre débat&#8230;). Récemment, on a encore vu une jeune fille de 14 ans prise au saut du lit et conduite en pyjama en garde à vue, où elle aura été retenue 8 heures.</p>
<p>On pourrait citer également Maître Eolas, grand avocat connu de la blogosphère, qui déclarait avoir récemment visité un gardé à vue de quinze ans accusé d&#8217;avoir&#8230; fait un croche-pied à un camarade à la sortie du collège, son camarade s&#8217;étant sorti sans une égratignure. &laquo;&nbsp;Violence sur mineur de quinze ans à proximité d&#8217;un établissement scolaire&nbsp;&raquo; : un délit passible de 5 ans de prison (2,5 avec l&#8217;excuse de minorité). (8)<br />
Les exemples de ce genre ne manquent pas&#8230;</p>
<p>Le tout se produit sans témoin, sans contrôle, souvent sans enregistrement,  sans avocat, et c&#8217;est tout juste si les procureurs sont au courant (ils sont prévenus de chaque garde à vue mais, selon leurs propres aveux, &laquo;&nbsp;Bien évidemment, le procureur de permanence ne [se] rend pas compte au bout d’un heure et quart [de la présence d'une nullité due au fait que le procureur n'a pas été prévenu en temps et en heure], mais bien plus longtemps après. Je vous rappelle qu’il n’a pas à traiter une seule affaire dans le cadre de sa permanence, mais une bonne centaine. &nbsp;&raquo; (9) Voilà le pseudo-contrôle des gardes à vue exercé par les magistrats.</p>
<p>Voilà la machine à fabriquer des traumatismes, chez les majeurs comme chez les mineurs, chez les coupables comme chez les innocents. En soi, une garde à vue est sans doute encore plus traumatisante qu&#8217;un séjour de même durée en prison.</p>
<p>Il est donc plus qu&#8217;urgent de la réformer. Et pour de vrai ! Qu&#8217;on arrête avec les demi-propositions du genre &laquo;&nbsp;voire l&#8217;avocat toutes les 12 heures et lui donner accès au dossier sur la fin&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;limiter la garde à vue aux délits passibles de prison&nbsp;&raquo; (10) (ils le sont quasiment tous : voler un carambar dans un supermarché, c&#8217;est déjà 3 ans de prison).</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;y a pas à tergiverser, pas à négocier. Quiconque aime un tant soit peu les droits de l&#8217;homme, quiconque veut que la France soit un bel État de Droit, se doit d&#8217;accepter au minimum les propositions suivantes :</p>
<p>- Les gardes à vues ne devraient plus être possibles pour les délits punis d&#8217;une peine de prison inférieure à 5 ans. Si ce n&#8217;est &laquo;&nbsp;inférieure ou égale&nbsp;&raquo;. Cela implique entres autres la fin des gardes à vue pour outrage et/ou rébellion.<br />
- Les interrogatoires de gardes à vues devraient se dérouler intégralement en présence d&#8217;un avocat. Si une personne n&#8217;a pas d&#8217;avocat, comme c&#8217;est souvent le cas à ce stade, il doit pouvoir s&#8217;en faire commettre un d&#8217;office.<br />
- L&#8217;avocat ou l&#8217;accusé devraient pouvoir demander l&#8217;enregistrement intégral de tous les interrogatoires de garde à vue.<br />
- Des règles draconiennes d&#8217;hygiène et de respect de la dignité devraient s&#8217;appliquer aux cellules des gardés à vue : propreté, accès aux WC dans des conditions décentes, couvertures propres, conditions d&#8217;aération. L&#8217;absence de telles cellules devrait entraîner le report de toute garde à vue.<br />
- Les gardes à vues devraient être impossibles pour les mineurs de moins de 16 ans, et limitées à 12 heures pour les mineurs âgés de 16 à 18 ans. Elles devraient être limitées à 24 heures pour les majeurs, et éventuellement à 48 heures dans des affaires de terrorisme (ne croyez pas que défendre les droits des &laquo;&nbsp;terroristes&nbsp;&raquo; est sans importance : un terroriste, ça peut être Ben Laden, mais ça peut aussi être Julien Coupat).<br />
- Les gardes à vues devraient se dérouler sur le contrôle d&#8217;un vrai magistrat indépendant, du genre Juge des Libertés et de la Détention, plutôt que sous le contrôle de l&#8217;autorité de poursuite (procureur).<br />
- Les gardés à vue devraient se voir systématiquement notifier expressément leurs droits, y compris celui de garder le silence et de demander l&#8217;assistance d&#8217;un avocat gratuit.<br />
- De même que la garde à vue de mineurs de moins de seize ans doit être proscrite, la retenue policière pouvant aller jusqu&#8217;à 24 heures chez les enfants de 10 à 13 ans doit bien entendu être elle aussi supprimée. Il ne devrait pas être permis de priver de liberté, a fortiori sur action policière, un enfant de moins de 13 ans. Et qu&#8217;on ne vienne pas nous dire que les enfants de 10 ans sont des grands dadais d&#8217;1m80 qui tabassent des vieilles dames à longueur de temps. Surtout quand on voit à quoi servent ce genre de mesures&#8230;</p>
<p>Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, le SNOP et le Schtroumpf (et Alliance et Synergie) auront le droit de crier à la cabale et jurer grands dieux d&#8217;être d&#8217;insoupçonnables serviteurs de la justice. (3)<br />
Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, on pourra apporter un quelconque crédit aux aveux obtenus en garde à vue, et cesser de craindre que comme à Outreau, l&#8217;aveu provienne d&#8217;une personne innocente mais suffisamment pressurisée pour avouer n&#8217;importe quoi.</p>
<p>Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, la garde à vue retrouvera toute sa légitimité et pourra être considérée comme un instrument d&#8217;enquête judiciaire approprié et acceptable pour le pays des droits de l&#8217;homme.</p>
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		<title>Nelson, 14 ans, mort pour rien &#8211; Un an avec sursis pour son meurtrier</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 12:11:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un an de prison... avec sursis. C'est donc le prix de la vie d'un enfant. Pour un policier, du moins, car si l'individu avait été citoyen ordinaire, on l'imagine mal s'en sortir sans prison ferme, quand on voit ce que certains ont fait pour se retrouver en prison. Un an de prison avec sursis pour le meurtrier de ce garçon.

Et pourtant, on aura beau dire : Parler d'accident est un peu facile.
D'accord, d'accord, on imagine bien que ce policier n'a pas fait exprès de renverser et de tuer le jeune Nelson, 14 ans - puisque c'est de cela dont il s'agit.

Mais qu'on ne nous dise pas qu'il n'a pas fait exprès de rouler à 73km/h, en pleine agglomération, un après-midi, sans sirène, sur une route limitée à 50km/h, doublant des voitures à l'arrêt, passant sur un passage piéton, certains affirmant même : grillant un feu rouge. Et le tout, sans qu'aucune mission à caractère d'urgence ne vienne justifier ce comportement.

Qu'on ne nous dise pas non-plus qu'un conducteur, policier de surcroît, ignorait qu'une voiture peut tuer, et qu'une conduite irresponsable en pleine agglomération augmente gravement les risques.

A partir de là, je vois mal comment on peut lui trouver des excuses, et pour reprendre les propos d'un petit président qui nous avait fait sa campagne présidentielle sur le ton du "tolérance zéro", et du "les victimes avant tout", le fait d'être policier est une circonstance aggravante, et non pas une circonstance atténuante. Les victimes de cette affaire, avec ce jugement, apprécieront...

Il faut dire que ce policier y a échappé belle. Il n'a fait que tuer un enfant, en voiture de surcroît... Nul doute que pour tout un tas d'autres actes subis par le même enfant, ou commis par quelqu'un d'autre, la peine aurait été différente :

- Imaginons par exemple qu'un jeune banlieusard mineur, par rébellion, par bêtise ou pour se faire mousser auprès de ses copains, incendie un bus, sans vouloir tuer personne, mais que Nelson, malheureusement, n'arrive pas à s'échapper en même temps que les autres et se retrouve gravement brûlé, bien que survivant. On est dans le même cas : un acte qui n'a pas pour but de tuer, mais qui est irresponsable et dangereux. Nelson aurait survécu, toutefois, et l'auteur est mineur (et pas policier). Ce sont deux circonstances atténuantes.
Hébien dans une telle histoire, il aurait pris 9 ans de prison. Ferme.

- Imaginons par exemple qu'un prof de sport, visiblement attiré par les mineurs, ait des rapports sexuels avec certains de ses élèves, sans penser à mal, peut-être même sans faire vraiment de mal vu le soutien reçu de la part de certains élèves eux-même, mais peut-être blessant involontairement certains. Imaginons que parmi les enfants heurtés psychologiquement se trouvât Nelson. Même cas de figure : un comportement qui ne pense pas à mal, mais irresponsable au sens où il n'a pas mesuré les conséquences, et qui a finalement fait du mal à autrui. Nelson aurait toutefois largement survécu à l'événement. Mais l'auteur aurait pris 8 ans de prison. Ferme.

Deux crimes, deux actes irresponsables commis par des gens qui ne pensaient pas à mal, qui n'ont pas voulu tuer (et qui n'ont pas tué d'ailleurs), mais dont les conséquences de leurs actes stupides et dangereux ont été terribles. Exactement comme un policier stupide qui roule comme un goret et propulse violemment un engin de mort sans raison valable... et tue un enfant. Sauf que les deux actes susmentionnés, eux, ils ont été sévèrement punis.

Et je ne parle même pas de ces jeunes qui ont commis le crime suprême d'avoir insulté Nicolas Sarkozy... 4 mois ferme !

 

Mais là, c'est très différent ! Ces policiers ont seulement tué un enfant ! C'est beaucoup moins grave, apparamment... En tout cas c'est punis sans prison. Il est vrai que prendre la vie d'un enfant, c'est tellement moins grave que les actes mentionnés précédemment...

Il existe, malheureusement, un article du Code Pénal (le 434-25) qui interdit de "jeter le discredit sur une décision de justice", et qui donc m'empêche de dire ce que je pense de cette décision de "justice".
Contentons nous, alors, de dire que les magistrats ont, ce jour, décidé d'officialiser définitivement le fait qu'il existe une justice à deux vitesses, sinon plus, selon qu'on soit policier ou pas, et même, selon qu'on tue un enfant ou pas.

Un mot : Abject.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un an de prison&#8230; avec sursis. C&#8217;est donc le prix de la vie d&#8217;un enfant. Pour un policier, du moins, car si l&#8217;individu avait été citoyen ordinaire, on l&#8217;imagine mal s&#8217;en sortir sans prison ferme, quand on voit ce que certains ont fait pour se retrouver en prison. Un an de prison avec sursis pour le meurtrier de ce garçon.</p>
<p>Et pourtant, on aura beau dire : Parler d&#8217;accident est un peu facile.<br />
D&#8217;accord, d&#8217;accord, on imagine bien que ce policier n&#8217;a pas fait exprès de renverser et de tuer le jeune Nelson, 14 ans &#8211; puisque c&#8217;est de cela dont il s&#8217;agit.</p>
<p>Mais qu&#8217;on ne nous dise pas qu&#8217;il n&#8217;a pas fait exprès de rouler à 73km/h, en pleine agglomération, un après-midi, sans sirène, sur une route limitée à 50km/h, doublant des voitures à l&#8217;arrêt, passant sur un passage piéton, certains affirmant même : grillant un feu rouge. Et le tout, sans qu&#8217;aucune mission à caractère d&#8217;urgence ne vienne justifier ce comportement.</p>
<p>Qu&#8217;on ne nous dise pas non-plus qu&#8217;un conducteur, policier de surcroît, ignorait qu&#8217;une voiture peut tuer, et qu&#8217;une conduite irresponsable en pleine agglomération augmente gravement les risques.</p>
<p>A partir de là, je vois mal comment on peut lui trouver des excuses, et pour reprendre les propos d&#8217;un petit président qui nous avait fait sa campagne présidentielle sur le ton du &laquo;&nbsp;tolérance zéro&nbsp;&raquo;, et du &laquo;&nbsp;les victimes avant tout&nbsp;&raquo;, le fait d&#8217;être policier est une circonstance aggravante, et non pas une circonstance atténuante. Les victimes de cette affaire, avec ce jugement, apprécieront&#8230;</p>
<p>Il faut dire que ce policier y a échappé belle. Il n&#8217;a fait que tuer un enfant, en voiture de surcroît&#8230; Nul doute que pour tout un tas d&#8217;autres actes subis par le même enfant, ou commis par quelqu&#8217;un d&#8217;autre, la peine aurait été différente :</p>
<p>- <a title="Affaire Mama Galledou" href="http://www.et-pourtant.org/actualites/simple-constatation-judiciaire-en-france.html">Imaginons par exemple qu&#8217;un jeune banlieusard mineur, par rébellion, par bêtise ou pour se faire mousser auprès de ses copains, incendie un bus, sans vouloir tuer personne</a>, mais que Nelson, malheureusement, n&#8217;arrive pas à s&#8217;échapper en même temps que les autres et se retrouve gravement brûlé, bien que survivant. On est dans le même cas : un acte qui n&#8217;a pas pour but de tuer, mais qui est irresponsable et dangereux. Nelson aurait survécu, toutefois, et l&#8217;auteur est mineur (et pas policier). Ce sont deux circonstances atténuantes.<br />
Hébien dans une telle histoire, il aurait pris 9 ans de prison. Ferme.</p>
<p>- <a title="Le prof de sport qui traumatisait des magistrats" href="http://www.et-pourtant.org/actualites/huit-ans-pour-le-prof-de-sport-qui-traumatisait-des-magistrats.html">Imaginons par exemple qu&#8217;un prof de sport, visiblement attiré par les mineurs, ait des rapports sexuels avec certains de ses élèves, sans penser à mal</a>, peut-être même sans faire vraiment de mal vu le soutien reçu de la part de certains élèves eux-même, mais peut-être blessant involontairement certains. Imaginons que parmi les enfants heurtés psychologiquement se trouvât Nelson. Même cas de figure : un comportement qui ne pense pas à mal, mais irresponsable au sens où il n&#8217;a pas mesuré les conséquences, et qui a finalement fait du mal à autrui. Nelson aurait toutefois largement survécu à l&#8217;événement. Mais l&#8217;auteur aurait pris 8 ans de prison. Ferme.</p>
<p>Deux crimes, deux actes irresponsables commis par des gens qui ne pensaient pas à mal, qui n&#8217;ont pas voulu tuer (et qui n&#8217;ont pas tué d&#8217;ailleurs), mais dont les conséquences de leurs actes stupides et dangereux ont été terribles. Exactement comme un policier stupide qui roule comme un goret et propulse violemment un engin de mort sans raison valable&#8230; et tue un enfant. Sauf que les deux actes susmentionnés, eux, ils ont été sévèrement punis.</p>
<p>Et je ne parle même pas de ces jeunes qui ont<a href="http://www.et-pourtant.org/actualites/quatre-mois-de-prison-ferme-pour-insulte-et-devedjian.html"> commis le crime suprême d&#8217;avoir insulté</a> Nicolas Sarkozy&#8230; 4 mois ferme !</p>
<p>Mais là, c&#8217;est très différent ! Ces policiers ont seulement tué un enfant ! C&#8217;est beaucoup moins grave, apparamment&#8230; En tout cas c&#8217;est punis sans prison. Il est vrai que prendre la vie d&#8217;un enfant, c&#8217;est tellement moins grave que les actes mentionnés précédemment&#8230;</p>
<p>Il existe, malheureusement, un article du Code Pénal (le 434-25) qui interdit de &laquo;&nbsp;jeter le discredit sur une décision de justice&nbsp;&raquo;, et qui donc m&#8217;empêche de dire ce que je pense de cette décision de &laquo;&nbsp;justice&nbsp;&raquo;.<br />
Contentons nous, alors, de dire que les magistrats ont, ce jour, décidé d&#8217;officialiser définitivement le fait qu&#8217;il existe une justice à deux vitesses, sinon plus, selon qu&#8217;on soit policier ou pas, et même, selon qu&#8217;on tue un enfant ou pas.</p>
<p>Un mot : Abject.</p>
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		<title>Résumé du Rapport Léger : Des affaires d&#8217;Outreau en perspective</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 21:19:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C'est aujourd'hui que le Comité Léger (du nom de son directeur Philippe Léger, ancien magistrat) rendait son rapport sur la réforme de la procédure pénale en France. Commandée par Sarkozy, elle ne fait en fait que lister ce qu'il exigeait dès le départ.

Résumons rapidement ce que propose ce rapport :

 - Quasiment aucun nouveau droit pour la défense. Quasiment aucune nouvelle protection contre la détention provisoire.

Niveau droits de la défense, l'un des seul progrès serait le droit de voir un peu plus son avocat pendant la garde à vue, et qu'il puisse accéder aux PVs d'audition. Mais attention : il n'a toujours pas accès au dossier, et il n'a toujours pas le droit d'assister son client pendant les interrogatoires. Il demeure donc largement inutile.

La durée de la détention provisoire pourrait être revue à la baisse, mais le changement est comestique, et sera modifié à la hausse au premier fait divers.

Voilà pour les droits de la défense. Pour tout le reste, c'est surtout du droit de l'accusation. Jugez par vous-même :

 

 - Une enquête entièrement menée par l'autorité de poursuite, c'est à dire par l'individu dont la fonction même est de chercher à faire condamner parce qu'il croit à la culpabilité.

C'est en effet la mesure phare du Rapport Léger : la mise à mort du juge d'instruction, qui sera remplacé par le Procureur pour mener son enquête. Le truc, c'est qu'un juge d'instruction était censé instruire à charge et à décharge. Souvent il s'en sortait mal et instruisait très largement à charge.

 Mais qui peut croire que le procureur sera meilleur de ce point de vue là ? Culturellement et parce que c'est sa mission, le procureur est l'homme qui accuse, l'homme qui charge. Il est évident qu'il ne pourra instruire qu'à charge parce que c'est sa fonction première.

 

- Il n'y a donc plus personne pour mener d'enquête "à décharge" :

C'est à dire que quand une enquête aura lieu, on cherchera tout ce qui est susceptible d'accuser l'individu, mais il n'y aura rien ni personne pour tenter de prouver son innocence. L'avocat pourra bien demander à un juge de l'enquête et des libertés de bien vouloir demander au procureur de bien vouloir faire des efforts, mais les effets sont limités. Du reste, il faudra un bien bon avocat, qui s'occupe beaucoup de son client (exit les commis d'office et les avocats payés par l'aide juridictionnelle).

Enfin, nombre d'avocats n'oseront pas trop recourir à cette possibilité par peur de paraître arrogants et pinailleurs, et d'empirer la situation de leur client en le faisant haïr de la magistrature. Un travers déjà courant dans le modèle actuel, qui ne fera que s'empirer.

 

- Il n'y aura plus de secret de l'instruction.

A défaut de secret de l'instruction, toutes les infos pourront fuiter dans les médias, car le contenu de l'enquête en cours ne sera plus secrète. Les médias pourront donc créer une pression médiatique énorme, et désigner les coupables avant même qu'ils ne soient jugés. On pourra voir des emballement médiatiques terribles créés par une fuite de la partie civile qui dévoilera tel ou tel élément bien choisi, même non-vérifié.

Par exemple, nous pourrons revoir, parfaitement légalement et puissance 1000, ce qu'on a vu quand La Voix du Nord faisait état d'enfants assassinés et enterrés après avoir été violés dans des orgies de notable, au début des années 2000, dans ce qui allait devenir l'affaire d'Outreau. Il s'agit pour le rapport Léger de valider ce principe, de le légaliser, pour permettre qu'il se développe à son plein potentiel.



==> Nous avons donc, dans ce rapport Léger sur la réforme de la procédure pénale (et de l'instruction), la formule parfaite pour créer des centaines de nouvelles affaires d'Outreau chaque année. CQFD. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est aujourd&#8217;hui que le Comité Léger (du nom de son directeur Philippe Léger, ancien magistrat) rendait son rapport sur la réforme de la procédure pénale en France. Commandée par Sarkozy, elle ne fait en fait que lister ce qu&#8217;il exigeait dès le départ.</p>
<p>Résumons rapidement ce que propose ce rapport :</p>
<p><strong>- Quasiment aucun nouveau droit pour la défense. Quasiment aucune nouvelle protection contre la détention provisoire.</strong></p>
<p><strong></strong>Niveau droits de la défense, l&#8217;un des seul progrès serait le droit de voir un peu plus son avocat pendant la garde à vue, et qu&#8217;il puisse accéder aux PVs d&#8217;audition. Mais attention : il n&#8217;a toujours pas accès au dossier, et il n&#8217;a toujours pas le droit d&#8217;assister son client pendant les interrogatoires. Il demeure donc largement inutile.</p>
<p>La durée de la détention provisoire pourrait être revue à la baisse, mais le changement est comestique, et sera modifié à la hausse au premier fait divers.</p>
<p>Voilà pour les droits de la défense. Pour tout le reste, c&#8217;est surtout du droit de l&#8217;accusation. Jugez par vous-même :</p>
<p><strong> &#8211; Une enquête entièrement menée par l&#8217;autorité de poursuite, c&#8217;est à dire par l&#8217;individu dont la fonction même est de chercher à faire condamner parce qu&#8217;il croit à la culpabilité.</strong></p>
<p>C&#8217;est en effet la mesure phare du Rapport Léger : la mise à mort du juge d&#8217;instruction, qui sera remplacé par le Procureur pour mener son enquête. Le truc, c&#8217;est qu&#8217;un juge d&#8217;instruction était censé instruire à charge et à décharge. Souvent il s&#8217;en sortait mal et instruisait très largement à charge.</p>
<p>Mais qui peut croire que le procureur sera meilleur de ce point de vue là ? Culturellement et parce que c&#8217;est sa mission, le procureur est l&#8217;homme qui accuse, l&#8217;homme qui charge. Il est évident qu&#8217;il ne pourra instruire qu&#8217;à charge parce que c&#8217;est sa fonction première.</p>
<p><strong>- Il n&#8217;y a donc plus personne pour mener d&#8217;enquête &laquo;&nbsp;à décharge&nbsp;&raquo; :</strong></p>
<p>C&#8217;est à dire que quand une enquête aura lieu, on cherchera tout ce qui est susceptible d&#8217;accuser l&#8217;individu, mais il n&#8217;y aura rien ni personne pour tenter de prouver son innocence. L&#8217;avocat pourra bien demander à un juge de l&#8217;enquête et des libertés de bien vouloir demander au procureur de bien vouloir faire des efforts, mais les effets sont limités. Du reste, il faudra un bien bon avocat, qui s&#8217;occupe beaucoup de son client (exit les commis d&#8217;office et les avocats payés par l&#8217;aide juridictionnelle).</p>
<p>Enfin, nombre d&#8217;avocats n&#8217;oseront pas trop recourir à cette possibilité par peur de paraître arrogants et pinailleurs, et d&#8217;empirer la situation de leur client en le faisant haïr de la magistrature. Un travers déjà courant dans le modèle actuel, qui ne fera que s&#8217;empirer.</p>
<p><strong>- Il n&#8217;y aura plus de secret de l&#8217;instruction.</strong></p>
<p>A défaut de secret de l&#8217;instruction, toutes les infos pourront fuiter dans les médias, car le contenu de l&#8217;enquête en cours ne sera plus secrète. Les médias pourront donc créer une pression médiatique énorme, et désigner les coupables avant même qu&#8217;ils ne soient jugés. On pourra voir des emballement médiatiques terribles créés par une fuite de la partie civile qui dévoilera tel ou tel élément bien choisi, même non-vérifié.</p>
<p>Par exemple, nous pourrons revoir, parfaitement légalement et puissance 1000, ce qu&#8217;on a vu quand La Voix du Nord faisait état d&#8217;enfants assassinés et enterrés après avoir été violés dans des orgies de notable, au début des années 2000, dans ce qui allait devenir l&#8217;affaire d&#8217;Outreau. Il s&#8217;agit pour le rapport Léger de valider ce principe, de le légaliser, pour permettre qu&#8217;il se développe à son plein potentiel.</p>
<p><strong>==&gt; Nous avons donc, dans ce rapport Léger sur la réforme de la procédure pénale (et de l&#8217;instruction), la formule parfaite pour créer des centaines de nouvelles affaires d&#8217;Outreau chaque année. CQFD. </strong></p>
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		<title>Collégien agresseur au couteau, et procureur aux larmes de crocodile</title>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2009 00:38:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<description><![CDATA[Pauvre procureur ! Un grand pacifiste, il aurait vraiment aimé faire autrement !

Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Je rappelle les faits : Le 15 Mai, à Fenouillet, près de Toulouse, un collégien du Collège François Mitterrand agresse au couteau une professeur de mathématiques.

On pourrait croire à une affaire de "cités", où un grand dadais de 17 ans ultra-violent agresse une enseignante, seulement Fenouillet est une ville de 5000 habitants, et le collégien est un petit gabarit, âgé de 13 ans et, loin de la racaille, est un élève timide et sans histoires jusqu'alors, un élève jamais signalé comme violent. Il était bien entendu inconnu des forces de police - comme du rectorat.

L'agression, au couteau, aurait pour origine une punition donnée pour un devoir non-rendu et l'élève, apparemment dans un échec scolaire qu'il avait du mal à vivre, aurait eu comme un coup de folie.

Même si on est plus dans le coup de folie du gamin sans histoire que dans l'ultra-violence habituelle d'un caïd incontrôlable, le fait est grave, et mérite sans aucun doute d'être traite à un niveau judiciaire et pénal. Il a donc été placé en garde à vue vendredi, puis déféré au parquet samedi matin. On aurait préféré qu'il ne passe pas la nuit au poste quand on connait l'état des cellules des commissariats, mais soit, admettons qu'il n'ait pas été possible de faire autrement. Tout cela, nous pouvons l'accepter.

Là où ça va beaucoup moins, c'est quand on apprend que le garçon a été placé en détention provisoire, dans un établissement pénitentiaire.
Il faut quand-même rappeler ce qu'est la détention provisoire : c'est une détention avant jugement, qui ne doit être employée que lorsque réellement, il est impossible de faire autrement.

Et c'est un peu ce que nous explique Monsieur le Procureur de la République, Monsieur Michel Valet, qui, avec des larmes de crocodile, nous explique, osons le dire, hypocritement, que "C'est une décision particulièrement difficile à prendre, compte-tenu de l'âge" [de l'enfant].

Si la décision était si difficile à prendre, pourquoi l'avoir prise, Monsieur le Procureur ?

Qu'il n'était pas possible de renvoyer ce garçon chez lui, comme si de rien n'était, je veux bien en convenir. Mais l'Ordonnance de 1945 donne largement d'autres possibilités intermédiaires, entre la prison et la maison.
Centres Educatifs Fermés, Centre Educatifs Renforcés, Centres Immédiats de Placement, foyers pour délinquants, pour enfants en difficultés.... les alternatives à la prison ne manquent pas en ce qui concerne les mineurs ! J'en ai cité cinq et la liste n'est probablement pas encore exhaustive. Mais c'est sûr qu'incarcérer, c'est plus facile (un papier à signer et hop c'est fait, quelle que soit la situation de la prison) que de se fatiguer à chercher une place libre dans un des nombreux lieux de placement quelque part dans la région.

Pourquoi la prison ?

Et le procureur de nous expliquer... Nous expliquer qu'un "certain nombre de paramètres sont intervenus". Parmi lesquels la gravité des faits et l'âge du mineur.

Alors moi je veux bien, mais là faudra qu'on m'explique ces deux points. La gravité des faits ? On en est déjà au jugement ? Je croyais qu'il venait seulement d'être présenté au parquet... l'instruction est déjà finie ? Non bien-sûr ! Elle n'a même pas encore commencé. Comment peut-on parler des "faits" qui n'ont pas encore été mis en lumière, et comment peut-on en parler comme s'il s'agissait d'une "punition méritée vu les actes", alors que sa punition ne sera décidée qu'au procès, dans plusieurs mois, voire plusieurs années ?

Quant à l'âge, on frise le n'importe quoi... Si l'âge a fait partie des critères expliquant la mise en détention, et sachant que 13 ans est l'âge strictement minimum pour incarcérer un mineur, c'est que la jeunesse est pour Monsieur le Procureur une circonstance... aggravante ! Pour Michel Valet, plus on est jeune, plus on doit aller en prison !!

On zappera, au passage, les propos totalement hypocrites du Procureur sur les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs qui, à l'en croire, sont quasiment des internats du bonheur... des internats du bonheur où se multiplient les suicides, quand-même, il faut dire, comme je l'ai déjà dénoncé sur ce même site.

Il faut dire que le procureur l'a chargé, le gamin, et pas qu'un peu : Tentative d'homicide volontaire. Rien que ça. Un seul coup de couteau, aucun acharnement, aucune tentative de blesser plus qu'au premier coup, un gamin jugé "immature" par le psychiatre et n'ayant pas réalisé tout de suite son geste, un gamin qui a demandé de nombreuses fois comment sa victime allait (pour un assassin immature c'est louche a priori), mais Monsieur Valet a déjà décidé que le jeune a essayé de la tuer. Il n'y a pas seulement pensé hein : il a vraiment tenté de le faire, selon le procureur.
Il aurait pu retenir violence avec armes sur personne dépositaire de l'autorité publique, ce qui aurait été vachement plus crédible... seulement là, le mineur risquait 2 ans et demi ferme au lieu de 15 ans, ce qui empêchait de le placer en détention provisoire.

Alors, comme d'habitude et comme je l'ai déjà dénoncé l'été dernier à l'occasion du drame survenu en Corse, on charge la mule, avec des qualifications qui ne tiennent pas la route, juste pour pouvoir incarcérer avant le procès.

Vouloir à tout prix punir de prison, quand ce n'est pas strictement indispensable à la société, c'est vouloir à tout prix une punition violente, c'est vouloir faire souffrir. Vouloir faire mal, cela s'appelle du sadisme.

Et le pire, c'est de le faire avec des faux scrupules, devant les caméras, prétendre que la décision a été affreusement difficile à prendre, alors que tout a été fait pour incarcérer ce gamin et sur des bases juridiques largement contestables, avec en plus des arguments, passez moi l'expression, à la mords-moi-le-noeud !

Oh il n'y restera pas longtemps, en prison. Même le procureur le laisse entendre. Juste assez pour qu'on imprime, bien profondément en lui, un traumatisme d'une rare violence.
Je ne voulais pas vous refaire le couplet de cette justice qui pourtant n'est pas avare de reproches moralisateurs à certains types de délinquants concernant le traumatisme qu'ils font subir aux enfants, mais quand-même... Que n'aurait pas dit Monsieur Valet s'il avait eu entre ses mains un affreux pervers qui avait eu un rapport sexuel parfaitement consenti avec ce jeune garçon ! Pour sûr, il l'aurait placé immédiatement en détention, en argument du traumatisme horrible subi par ce garçon, et de la montagne de douleur qui l'accompagnera pour le restant de ses jours.
Parce que sa décision de foutre ce môme en taule n'est pas traumatisante pour celui-ci, elle, peut-être ? Parce qu'il n'y aura pas de "montagnes de douleurs" pour ce gamin lors de son séjour en prison, peut-être ? Et quand on connait la faune des EPM en plus... il y a de quoi être inquiet pour ce gamin.
C'est d'ailleurs assez simple : il va se faire bouffer ! Tout cru. Autant la prison est un milieu violent chez les adultes, autant chez les mineurs, c'est même plus violent : c'est pire que la jungle. C'est un milieu absolument horrible où les violences physiques se mêlent aux violences psychiques, où le caïdat est roi, et où le petit gabarit timide du genre de ce garçon sont tout en bas de l'échelle et méritent à peine de survivre.

Et ça, Monsieur le Procureur ne l'ignore pas ! Il ne peut pas l'ignorer, pas dans sa position, pas si près du milieu carcéral. Ou alors il doit démissionner car ne pas savoir cela serait preuve d'incompétence.

La morale de l'histoire ? Il n'y en a pas. Mais je peux quand-même vous raconter la fin probable :

Monsieur Valet a été courageux en embastillant un gamin de treize ans, il sera peut-être même promu, de son côté la populace qui criait "vengeance !" et "à mort le jeune !" sera heureuse et soulagée, Sarkozy revêtant son plus beau costume de Ministre de l'Intérieur va aller de sa petite litanie sur ces hordes de jeunes voyous et sur l'importance d'avoir des mesures sans failles à leur égard, bref, tout le monde sera content, et ce sera la liesse.

Pendant ce temps, ce gamin aura servi de pute et de défouloir à tous les caïds de sa prison, il y aura subi la violence, il y aura souffert le martyr, il y aura appris la haine viscérale de la société, il sortira avec la rage au ventre, et il aura aussi peut-être appris auprès de certains caïds comment se procurer une arme à feu, cette fois, s'il est tenté de récidiver, histoire de faire bien plus de dégâts qu'avec un simple couteau.

Mais la société est contente. La foule a eu la tête de ce gosse, elle a eu ce qu'elle voulait.

Et nous n'aurons rien réglé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pauvre procureur ! Un grand pacifiste, il aurait vraiment aimé faire autrement !</p>
<p>Vous ne voyez pas de quoi je parle ? Je rappelle les faits : Le 15 Mai, à Fenouillet, près de Toulouse, un collégien du Collège François Mitterrand agresse au couteau une professeur de mathématiques.</p>
<p>On pourrait croire à une affaire de &laquo;&nbsp;cités&nbsp;&raquo;, où un grand dadais de 17 ans ultra-violent agresse une enseignante, seulement Fenouillet est une ville de 5000 habitants, et le collégien est un petit gabarit, âgé de 13 ans et, loin de la racaille, est un élève timide et sans histoires jusqu&#8217;alors, un élève jamais signalé comme violent. Il était bien entendu inconnu des forces de police &#8211; comme du rectorat.</p>
<p>L&#8217;agression, au couteau, aurait pour origine une punition donnée pour un devoir non-rendu et l&#8217;élève, apparemment dans un échec scolaire qu&#8217;il avait du mal à vivre, aurait eu comme un coup de folie.</p>
<p>Même si on est plus dans le coup de folie du gamin sans histoire que dans l&#8217;ultra-violence habituelle d&#8217;un caïd incontrôlable, le fait est grave, et mérite sans aucun doute d&#8217;être traite à un niveau judiciaire et pénal. Il a donc été placé en garde à vue vendredi, puis déféré au parquet samedi matin. On aurait préféré qu&#8217;il ne passe pas la nuit au poste quand on connait l&#8217;état des cellules des commissariats, mais soit, admettons qu&#8217;il n&#8217;ait pas été possible de faire autrement. Tout cela, nous pouvons l&#8217;accepter.</p>
<p>Là où ça va beaucoup moins, c&#8217;est quand on apprend que le garçon a été placé en détention provisoire, dans un établissement pénitentiaire.<br />
Il faut quand-même rappeler ce qu&#8217;est la détention provisoire : c&#8217;est une détention <strong>avant</strong> jugement, qui ne doit être employée que lorsque réellement, il est impossible de faire autrement.</p>
<p>Et c&#8217;est un peu ce que nous explique Monsieur le Procureur de la République, Monsieur Michel Valet, qui, avec des larmes de crocodile, nous explique, osons le dire, hypocritement, que &laquo;&nbsp;<span style="font-style: italic;">C&#8217;est une décision particulièrement difficile à prendre, compte-tenu de l&#8217;âge&nbsp;&raquo;</span> [de l'enfant].</p>
<p>Si la décision était si difficile à prendre, pourquoi l&#8217;avoir prise, Monsieur le Procureur ?</p>
<p>Qu&#8217;il n&#8217;était pas possible de renvoyer ce garçon chez lui, comme si de rien n&#8217;était, je veux bien en convenir. Mais l&#8217;Ordonnance de 1945 donne largement d&#8217;autres possibilités intermédiaires, entre la prison et la maison.<br />
Centres Educatifs Fermés, Centre Educatifs Renforcés, Centres Immédiats de Placement, foyers pour délinquants, pour enfants en difficultés&#8230;. les alternatives à la prison ne manquent pas en ce qui concerne les mineurs ! J&#8217;en ai cité cinq et la liste n&#8217;est probablement pas encore exhaustive. Mais c&#8217;est sûr qu&#8217;incarcérer, c&#8217;est plus facile (un papier à signer et hop c&#8217;est fait, quelle que soit la situation de la prison) que de se fatiguer à chercher une place libre dans un des nombreux lieux de placement quelque part dans la région.</p>
<p>Pourquoi la prison ?</p>
<p>Et le procureur de nous expliquer&#8230; Nous expliquer qu&#8217;un  &laquo;&nbsp;certain nombre de paramètres sont intervenus&nbsp;&raquo;. Parmi lesquels la gravité des faits et l&#8217;âge du mineur.</p>
<p>Alors moi je veux bien, mais là faudra qu&#8217;on m&#8217;explique ces deux points. La gravité des faits ? On en est déjà au jugement ? Je croyais qu&#8217;il venait seulement d&#8217;être présenté au parquet&#8230; l&#8217;instruction est déjà finie ? Non bien-sûr ! Elle n&#8217;a même pas encore commencé. Comment peut-on parler des &laquo;&nbsp;faits&nbsp;&raquo; qui n&#8217;ont pas encore été mis en lumière, et comment peut-on en parler comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une &laquo;&nbsp;punition méritée vu les actes&nbsp;&raquo;, alors que sa punition ne sera décidée qu&#8217;au procès, dans plusieurs mois, voire plusieurs années ?</p>
<p>Quant à l&#8217;âge, on frise le n&#8217;importe quoi&#8230; Si l&#8217;âge a fait partie des critères expliquant la mise en détention, et sachant que 13 ans est l&#8217;âge strictement minimum pour incarcérer un mineur, c&#8217;est que la jeunesse est pour Monsieur le Procureur une circonstance&#8230; aggravante ! Pour Michel Valet, plus on est jeune, plus on doit aller en prison !!</p>
<p>On zappera, au passage, les propos totalement hypocrites du Procureur sur les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs qui, à l&#8217;en croire, sont quasiment des internats du bonheur&#8230; des internats du bonheur où se multiplient les suicides, quand-même, il faut dire, comme je l&#8217;ai déjà dénoncé sur ce même site.</p>
<p>Il faut dire que le procureur l&#8217;a chargé, le gamin, et pas qu&#8217;un peu : Tentative d&#8217;homicide volontaire. Rien que ça. Un seul coup de couteau, aucun acharnement, aucune tentative de blesser plus qu&#8217;au premier coup, un gamin jugé &laquo;&nbsp;immature&nbsp;&raquo; par le psychiatre et n&#8217;ayant pas réalisé tout de suite son geste, un gamin qui a demandé de nombreuses fois comment sa victime allait (pour un assassin immature c&#8217;est louche a priori), mais Monsieur Valet a déjà décidé que le jeune a essayé de la tuer. Il n&#8217;y a pas seulement pensé hein : il a vraiment tenté de le faire, selon le procureur.<br />
Il aurait pu retenir violence avec armes sur personne dépositaire de l&#8217;autorité publique, ce qui aurait été vachement plus crédible&#8230; seulement là, le mineur risquait 2 ans et demi ferme au lieu de 15 ans, ce qui empêchait de le placer en détention provisoire.</p>
<p>Alors, comme d&#8217;habitude et comme je l&#8217;ai déjà dénoncé l&#8217;été dernier à l&#8217;occasion du drame survenu en Corse, on charge la mule, avec des qualifications qui ne tiennent pas la route, juste pour pouvoir incarcérer avant le procès.</p>
<p>Vouloir à tout prix punir de prison, quand ce n&#8217;est pas strictement indispensable à la société, c&#8217;est vouloir à tout prix une punition violente, c&#8217;est vouloir faire souffrir. Vouloir faire mal, cela s&#8217;appelle du sadisme.</p>
<p>Et le pire, c&#8217;est de le faire avec des faux scrupules, devant les caméras, prétendre que la décision a été affreusement difficile à prendre, alors que tout a été fait pour incarcérer ce gamin et sur des bases juridiques largement contestables, avec en plus des arguments, passez moi l&#8217;expression, à la mords-moi-le-noeud !</p>
<p>Oh il n&#8217;y restera pas longtemps, en prison. Même le procureur le laisse entendre. Juste assez pour qu&#8217;on imprime, bien profondément en lui, un traumatisme d&#8217;une rare violence.<br />
Je ne voulais pas vous refaire le couplet de cette justice qui pourtant n&#8217;est pas avare de reproches moralisateurs à certains types de délinquants concernant le traumatisme qu&#8217;ils font subir aux enfants, mais quand-même&#8230; Que n&#8217;aurait pas dit Monsieur Valet s&#8217;il avait eu entre ses mains un affreux pervers qui avait eu un rapport sexuel parfaitement consenti avec ce jeune garçon ! Pour sûr, il l&#8217;aurait placé immédiatement en détention, en argument du traumatisme horrible subi par ce garçon, et de la montagne de douleur qui l&#8217;accompagnera pour le restant de ses jours.<br />
Parce que sa décision de foutre ce môme en taule n&#8217;est pas traumatisante pour celui-ci, elle, peut-être ? Parce qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de &laquo;&nbsp;montagnes de douleurs&nbsp;&raquo; pour ce gamin lors de son séjour en prison, peut-être ? Et quand on connait la faune des EPM en plus&#8230; il y a de quoi être inquiet pour ce gamin.<br />
C&#8217;est d&#8217;ailleurs assez simple : il va se faire bouffer ! Tout cru. Autant la prison est un milieu violent chez les adultes, autant chez les mineurs, c&#8217;est même plus violent : c&#8217;est pire que la jungle. C&#8217;est un milieu absolument horrible où les violences physiques se mêlent aux violences psychiques, où le caïdat est roi, et où le petit gabarit timide du genre de ce garçon sont tout en bas de l&#8217;échelle et méritent à peine de survivre.</p>
<p>Et ça, Monsieur le Procureur ne l&#8217;ignore pas ! Il ne peut pas l&#8217;ignorer, pas dans sa position, pas si près du milieu carcéral. Ou alors il doit démissionner car ne pas savoir cela serait preuve d&#8217;incompétence.</p>
<p>La morale de l&#8217;histoire ? Il n&#8217;y en a pas. Mais je peux quand-même vous raconter la fin probable :</p>
<p>Monsieur Valet a été courageux en embastillant un gamin de treize ans, il sera peut-être même promu, de son côté la populace qui criait &laquo;&nbsp;vengeance !&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;à mort le jeune !&nbsp;&raquo; sera heureuse et soulagée, Sarkozy revêtant son plus beau costume de Ministre de l&#8217;Intérieur va aller de sa petite litanie sur ces hordes de jeunes voyous et sur l&#8217;importance d&#8217;avoir des mesures sans failles à leur égard, bref, tout le monde sera content, et ce sera la liesse.</p>
<p>Pendant ce temps, ce gamin aura servi de pute et de défouloir à tous les caïds de sa prison, il y aura subi la violence, il y aura souffert le martyr, il y aura appris la haine viscérale de la société, il sortira avec la rage au ventre, et il aura aussi peut-être appris auprès de certains caïds comment se procurer une arme à feu, cette fois, s&#8217;il est tenté de récidiver, histoire de faire bien plus de dégâts qu&#8217;avec un simple couteau.</p>
<p>Mais la société est contente. La foule a eu la tête de ce gosse, elle a eu ce qu&#8217;elle voulait.</p>
<p>Et nous n&#8217;aurons rien réglé.</p>
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		<title>Les lycéens sont déprimés, suicidaires, stressés, mais tout va très bien</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/les-lyceens-sont-deprimes-suicidaires-stresses.html</link>
		<comments>http://www.et-pourtant.org/actualites/les-lyceens-sont-deprimes-suicidaires-stresses.html#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 May 2009 03:29:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
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		<description><![CDATA["Tout va très bien, Madame la Marquise", nous dit-on inlassablement.

Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.

Voilà, en tout cas, un discours qu'on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu'ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d'une grande facilité, et des profs laxiste au possible.

Le problème, c'est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l'épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l'Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s'intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.

Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l'on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?

Réponse courte : Mal !

Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont "nerveux". Il paraît pourtant que l'école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline... Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d'épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d'années et qui n'ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.

On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n'y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu'éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d'une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n'en est pas terminée pour autant. L'avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c'est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d'heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d'adultes, mais d'adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n'importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l'aise dans ces conditions porte un nom : cela s'appelle le surmenage. Et c'est un motif d'arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.

Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.

Mais l'étude ne s'arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n'est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d'ergonomie, question qui à ma connaissance n'a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.

Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d'un tiers ! A cela s'ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d'un sur dix !
Et l'addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.

Plus d'un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime... avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu'on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d'un lycéen est un long fleuve tranquille...

Le problème, c'est qu'à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d'elle-même, qu'elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s'en fout.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Tout va très bien, Madame la Marquise&nbsp;&raquo;, nous dit-on inlassablement.</p>
<p>Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.</p>
<p>Voilà, en tout cas, un discours qu&#8217;on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu&#8217;ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d&#8217;une grande facilité, et des profs laxiste au possible.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l&#8217;épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l&#8217;Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s&#8217;intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.</p>
<p>Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l&#8217;on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?</p>
<p>Réponse courte : Mal !</p>
<p>Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont &laquo;&nbsp;nerveux&nbsp;&raquo;. Il paraît pourtant que l&#8217;école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline&#8230; Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d&#8217;épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d&#8217;années et qui n&#8217;ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.</p>
<p>On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n&#8217;y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu&#8217;éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d&#8217;une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n&#8217;en est pas terminée pour autant. L&#8217;avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c&#8217;est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d&#8217;heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d&#8217;adultes, mais d&#8217;adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n&#8217;importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l&#8217;aise dans ces conditions porte un nom : cela s&#8217;appelle le surmenage. Et c&#8217;est un motif d&#8217;arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.</p>
<p>Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.</p>
<p>Mais l&#8217;étude ne s&#8217;arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n&#8217;est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d&#8217;ergonomie, question qui à ma connaissance n&#8217;a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.</p>
<p>Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d&#8217;un tiers ! A cela s&#8217;ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d&#8217;un sur dix !<br />
Et l&#8217;addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.</p>
<p>Plus d&#8217;un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime&#8230; avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu&#8217;on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d&#8217;un lycéen est un long fleuve tranquille&#8230;</p>
<p>Le problème, c&#8217;est qu&#8217;à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d&#8217;elle-même, qu&#8217;elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s&#8217;en fout.</p>
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		<item>
		<title>Prison de Fleury-Mérogis &#8211; Et les mineurs aussi&#8230;</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/prison-de-fleury-merogis-et-les-mineurs-aussi.html</link>
		<comments>http://www.et-pourtant.org/actualites/prison-de-fleury-merogis-et-les-mineurs-aussi.html#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2008 01:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<description><![CDATA[Des détenus ont réussi à faire entrer illégalement une mini-caméra dans la prison de Fleury-Mérogis. Il s'agit d'une Maison d'Arrêt, qui accueille donc les courtes peines et les gens en détention provisoire, coupables ou pas. Comme vous allez le voir, "accueillir" est un bien grand mot pour parler de ce lieu dont on a du mal à ne pas trouver un air de ressemblance avec Abou Ghraïb. Je vous laisse seul juge...

[Vidéo Dailymotion]
http://www.dailymotion.com/relevance/search/d-mon/video/x7rk12_la-prison-de-fleurymrogis-filme-par_news

<div><object width="420" height="339"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12">La prison de Fleury-Mérogis filmée par des détenus</a></b><br /><i>par <a href="http://www.dailymotion.com/lemondefr">lemondefr</a></i></div>

La prison de Fleury-Mérogis filmée par des détenus
par lemondefr
Oui, ça, c'est la France, pays des droits de l'homme (qu'ils disent, sans rire). Mais ce que vous n'entendez pas, dans ces vidéos, ce sont les cris des mineurs. Car la Maison d'Arrêt de Fleury-Mérogis dispose bel et bien d'un quartier mineur, comme je vous en avais parlé dans un article précédent. Voilà, donc, où la justice, place des enfants de 13 ans - bientôt 12 si les propositions du rapport Varinard sont adoptées.
C'est que, la justice est toujours prompte à donner de belles leçons aux adultes qu'elle reçoit pour des faits d'atteinte sexuelle, par exemple. Ca, quand un homme a fait des galipettes avec une gamine ou un gamin de 13 ans, fut-il parfaitement consentant, la justice est prompte à donner des leçons sur le "traumatisme" infligé aux "victimes", et sur la gravité de l'acte "car ils en porteront les séquelles toute leur vie".
Mais cette même justice envoie des mômes de 13 ans sans état d'âme dans cet endroit, comme s'il n'était pas traumatisant, comme s'il ne laissait pas des séquelles à vie. Nous n'entendons pas dans cette vidéo les cris des mineurs de 13 ans (bientôt 12). Et c'est tant mieux, parce qu'à cet âge, tous n'ont pas mué. Et dans un endroit pareil, le cri perçant de la voix d'un garçon qui n'a pas mué, il y a de quoi glacer le sang...
Pourtant disons-le sans détour : quiconque fait subir cela à un enfant de 13 ans, ou quiconque se réjouit simplement du fait que des enfants de 13 ans s'y trouvent, avec l'horreur et le traumatisme que cela suppose, n'a pas une once d'humanité supplémentaire, et ne vaut pas plus qu'un vulgaire Marc Dutroux. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Des détenus ont réussi à faire entrer illégalement une mini-caméra dans la prison de Fleury-Mérogis. Il s&#8217;agit d&#8217;une Maison d&#8217;Arrêt, qui accueille donc les courtes peines et les gens en détention provisoire, coupables ou pas. Comme vous allez le voir, &laquo;&nbsp;accueillir&nbsp;&raquo; est un bien grand mot pour parler de ce lieu dont on a du mal à ne pas trouver un air de ressemblance avec Abou Ghraïb. Je vous laisse seul juge&#8230;</p>
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<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="420" height="339" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" src="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x7rk12">La prison de Fleury-Mérogis filmée par des détenus</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/lemondefr">lemondefr</a></em></div>
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<p>Oui, ça, c&#8217;est la France, pays des droits de l&#8217;homme (qu&#8217;ils disent, sans rire). Mais ce que vous n&#8217;entendez pas, dans ces vidéos, ce sont les cris des mineurs. Car la Maison d&#8217;Arrêt de Fleury-Mérogis dispose bel et bien d&#8217;un quartier mineur, comme je vous en avais parlé dans un article précédent. Voilà, donc, où la justice, place des enfants de 13 ans &#8211; bientôt 12 si les propositions du rapport Varinard sont adoptées.</p>
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<p>C&#8217;est que, la justice est toujours prompte à donner de belles leçons aux adultes qu&#8217;elle reçoit pour des faits d&#8217;atteinte sexuelle, par exemple. Ca, quand un homme a fait des galipettes avec une gamine ou un gamin de 13 ans, fut-il parfaitement consentant, la justice est prompte à donner des leçons sur le &laquo;&nbsp;traumatisme&nbsp;&raquo; infligé aux &laquo;&nbsp;victimes&nbsp;&raquo;, et sur la gravité de l&#8217;acte &laquo;&nbsp;car ils en porteront les séquelles toute leur vie&nbsp;&raquo;.</p>
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<p>Mais cette même justice envoie des mômes de 13 ans sans état d&#8217;âme dans cet endroit, comme s&#8217;il n&#8217;était pas traumatisant, comme s&#8217;il ne laissait pas des séquelles à vie. Nous n&#8217;entendons pas dans cette vidéo les cris des mineurs de 13 ans (bientôt 12). Et c&#8217;est tant mieux, parce qu&#8217;à cet âge, tous n&#8217;ont pas mué. Et dans un endroit pareil, le cri perçant de la voix d&#8217;un garçon qui n&#8217;a pas mué, il y a de quoi glacer le sang&#8230;</p>
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<p>Pourtant disons-le sans détour : quiconque fait subir cela à un enfant de 13 ans, ou quiconque se réjouit simplement du fait que des enfants de 13 ans s&#8217;y trouvent, avec l&#8217;horreur et le traumatisme que cela suppose, n&#8217;a pas une once d&#8217;humanité supplémentaire, et ne vaut pas plus qu&#8217;un vulgaire Marc Dutroux.</p>
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		<title>Suicide de mineurs en prison : qui sont les pires criminels ?</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/suicide-de-mineurs-en-prison-qui-sont-les-pires-criminels.html</link>
		<comments>http://www.et-pourtant.org/actualites/suicide-de-mineurs-en-prison-qui-sont-les-pires-criminels.html#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 13:43:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si vous avez suivi un peu l'actualité, vous avez dû en entendre parler : un jeune garçon de 16 ans, Nabil L., est décédé Lundi 6 Octobre 2008 à la Maison d'Arrêt de Metz-Queuleu, présentée comme modèle mais suroccupée à 113,2% : il s'est pendu. Hier, le Jeudi 9 Octobre, à Strasbourg, c'était Nordine qui tentait de mettre fin à ses jours : il serait encore entre la vie et la mort.

Ce n'est à vrai dire pas vraiment la première tentative de suicide de mineur incarcéré. Rien qu'à la maison de Metz-Queuleu, l'Administration Pénitentiaire avait pris soin de passer sous silence plusieurs tentatives de suicides qui heureusement, s'étaient soldés par un sauvetage in-extremis des jeunes concernés. Affaires étouffées, elles ont bien dû ressortir lorsque Nabil est décédé. Acculée, l'Administration Pénitentiaire est loin de faire profil bas : sa lâcheté la dispute à son cynisme le plus glacial : qualifiant le fait que des enfants tentent de mettre fin à leurs jours de "petit jeu", elle accuse ces jeunes de s'être entre-provoqués au faux suicide dans le but d'obtenir des avantages : ce serait notamment le cas de Nordine et de Nabil.

Nabil n'est plus là pour protester contre ces propos scandaleux. Nordine, lui, l'a fait : soumis à un transfèrement disciplinaire vers Strasbourg, il a malheureusement dû prouver qu'il ne faisait pas semblant : il a commis une deuxième tentative de suicide qui pourrait bien se solder par sa mort. Par la faute de l'excellent travail de sape de l'Administration Pénitentiaire, qui fait là la preuve de son absence totale de clairvoyance sur les faits, et qui aura des comptes à rendre aux citoyens pour avoir accusé à mots à peine couverts les jeunes Nordine et Nabil d'avoir fait du cinéma. Non messieurs, ce n'était pas du cinéma ! La preuve.

Mais l'Administration Pénitentiaire n'est pas la seule à avoir des comptes à rendre. D'autant que ce n'est pas seulement de plusieurs tentatives de suicides dont il s'agit : Il y eut le suicide de Julien Khazzar, dans le premier Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) : je vous en avais parlé à l'époque. Et j'avais prévenu : cela n'a rien de surprenant, cela continuera. Et en effet, cela a continué.

Car l'Administration Pénitentiaire, malgré son cynisme déplacé, est loin d'être la principale responsable de ce suicide : Les principaux responsables, ce sont nous, membre de la société. Et plus spécifiquement, le législateur et les ministres successifs de la justice, dont Rachida Dati, qui permettent ces incarcérations, et les magistrats et juges, qui les prononcent. Ceux-là sont, je l'ai déjà dit et je le répète, directement responsables de cette mort : ils ont tué.

Nabil, lui, n'avait tué personne : il était un délinquant d'habitude, certes. Condamné pour trafic de stupéfiant et conduite sans permis, ce n'était certes probablement pas un sain. Mais il n'avait tué personne, lui. Et sa conduite sans permis est à replacer dans le contexte des centaines de milliers de "bons pères de familles" qui prennent le volant avec un ou plusieurs verres de trop, et qui parfois déciment une famille entière. Ceux-là, quand on leur fait souffler dans le ballon, écopent d'une simple amende. Tout comme les people pris en flagrant délit de consommation de cocaïne.

Ceux qui sont responsables de ce suicide, eux, ont tué. Il n'est pas possible de dire qu'un mineur est responsable de son propre suicide, surtout lorsqu'il a été confié aux mains de l'Etat. Si un mineur était responsable de lui-même, il serait majeur, tout simplement. Et si ce n'est pas lui qui est responsable, alors c'est nous. Et ce sont en particulier ceux qui ont pris des décisions dans cette affaire. Celle de l'incarcérer en particulier. On a beau jeu dire qu'il n'était pas suicidaire : il l'était, et j'en veux pour preuve le fait... qu'il s'est suicidé.

Il n'avait pas tué. Eux si. Le juge qui l'a fait incarcérer, si. Rachida Dati, si. Le législateur, si. Ils ont tué un mineur, peut-être deux. Alors qui sont les pires criminels ? Qui les jugera, eux, pour le suicide de cet adolescent qu'ILS ont causé ?

A l'heure où Rachida Dati s'apprête, selon le Figaro, à annoncer une baisse de l'âge minimum d'incarcération à 12 ans, la question mérite d'être posée, et certaines vérités méritent d'être rappellées : Cela n'est pas un jeu ! Incarcérer un enfant, ce n'est pas un jeu ! Il ne s'agit plus de faire de l'idéologie, de la provocation, ou du populisme, dès lors qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort pour des enfants. La prison tue ! S'il fallait encore des preuves pour convaincre les sceptiques, en voilà une. La prison tue des mineurs !

Il faut se le rappeler à chaque fois qu'on envisage d'incarcérer un mineur : il pourra en mourir. Et qu'on ne vienne pas me dire que seuls les pires mineurs criminels vont en prison. Car c'est faux. Cet été, c'était deux enfants corses de 13 et 14 ans inconnus des services de police qui étaient incarcérés pour un accident tragique survenu lors d'un jeu très con (à 13 ans, on est con : qui en doutait ?). Le juge et le procureur, qui espéraient ainsi se faire bien voir de l'opinion publique, avaient apparemment oublié la gravité de leur choix car on sait que quand ils ont été finalement libérés, les deux enfants n'allaient "pas bien du tout" : la mort de Nabil doit agir comme une piqure de rappel sur chaque personne tentée par l'acharnement judiciaire sur des enfants.

Alors, faut-il incarcérer des enfants de 12 ans ? Chacun doit répondre en conscience, mais avec la mort de Nabil à l'esprit : la prison tue, on le sait, et on en est responsable. Être favorable à l'incarcération d'enfants de douze ans, c'est être favorable à ce que des enfants de 12 ans meurent de souffrance ! Dire "je veux voir des mineurs de 12 ans être incarcérés", c'est dire "je veux voir des enfants de 12 ans mourir" : c'est une position.
Mais chaque personne qui la porte devra l'assumer jusqu'au bout et sans faux-semblants le jour venu : ces gens là auront commis un meurtre sur un enfant de douze ans. Nabil, lui, n'avait jamais rien fait de tel.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous avez suivi un peu l&#8217;actualité, vous avez dû en entendre parler : un jeune garçon de 16 ans, Nabil L., est décédé Lundi 6 Octobre 2008 à la Maison d&#8217;Arrêt de Metz-Queuleu, présentée comme modèle mais suroccupée à 113,2% : il s&#8217;est pendu. Hier, le Jeudi 9 Octobre, à Strasbourg, c&#8217;était Nordine qui tentait de mettre fin à ses jours : il serait encore entre la vie et la mort.</p>
<p>Ce n&#8217;est à vrai dire pas vraiment la première tentative de suicide de mineur incarcéré. Rien qu&#8217;à la maison de Metz-Queuleu, l&#8217;Administration Pénitentiaire avait pris soin de passer sous silence plusieurs tentatives de suicides qui heureusement, s&#8217;étaient soldés par un sauvetage in-extremis des jeunes concernés. Affaires étouffées, elles ont bien dû ressortir lorsque Nabil est décédé. Acculée, l&#8217;Administration Pénitentiaire est loin de faire profil bas : sa lâcheté la dispute à son cynisme le plus glacial : qualifiant le fait que des enfants tentent de mettre fin à leurs jours de &laquo;&nbsp;petit jeu&nbsp;&raquo;, elle accuse ces jeunes de s&#8217;être entre-provoqués au faux suicide dans le but d&#8217;obtenir des avantages : ce serait notamment le cas de Nordine et de Nabil.</p>
<p>Nabil n&#8217;est plus là pour protester contre ces propos scandaleux. Nordine, lui, l&#8217;a fait : soumis à un transfèrement disciplinaire vers Strasbourg, il a malheureusement dû prouver qu&#8217;il ne faisait pas semblant : il a commis une deuxième tentative de suicide qui pourrait bien se solder par sa mort. Par la faute de l&#8217;excellent travail de sape de l&#8217;Administration Pénitentiaire, qui fait là la preuve de son absence totale de clairvoyance sur les faits, et qui aura des comptes à rendre aux citoyens pour avoir accusé à mots à peine couverts les jeunes Nordine et Nabil d&#8217;avoir fait du cinéma. Non messieurs, ce n&#8217;était pas du cinéma ! La preuve.</p>
<p>Mais l&#8217;Administration Pénitentiaire n&#8217;est pas la seule à avoir des comptes à rendre. D&#8217;autant que ce n&#8217;est pas seulement de plusieurs tentatives de suicides dont il s&#8217;agit : Il y eut le suicide de Julien Khazzar, dans le premier Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) : <a href="http://www.et-pourtant.org/actualites/un-mineur-se-suicide-en-prison-la-faute-a-pas-de-chance.html">je vous en avais parlé à l&#8217;époque</a>. Et j&#8217;avais prévenu : cela n&#8217;a rien de surprenant, cela continuera. Et en effet, cela a continué.</p>
<p>Car l&#8217;Administration Pénitentiaire, malgré son cynisme déplacé, est loin d&#8217;être la principale responsable de ce suicide : Les principaux responsables, ce sont nous, membre de la société. Et plus spécifiquement, le législateur et les ministres successifs de la justice, dont Rachida Dati, qui permettent ces incarcérations, et les magistrats et juges, qui les prononcent. Ceux-là sont, je l&#8217;ai déjà dit et je le répète, directement responsables de cette mort : ils ont tué.</p>
<p>Nabil, lui, n&#8217;avait tué personne : il était un délinquant d&#8217;habitude, certes. Condamné pour trafic de stupéfiant et conduite sans permis, ce n&#8217;était certes probablement pas un sain. Mais il n&#8217;avait tué personne, lui. Et sa conduite sans permis est à replacer dans le contexte des centaines de milliers de &laquo;&nbsp;bons pères de familles&nbsp;&raquo; qui prennent le volant avec un ou plusieurs verres de trop, et qui parfois déciment une famille entière. Ceux-là, quand on leur fait souffler dans le ballon, écopent d&#8217;une simple amende. Tout comme les people pris en flagrant délit de consommation de cocaïne.</p>
<p>Ceux qui sont responsables de ce suicide, eux, ont tué.  Il n&#8217;est pas possible de dire qu&#8217;un mineur est responsable de son propre suicide, surtout lorsqu&#8217;il a été confié aux mains de l&#8217;Etat. Si un mineur était responsable de lui-même, il serait majeur, tout simplement. Et si ce n&#8217;est pas lui qui est responsable, alors c&#8217;est nous.  Et ce sont en particulier ceux qui ont pris des décisions dans cette affaire. Celle de l&#8217;incarcérer en particulier. On a beau jeu dire qu&#8217;il n&#8217;était pas suicidaire : il l&#8217;était, et j&#8217;en veux pour preuve le fait&#8230; qu&#8217;il s&#8217;est suicidé.</p>
<p>Il n&#8217;avait pas tué. Eux si. Le juge qui l&#8217;a fait incarcérer, si. Rachida Dati, si. Le législateur, si. Ils ont tué un mineur, peut-être deux. Alors qui sont les pires criminels ? Qui les jugera, eux, pour le suicide de cet adolescent qu&#8217;ILS ont causé ?</p>
<p>A l&#8217;heure où Rachida Dati s&#8217;apprête, selon le Figaro, à annoncer une baisse de l&#8217;âge minimum d&#8217;incarcération à 12 ans (à ne pas confondre avec l&#8217;âge de responsabilité pénale), la question mérite d&#8217;être posée, et certaines vérités méritent d&#8217;être rappellées : Cela n&#8217;est pas un jeu ! Incarcérer un enfant, ce n&#8217;est pas un jeu ! Il ne s&#8217;agit plus de faire de l&#8217;idéologie, de la provocation, ou du populisme, dès lors qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une question de vie ou de mort pour des enfants. La prison tue ! S&#8217;il fallait encore des preuves pour convaincre les sceptiques, en voilà une. La prison tue des mineurs !</p>
<p>Il faut se le rappeler à chaque fois qu&#8217;on envisage d&#8217;incarcérer un mineur : il pourra en mourir. Et qu&#8217;on ne vienne pas me dire que seuls les pires mineurs criminels vont en prison. Car c&#8217;est faux. Cet été, c&#8217;était deux enfants corses de 13 et 14 ans inconnus des services de police qui étaient incarcérés pour un accident tragique survenu lors d&#8217;un jeu très con (à 13 ans, on est con : qui en doutait ?). Le juge et le procureur, qui espéraient ainsi se faire bien voir de l&#8217;opinion publique, avaient apparemment oublié la gravité de leur choix car on sait que quand ils ont été finalement libérés, les deux enfants n&#8217;allaient &laquo;&nbsp;pas bien du tout&nbsp;&raquo; : la mort de Nabil doit agir comme une piqure de rappel sur chaque personne tentée par l&#8217;acharnement judiciaire sur des enfants.</p>
<p>Alors, faut-il incarcérer des enfants de 12 ans ? Chacun doit répondre en conscience, mais avec la mort de Nabil à l&#8217;esprit : la prison tue, on le sait, et on en est responsable. Être favorable à l&#8217;incarcération d&#8217;enfants de douze ans, c&#8217;est être favorable à ce que des enfants de 12 ans meurent de souffrance ! Dire &laquo;&nbsp;je veux voir des mineurs de 12 ans être incarcérés&nbsp;&raquo;, c&#8217;est dire &laquo;&nbsp;je veux voir des enfants de 12 ans mourir&nbsp;&raquo; : c&#8217;est une position.<br />
Mais chaque personne qui la porte devra l&#8217;assumer jusqu&#8217;au bout et sans faux-semblants le jour venu : ces gens là auront commis un meurtre sur un enfant de douze ans. Nabil, lui, n&#8217;avait jamais rien fait de tel.</p>
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		<title>Bon anniversaire !</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 15:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<description><![CDATA[La prise de la Bastille fête son anniversaire, et ce blog aussi, souffle sa toute première bougie.

Lancé le 14 Juillet 2007, Et pourtant elle tourne fête ses un an, en cette date ô combien symbolique, celle où la démocratie et les droits de l'homme sont censés avoir triomphé sur l'arbitraire. C'était en 1789. 219 ans plus tard, il reste en réalité encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la France puisse se prétendre "pays des droits de l'homme" sans que ça ne fasse hurler de rire (ou de colère) la moitié de la planète.

C'est dans ce but que ce blog fut lancé il y a un an, au 14 juillet. Rappellez-vous : dire tout haut ce qu'une minorité ose à peine penser tout bas, parce que c'est cela, la liberté d'expression. Défendre les droits de l'homme, les libertés individuelles. Défendre les enfants contre des projets de société qui ne s'en soucient pas. Parce que c'est cela, l'esprit des Lumières.

Un an d'écrits, d'actions avec la pétition de soutien au jeune Alexandre, mais aussi de débats : parfois enflammés, car beaucoup d'entre vous n'avez pas la langue dans votre poche, y compris parmi mes contradicteurs. Et c'est très bien comme cela ! Je ne veux ni d'un blog aseptisé, ni d'un blog tout entier acquis à ma cause.

Un an en demi-teinte, car la situation des droits de l'homme, des droits de l'enfants, ou des libertés individuelles n'ont guère évolué en France. Satisfecit quand-même, pour ce blog qui existe sans que personne n'aie tenté de le censurer. Ce n'est certes pas dans tous les pays que l'on peut donner son point de vue avec autant de virulence sur les projets du Ministère de l'Intérieur. L'occasion aussi de rendre hommage à l'hébergeur de ce site, la Coopérative Ouvaton (www.ouvaton.coop), qui met un point d'honneur à garantir le respect de la liberté d'expression de ses hébergés. Ils sont peut-être les derniers en France, alors ils méritent d'autant plus un hommage.

Une nouvelle année s'annonce pour ce blog, auquel j'ai bien l'intention de ne rien changer : je compte toujours donner mon point de vue, sans concession, sur tous les sujets qui me touchent et quite à être politiquement incorrect. Je compte continuer à vous laisser cette tribune que sont les commentaires, que vous partagiez mon opinion ou pas. Je compte continuer à donner les sources de chacune de mes affirmations, pour que vous sachiez, à chaque fois, que je n'invente rien, que je n'affirme rien au hasard, que je ne cède pas aux rumeurs. Bref, que ceci est un blog sérieux et éthique, et pas un simple comptoir de bistrot.

Tant que la justice française ne m'en empêchera pas, et en votre compagnie, je compte continuer à faire vivre ce lieu d'expression et de débat, pour que l'on puisse parler sans tabou de droits de l'homme, de droits de l'enfants, d'anti-anti-pédophilie, de libertés individuelles, et de démocratie, parce qu'il me semble que c'est aussi un peu pour cela, que les citoyens ont pris la Bastille un 14 Juillet 1789, et que c'est aussi un peu cela, que l'on est censé fêter chaque année par des feu d'artifices et un défilé sur les Champs-Elysées.

C'est reparti pour un an, bon anniversaire !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La prise de la Bastille fête son anniversaire, et ce blog aussi, souffle sa toute première bougie.</p>
<p>Lancé le 14 Juillet 2007, Et pourtant elle tourne fête ses un an, en cette date ô combien symbolique, celle où la démocratie et les droits de l&#8217;homme sont censés avoir triomphé sur l&#8217;arbitraire. C&#8217;était en 1789. 219 ans plus tard, il reste en réalité encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la France puisse se prétendre &laquo;&nbsp;pays des droits de l&#8217;homme&nbsp;&raquo; sans que ça ne fasse hurler de rire (ou de colère) la moitié de la planète.</p>
<p>C&#8217;est dans ce but que ce blog fut lancé il y a un an, au 14 juillet. Rappellez-vous : dire tout haut ce qu&#8217;une minorité ose à peine penser tout bas, parce que c&#8217;est cela, la liberté d&#8217;expression. Défendre les droits de l&#8217;homme, les libertés individuelles. Défendre les enfants contre des projets de société qui ne s&#8217;en soucient pas. Parce que c&#8217;est cela, l&#8217;esprit des Lumières.</p>
<p>Un an d&#8217;écrits, d&#8217;actions avec la pétition de soutien au jeune Alexandre, mais aussi de débats : parfois enflammés, car beaucoup d&#8217;entre vous n&#8217;avez pas la langue dans votre poche, y compris parmi mes contradicteurs. Et c&#8217;est très bien comme cela ! Je ne veux ni d&#8217;un blog aseptisé, ni d&#8217;un blog tout entier acquis à ma cause.</p>
<p>Un an en demi-teinte, car la situation des droits de l&#8217;homme, des droits de l&#8217;enfants, ou des libertés individuelles n&#8217;ont guère évolué en France. Satisfecit quand-même, pour ce blog qui existe sans que personne n&#8217;aie tenté de le censurer. Ce n&#8217;est certes pas dans tous les pays que l&#8217;on peut donner son point de vue avec autant de virulence sur les projets du Ministère de l&#8217;Intérieur. L&#8217;occasion aussi de rendre hommage à l&#8217;hébergeur de ce site, la <a title="Coopérative Ouvaton" href="http://www.ouvaton.coop">Coopérative Ouvaton</a>, qui met un point d&#8217;honneur à garantir le respect de la liberté d&#8217;expression de ses hébergés. Ils sont peut-être les derniers en France, alors ils méritent d&#8217;autant plus un hommage.</p>
<p>Une nouvelle année s&#8217;annonce pour ce blog, auquel j&#8217;ai bien l&#8217;intention de ne rien changer : je compte toujours donner mon point de vue, sans concession, sur tous les sujets qui me touchent et quite à être politiquement incorrect. Je compte continuer à vous laisser cette tribune que sont les commentaires, que vous partagiez mon opinion ou pas. Je compte continuer à donner les sources de chacune de mes affirmations, pour que vous sachiez, à chaque fois, que je n&#8217;invente rien, que je n&#8217;affirme rien au hasard, que je ne cède pas aux rumeurs. Bref, que ceci est un blog sérieux et éthique, et pas un simple comptoir de bistrot.</p>
<p>Tant que la justice française ne m&#8217;en empêchera pas, et en votre compagnie, je compte continuer à faire vivre ce lieu d&#8217;expression et de débat, pour que l&#8217;on puisse parler sans tabou de droits de l&#8217;homme, de droits de l&#8217;enfants, d&#8217;anti-anti-pédophilie, de libertés individuelles, et de démocratie, parce qu&#8217;il me semble que c&#8217;est aussi un peu pour cela, que les citoyens ont pris la Bastille un 14 Juillet 1789, et que c&#8217;est aussi un peu cela, que l&#8217;on est censé fêter chaque année par des feu d&#8217;artifices et un défilé sur les Champs-Elysées.</p>
<p>C&#8217;est reparti pour un an, bon anniversaire !</p>
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		<title>Soutien à Alexandre : le bilan de l&#8217;affaire Berlaimont.</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/soutien-a-alexandre-le-bilan-de-laffaire-berlaimont.html</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 12:52:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Demain, le professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, Monsieur José Laboureur - celui qui avait maltraîté Alexandre dans l'affaire Berlaimont pour ceux qui n'auraient pas suivi - sera jugé par le tribunal correctionnel d'Avesnes sur Helpe. La pression monte et l'on sait que du côté du professeur, ça bataille ferme pour faire passer ce brave monsieur (violent et alcoolique, mais il ne faut pas le dire) pour un Saint. Changement de technique chez ses avocats d'ailleurs : ayant compris que plaquer un enfant de 11 ans contre un mur sans raison, puis le gifler, avant de le trainer sur plusieurs mètres, ce n'est pas tout à fait ce qu'on peut appeler "un droit de correction raisonnable" dans un collège, ils ne plaideront donc plus que le professeur "avait le droit" mais qu'il "croyait être dans son droit".

Face à un élève "qui provoquait et cherchait l'affrontement" disait Maître Villesèche au Parisien. Ha bon ? Comment ? On serait curieux de savoir et en effet, cela fera rigoler ceux qui connaissent les faits, y compris tels que les racontait Monsieur Laboureur au début, avant de passer par la moulinette des syndicats enseignants, et cela fera rigoler aussi ceux qui ont vu les bulletins de note d'Alexandre.

Ce fait, totalement nouveau, on ne sait pas trop comment les avocats de Monsieur Laboureur vont les présenter demain, mais on peut prédire que le Procureur va rire jaune. Peu importe : le but pour ces avocats n'est pas de défendre José Laboureur contre une peine par le tribunal, mais de défendre le droit de cogner dans les médias, et d'inverser les rôles entre le coupable et la victime. Mission fort bien accomplie malheureusement puisqu'ils sont plus de 60 000 à avoir soutenus le professeur-cogneur.

De votre côté, vous avez été (presque) 800 à signer la pétition en faveur d'Alexandre.  En proportion évidemment, ça paraît peu de choses. Et pourtant... étant donné le peu de relai que nous avons eu dans la presse, et étant donné que nous ne pouvons pas, nous, nous étendre en déclarations calomnieuses dans tous les journaux, télévisés ou papiers, comme le font allègrement Maître Villesèche et l'ultraréac Maître Lec, on peut parler de grand succès. Je vous avoue en tout cas qu'en lançant cette pétition, je n'espérais pas que vous seriez aussi nombreux à signer. Merci du fond du coeur. Et pour ceux que ça intéresse (la plupart d'entre vous j'imagine), je sais qu'Alexandre et sa famille ont beaucoup apprécié votre geste.

Reste à savoir si demain, la justice saura résister aux pressions syndicales et corporatistes qui se préparent à investir le palais de justice, et à donner leur version étrangement tronquée des faits. Elle en sortirait indéniablement grandie.  Au contraire des syndicats enseignants qui eux, en soutenant un enseignant violent et alcoolique et en emportant dans une campagne nationale de lynchage un enfant de onze ans, ont définitivement perdu toute crédibilité, au moins en matière de défense des intérêts des élèves. Ils auront beau jeu manifester "pour les élèves" comme ils le font en ce moment, quand on sait ce qu'ils sont capable de leur faire, aux élèves. C'est qu'il existe des enseignants qu'on ne sera pas fâché de voir partir en retraite.

L'affaire se joue donc demain. Nous souhaitons donc beaucoup de courage à Alexandre et à sa famille.
Et en ce qui concerne mes lecteurs, hé bien, je vous tiendrais bien entendu au courant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Demain, le professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, Monsieur José Laboureur &#8211; <a title="Affaire Berlaimont - La soi-disante gifle de José Laboureur" href="http://www.et-pourtant.org/meta/berlaimont-et-laffaire-de-leleve-gifle-suite.html">celui qui avait maltraîté Alexandre dans l&#8217;affaire Berlaimont</a> pour ceux qui n&#8217;auraient pas suivi &#8211; sera jugé par le tribunal correctionnel d&#8217;Avesnes sur Helpe. La pression monte et l&#8217;on sait que du côté du professeur, ça bataille ferme pour faire passer ce brave monsieur (violent et alcoolique, mais il ne faut pas le dire) pour un Saint. Changement de technique chez ses avocats d&#8217;ailleurs : ayant compris que plaquer un enfant de 11 ans contre un mur sans raison, puis le gifler, avant de le trainer sur plusieurs mètres, ce n&#8217;est pas tout à fait ce qu&#8217;on peut appeler &laquo;&nbsp;un droit de correction raisonnable&nbsp;&raquo; dans un collège, ils ne plaideront donc plus que le professeur &laquo;&nbsp;avait le droit&nbsp;&raquo; mais qu&#8217;il &laquo;&nbsp;croyait être dans son droit&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Face à un élève &laquo;&nbsp;qui provoquait et cherchait l&#8217;affrontement&nbsp;&raquo; disait Maître Villesèche au Parisien. Ha bon ? Comment ? On serait curieux de savoir et en effet, cela fera rigoler ceux qui connaissent les faits, y compris tels que les racontait Monsieur Laboureur au début, avant de passer par la moulinette des syndicats enseignants, et cela fera rigoler aussi ceux qui ont vu les bulletins de note d&#8217;Alexandre.</p>
<p>Ce fait, totalement nouveau, on ne sait pas trop comment les avocats de Monsieur Laboureur vont les présenter demain, mais on peut prédire que le Procureur va rire jaune. Peu importe : le but pour ces avocats n&#8217;est pas de défendre José Laboureur contre une peine par le tribunal, mais de défendre le droit de cogner dans les médias, et d&#8217;inverser les rôles entre le coupable et la victime. Mission fort bien accomplie malheureusement puisqu&#8217;ils sont plus de 60 000 à avoir soutenus le professeur-cogneur.</p>
<p>De votre côté, vous avez été (presque) 800 à signer la pétition en faveur d&#8217;Alexandre.  En proportion évidemment, ça paraît peu de choses. Et pourtant&#8230; étant donné le peu de relai que nous avons eu dans la presse, et étant donné que nous ne pouvons pas, nous, nous étendre en déclarations calomnieuses dans tous les journaux, télévisés ou papiers, comme le font allègrement Maître Villesèche et l&#8217;ultraréac <a title="Maître Lec, avocat des profs violents, procureur des élèves grossiers" href="http://www.et-pourtant.org/actualites/maitre-lec-avocat-des-professeurs-violents-procureur-des-eleves-grossiers.html">Maître Lec</a>, on peut parler de grand succès. Je vous avoue en tout cas qu&#8217;en lançant cette pétition, je n&#8217;espérais pas que vous seriez aussi nombreux à signer. Merci du fond du coeur. Et pour ceux que ça intéresse (la plupart d&#8217;entre vous j&#8217;imagine), je sais qu&#8217;Alexandre et sa famille ont beaucoup apprécié votre geste.</p>
<p>Reste à savoir si demain, la justice saura résister aux pressions syndicales et corporatistes qui se préparent à investir le palais de justice, et à donner leur version étrangement tronquée des faits. Elle en sortirait indéniablement grandie.  Au contraire des syndicats enseignants qui eux, en soutenant un enseignant violent et alcoolique et en emportant dans une campagne nationale de lynchage un enfant de onze ans, ont définitivement perdu toute crédibilité, au moins en matière de défense des intérêts des élèves. Ils auront beau jeu manifester &laquo;&nbsp;pour les élèves&nbsp;&raquo; comme ils le font en ce moment, quand on sait ce qu&#8217;ils sont capable de leur faire, aux élèves. C&#8217;est qu&#8217;il existe des enseignants qu&#8217;on ne sera pas fâché de voir partir en retraite.</p>
<p>L&#8217;affaire se joue donc demain. Nous souhaitons donc beaucoup de courage à Alexandre et à sa famille.<br />
Et en ce qui concerne mes lecteurs, hé bien, je vous tiendrais bien entendu au courant.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le deuxième aveu confirmé par Interpol : on ne cherche pas à protéger les enfants !</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 13:47:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<description><![CDATA[Dans mon billet précédent, j'expliquais qu'involontairement, le Ministère de l'Intérieur avait avoué un certain nombre de choses.  Et notamment que si on veut protéger les pitizenfants de la pédopornographie, c'est parce qu'ils ne sont pas les derniers à la rechercher... voire à la fabriquer.

C'est dans un article du journal Irlandais Independant.ie (vous savez ? les irlandais : ceux qui ont l'outrecuidance de voter pour ce qu'ils veulent au lieu de voter pour ce qu'on leur dit), que l'on apprend l'information, une véritable petite bombe qui gagne à être connue en France :

"CHILDREN as young as 10 years of age are taking sexually explicit pictures of themselves before uploading them onto the internet -- according to Ireland's leading Criminal Intelligence Officer at Interpol."

En français : Des enfants âgés de parfois seulement 10 ans prennent des photos à caractère sexuels d'eux-même avant de les envoyer sur internet - selon l'officier en chef chargé du renseignement sur le crime de la branche irlandaise d'Interpol.

Et de détailler : "Everything from posing naked to actual sex acts on web cams. We are seeing a lot more self-produced child pornography to the extent that self-taking child abusive material is one of our biggest problems at the moment."

Ce qui signifie que ces jeunes, qui vont de se montrer tout nu jusqu'à réaliser des actes sexuels devant leur webcam, représentent l'un des plus gros problème des gouvernements - et d'Interpol - en ce moment.

Je vous laisse découvrir l'article complet, qui est cité en référence (comme d'habitude - vous savez que je n'ai pas l'habitude d'affirmer des choses au hasard), et qui est une véritable perle. On y apprend donc que la pédopornographie, ce n'est plus, contrairement à ce qu'on nous avait affirmé pendant des années, des enfants victimes de viols affreux par des adultes, lesquels viols seraient mis en ligne par ces mêmes adultes.

Non, la pédopornographie, "l'un des plus gros problème d'Interpol en ce moment", ce sont des jeunes qui prennent par eux-même l'initiative de se montrer nu et de se tripoter devant leur webcam.

Quel est le danger ? Juridique d'abord : "c'est de la pédopornographie" : on comprend mieux pourquoi en France, on s'est à ce point acharné sur les pauvres gamins de 11 ans qui avaient eu le malheur de se filmer en train de jouer à touche-pipi avec la petite soeur : s'ils ont été arrachés à leur famille, mis en examens et placés en garde à vue, ce n'est pas pour défendre la petite soeur comme on nous l'avait prétexté : c'est pour défendre la loi et l'ordre moral ! Cela se confirme par la mise en examen de trois adolescents qui ont eu l'outrecuidance de faire tourner dans la cour du collège la vidéo de leurs ébats avec une fille du collège dont la police avoue ouvertement qu'elle était consentante ! Ce n'est donc pas pour protéger les enfants, d'ailleurs si l'on voulait protéger les enfants d'un traumatisme, on leur épargnerait la garde à vue et la mise en examen : il s'agit uniquement de protéger l'ordre moral !

L'ordre moral, parlons-en : c'est évidemment le deuxième problème que pose ce nouveau genre de pédopornographie (pas si nouveau, en fait). Et l'article irlandais est très clair là-dessus : c'est essentiellement un problème moral. C'est mal parce que c'est mal !

Il n'est donc plus question, pour Interpol, de "défense des enfants" - et les politiques d'Interpol sont définies par les gouvernements qui le composent. Et pour cause : cette pédopornographie est créée à l'initiative des enfants, et cela commence à se savoir, mine de rien, que la masturbation (même devant une lentille de webcam), ne rend ni fou, ni sourd. On pourrait essayer de nous faire croire qu'elle ne rend pas fou mais traumatisé : mais ça risquerait de se voir, que c'est juste une version moderne d'un discours vieux d'un peu plus d'un siècle et qu'on pensait tombé en désuétude.

Non, il est désormais uniquement question de défendre la loi et les bonnes moeurs, quitte à ce que les enfants eux-même soient considérés comme les coupables de ces affronts.

"Cachez ce zizi de pré-adolescent que je ne saurais voir !", tel est le crédo de nos gouvernements. Et avec celui-là, un autre : "Kids, don't do this at home, sinon vous irez en enfer prison." Il n'est absolument plus question de sauver les enfants de quelque danger que ce soit : exclusivement de protéger la société contre le risque de voir quelque chose qui lui déplait.


On conçoit donc de mieux en mieux ce qui s'impose comme une évidence : nous ne défendons plus les enfants, nous défendons l'Ordre Moral. La soi-disante défense des enfants a fait long feu.
Car cet article est la preuve - s'il en était besoin - que ce n'est plus des viols d'enfants dont notre société a peur : c'est de toute forme de sexualité infantile.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans mon billet précédent, j&#8217;expliquais qu&#8217;involontairement, le Ministère de l&#8217;Intérieur avait avoué un certain nombre de choses.  Et notamment que si on veut protéger les pitizenfants de la pédopornographie, c&#8217;est parce qu&#8217;ils ne sont pas les derniers à la rechercher&#8230; voire à la fabriquer.</p>
<p>C&#8217;est dans un article du journal Irlandais Independant.ie (vous savez ? les irlandais : ceux qui ont l&#8217;outrecuidance de voter pour ce qu&#8217;ils veulent au lieu de voter pour ce qu&#8217;on leur dit), que l&#8217;on apprend l&#8217;information, une véritable petite bombe qui gagne à être connue en France :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;CHILDREN as young as 10 years of age are taking sexually explicit pictures of themselves before uploading them onto the internet &#8212; according to Ireland&#8217;s leading Criminal Intelligence Officer at Interpol.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>En français : Des enfants âgés de parfois seulement 10 ans prennent des photos à caractère sexuels d&#8217;eux-même avant de les envoyer sur internet &#8211; selon l&#8217;officier en chef chargé du renseignement sur le crime de la branche irlandaise d&#8217;Interpol.</p>
<p>Et de détailler : <em>&laquo;&nbsp;Everything from posing naked to actual sex acts on web cams. We are seeing a lot more self-produced child pornography to the extent that self-taking child abusive material is <strong>one of our biggest problems at the moment.&nbsp;&raquo;</strong></em></p>
<p>Ce qui signifie que ces jeunes, qui vont de se montrer tout nu jusqu&#8217;à réaliser des actes sexuels devant leur webcam, représentent l&#8217;un des plus gros problème des gouvernements &#8211; et d&#8217;Interpol &#8211; en ce moment.</p>
<p>Je vous laisse découvrir l&#8217;article complet, qui est cité en référence (comme d&#8217;habitude &#8211; vous savez que je n&#8217;ai pas l&#8217;habitude d&#8217;affirmer des choses au hasard), et qui est une véritable perle. On y apprend donc que la pédopornographie, ce n&#8217;est plus, contrairement à ce qu&#8217;on nous avait affirmé pendant des années, des enfants victimes de viols affreux par des adultes, lesquels viols seraient mis en ligne par ces mêmes adultes.</p>
<p>Non, la pédopornographie, &laquo;&nbsp;l&#8217;un des plus gros problème d&#8217;Interpol en ce moment&nbsp;&raquo;, ce sont des jeunes qui prennent par eux-même l&#8217;initiative de se montrer nu et de se tripoter devant leur webcam.</p>
<p>Quel est le danger ? Juridique d&#8217;abord : &laquo;&nbsp;c&#8217;est de la pédopornographie&nbsp;&raquo; : on comprend mieux pourquoi en France, on s&#8217;est à ce point acharné sur les pauvres gamins de 11 ans qui avaient eu le malheur de se filmer en train de jouer à touche-pipi avec la petite soeur : s&#8217;ils ont été arrachés à leur famille, mis en examens et placés en garde à vue, ce n&#8217;est pas pour défendre la petite soeur comme on nous l&#8217;avait prétexté : c&#8217;est pour défendre la loi et l&#8217;ordre moral ! Cela se confirme par la mise en examen de trois adolescents qui ont eu l&#8217;outrecuidance de faire tourner dans la cour du collège la vidéo de leurs ébats avec une fille du collège dont la police avoue ouvertement qu&#8217;elle était consentante ! Ce n&#8217;est donc pas pour protéger les enfants, d&#8217;ailleurs si l&#8217;on voulait protéger les enfants d&#8217;un traumatisme, on leur épargnerait la garde à vue et la mise en examen : il s&#8217;agit uniquement de protéger l&#8217;ordre moral !</p>
<p>L&#8217;ordre moral, parlons-en : c&#8217;est évidemment le deuxième problème que pose ce nouveau genre de pédopornographie (pas si nouveau, en fait). Et l&#8217;article irlandais est très clair là-dessus : c&#8217;est essentiellement un problème moral. C&#8217;est mal parce que c&#8217;est mal !</p>
<p>Il n&#8217;est donc plus question, pour Interpol, de &laquo;&nbsp;défense des enfants&nbsp;&raquo; &#8211; et les politiques d&#8217;Interpol sont définies par les gouvernements qui le composent. Et pour cause : cette pédopornographie est créée à l&#8217;initiative des enfants, et cela commence à se savoir, mine de rien, que la masturbation (même devant une lentille de webcam), ne rend ni fou, ni sourd. On pourrait essayer de nous faire croire qu&#8217;elle ne rend pas fou mais traumatisé : mais ça risquerait de se voir, que c&#8217;est juste une version moderne d&#8217;un discours vieux d&#8217;un peu plus d&#8217;un siècle et qu&#8217;on pensait tombé en désuétude.</p>
<p>Non, il est désormais uniquement question de défendre la loi et les bonnes moeurs, quitte à ce que les enfants eux-même soient considérés comme les coupables de ces affronts.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Cachez ce zizi de pré-adolescent que je ne saurais voir !&nbsp;&raquo;, tel est le crédo de nos gouvernements. Et avec celui-là, un autre : &laquo;&nbsp;Kids, don&#8217;t do this at home, sinon vous irez en <span style="text-decoration: line-through;">enfer</span> prison.&nbsp;&raquo; Il n&#8217;est absolument plus question de sauver les enfants de quelque danger que ce soit : exclusivement de protéger la société contre le risque de voir quelque chose qui lui déplait.</p>
<p>On conçoit donc de mieux en mieux ce qui s&#8217;impose comme une évidence : nous ne défendons plus les enfants, nous défendons l&#8217;Ordre Moral. La soi-disante défense des enfants a fait long feu.<br />
Car cet article est la preuve &#8211; s&#8217;il en était besoin &#8211; que ce n&#8217;est plus des viols d&#8217;enfants dont notre société a peur : c&#8217;est de toute forme de sexualité infantile.</p>
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