Soutien à Alexandre : le bilan de l’affaire Berlaimont.

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Demain, le professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, Monsieur José Laboureur - celui qui avait maltraîté Alexandre dans l’affaire Berlaimont pour ceux qui n’auraient pas suivi - sera jugé par le tribunal correctionnel d’Avesnes sur Helpe. La pression monte et l’on sait que du côté du professeur, ça bataille ferme pour faire passer ce brave monsieur (violent et alcoolique, mais il ne faut pas le dire) pour un Saint. Changement de technique chez ses avocats d’ailleurs : ayant compris que plaquer un enfant de 11 ans contre un mur sans raison, puis le gifler, avant de le trainer sur plusieurs mètres, ce n’est pas tout à fait ce qu’on peut appeler “un droit de correction raisonnable” dans un collège, ils ne plaideront donc plus que le professeur “avait le droit” mais qu’il “croyait être dans son droit”.

Face à un élève “qui provoquait et cherchait l’affrontement” disait Maître Villesèche au Parisien. Ha bon ? Comment ? On serait curieux de savoir et en effet, cela fera rigoler ceux qui connaissent les faits, y compris tels que les racontait Monsieur Laboureur au début, avant de passer par la moulinette des syndicats enseignants, et cela fera rigoler aussi ceux qui ont vu les bulletins de note d’Alexandre.

Ce fait, totalement nouveau, on ne sait pas trop comment les avocats de Monsieur Laboureur vont les présenter demain, mais on peut prédire que le Procureur va rire jaune. Peu importe : le but pour ces avocats n’est pas de défendre José Laboureur contre une peine par le tribunal, mais de défendre le droit de cogner dans les médias, et d’inverser les rôles entre le coupable et la victime. Mission fort bien accomplie malheureusement puisqu’ils sont plus de 60 000 à avoir soutenus le professeur-cogneur.

De votre côté, vous avez été (presque) 800 à signer la pétition en faveur d’Alexandre. En proportion évidemment, ça paraît peu de choses. Et pourtant… étant donné le peu de relai que nous avons eu dans la presse, et étant donné que nous ne pouvons pas, nous, nous étendre en déclarations calomnieuses dans tous les journaux, télévisés ou papiers, comme le font allègrement Maître Villesèche et l’ultraréac Maître Lec, on peut parler de grand succès. Je vous avoue en tout cas qu’en lançant cette pétition, je n’espérais pas que vous seriez aussi nombreux à signer. Merci du fond du coeur. Et pour ceux que ça intéresse (la plupart d’entre vous j’imagine), je sais qu’Alexandre et sa famille ont beaucoup apprécié votre geste.

Reste à savoir si demain, la justice saura résister aux pressions syndicales et corporatistes qui se préparent à investir le palais de justice, et à donner leur version étrangement tronquée des faits. Elle en sortirait indéniablement grandie. Au contraire des syndicats enseignants qui eux, en soutenant un enseignant violent et alcoolique et en emportant dans une campagne nationale de lynchage un enfant de onze ans, ont définitivement perdu toute crédibilité, au moins en matière de défense des intérêts des élèves. Ils auront beau jeu manifester “pour les élèves” comme ils le font en ce moment, quand on sait ce qu’ils sont capable de leur faire, aux élèves. C’est qu’il existe des enseignants qu’on ne sera pas fâché de voir partir en retraite.

L’affaire se joue donc demain. Nous souhaitons donc beaucoup de courage à Alexandre et à sa famille.
Et en ce qui concerne mes lecteurs, hé bien, je vous tiendrais bien entendu au courant.

Le deuxième aveu confirmé par Interpol : on ne cherche pas à protéger les enfants !

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Dans mon billet précédent, j’expliquais qu’involontairement, le Ministère de l’Intérieur avait avoué un certain nombre de choses. Et notamment que si on veut protéger les pitizenfants de la pédopornographie, c’est parce qu’ils ne sont pas les derniers à la rechercher… voire à la fabriquer.

C’est dans un article du journal Irlandais Independant.ie (vous savez ? les irlandais : ceux qui ont l’outrecuidance de voter pour ce qu’ils veulent au lieu de voter pour ce qu’on leur dit), que l’on apprend l’information, une véritable petite bombe qui gagne à être connue en France :

“CHILDREN as young as 10 years of age are taking sexually explicit pictures of themselves before uploading them onto the internet — according to Ireland’s leading Criminal Intelligence Officer at Interpol.”

En français : Des enfants âgés de parfois seulement 10 ans prennent des photos à caractère sexuels d’eux-même avant de les envoyer sur internet - selon l’officier en chef chargé du renseignement sur le crime de la branche irlandaise d’Interpol.

Et de détailler : “Everything from posing naked to actual sex acts on web cams. We are seeing a lot more self-produced child pornography to the extent that self-taking child abusive material is one of our biggest problems at the moment.”

Ce qui signifie que ces jeunes, qui vont de se montrer tout nu jusqu’à réaliser des actes sexuels devant leur webcam, représentent l’un des plus gros problème des gouvernements - et d’Interpol - en ce moment.

Je vous laisse découvrir l’article complet, qui est cité en référence (comme d’habitude - vous savez que je n’ai pas l’habitude d’affirmer des choses au hasard), et qui est une véritable perle. On y apprend donc que la pédopornographie, ce n’est plus, contrairement à ce qu’on nous avait affirmé pendant des années, des enfants victimes de viols affreux par des adultes, lesquels viols seraient mis en ligne par ces mêmes adultes.

Non, la pédopornographie, “l’un des plus gros problème d’Interpol en ce moment”, ce sont des jeunes qui prennent par eux-même l’initiative de se montrer nu et de se tripoter devant leur webcam.

Quel est le danger ? Juridique d’abord : “c’est de la pédopornographie” : on comprend mieux pourquoi en France, on s’est à ce point acharné sur les pauvres gamins de 11 ans qui avaient eu le malheur de se filmer en train de jouer à touche-pipi avec la petite soeur : s’ils ont été arrachés à leur famille, mis en examens et placés en garde à vue, ce n’est pas pour défendre la petite soeur comme on nous l’avait prétexté : c’est pour défendre la loi et l’ordre moral ! Cela se confirme par la mise en examen de trois adolescents qui ont eu l’outrecuidance de faire tourner dans la cour du collège la vidéo de leurs ébats avec une fille du collège dont la police avoue ouvertement qu’elle était consentante ! Ce n’est donc pas pour protéger les enfants, d’ailleurs si l’on voulait protéger les enfants d’un traumatisme, on leur épargnerait la garde à vue et la mise en examen : il s’agit uniquement de protéger l’ordre moral !

L’ordre moral, parlons-en : c’est évidemment le deuxième problème que pose ce nouveau genre de pédopornographie (pas si nouveau, en fait). Et l’article irlandais est très clair là-dessus : c’est essentiellement un problème moral. C’est mal parce que c’est mal !

Il n’est donc plus question, pour Interpol, de “défense des enfants” - et les politiques d’Interpol sont définies par les gouvernements qui le composent. Et pour cause : cette pédopornographie est créée à l’initiative des enfants, et cela commence à se savoir, mine de rien, que la masturbation (même devant une lentille de webcam), ne rend ni fou, ni sourd. On pourrait essayer de nous faire croire qu’elle ne rend pas fou mais traumatisé : mais ça risquerait de se voir, que c’est juste une version moderne d’un discours vieux d’un peu plus d’un siècle et qu’on pensait tombé en désuétude.

Non, il est désormais uniquement question de défendre la loi et les bonnes moeurs, quitte à ce que les enfants eux-même soient considérés comme les coupables de ces affronts.

“Cachez ce zizi de pré-adolescent que je ne saurais voir !”, tel est le crédo de nos gouvernements. Et avec celui-là, un autre : “Kids, don’t do this at home, sinon vous irez en enfer prison.” Il n’est absolument plus question de sauver les enfants de quelque danger que ce soit : exclusivement de protéger la société contre le risque de voir quelque chose qui lui déplait.

On conçoit donc de mieux en mieux ce qui s’impose comme une évidence : nous ne défendons plus les enfants, nous défendons l’Ordre Moral. La soi-disante défense des enfants a fait long feu.
Car cet article est la preuve - s’il en était besoin - que ce n’est plus des viols d’enfants dont notre société a peur : c’est de toute forme de sexualité infantile.

Les pieds nickelés de la prison à 10 ans…

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A l’aube du futur projet de loi Dati visant à modifier en profondeur - sinon à détruire - l’Ordonnance de 1945, il me paraissait utile de rappeler que nos élus n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière - à droite comme à gauche d’ailleurs. Petit historique des tentatives d’enfermer des enfants de dix ans.

Ils s’appellent Lionnel Luca, Christian Estrosi, François Vannson, Richard Cazenave, Thierry Mariani, ou même Jean-Pierre Chevênement : ils se spécialisent dans la haine des jeunes et le font savoir dans leur activité de député. Ce sont les pieds nickelés de la prison à 10 ans, et de la prison à perpétuité à 13 ans.

Rappelons quelques faits : en France, tout mineur, à partir de l’âge de 7-8 ans environ (l’âge n’est pas fixé par la loi) est responsable de ses actes et peut être amené à être condamné par un tribunal pour enfants. Toutefois, il ne peut être condamné à des peines, telles que la prison, qu’à partir de 13 ans. Avant cet âge, il s’agit de sanctions éducatives ou de mesures éducatives (placement en centre éducatif ou en foyer, stage de citoyenneté, réparation des dommages…).
A partir de 13 ans, ils peuvent être condamnés à une peine de prison d’une durée maximale égale à la moitié de la peine maximale prévue pour les majeurs : autrement dit, si la peine maximale prévue pour un adulte est de 20 ans, le mineur âgé de 13 à 15 ans ne pourra pas être condamné à plus de 10 ans de prison. Et si la peine maximale est la prison à perpétuité, alors un mineur de moins de seize ans pourra être condamné à un maximum de 20 ans de prison.
Enfin, pour les mineurs âgés d’au moins seize ans, ils pourront - ou pas - risquer la même peine qu’un adulte, selon les circonstances.
A noter que toutes ces mesures sont aussi valables pour les mineurs non-condamnés : un enfant de 13 ans peut ainsi être placé en détention provisoire, et un enfant de 10 ans peut être placé en foyer avant son jugement.

Cette justice, qui permet d’envoyer un mineur de 13 ans en prison pendant 20 ans, est déjà l’une des plus sévère de toute l’Union Européenne. Elle envoie, chaque année, plusieurs milliers de mineurs en prison chaque année, là où un pays comme la Suède incarcère UN mineur par an (et de 15 ans minimum, contre treize chez nous), tandis qu’on Espagne ou au Portugal, on n’incarcère tout simplement pas les mineurs.

On l’a vue à l’oeuvre récemment, lorsque notre chère justice a trouvé malin d’envoyer en garde à vue des enfants de 11 et 12 ans, avant de les arracher à leurs parents pour les placer en famille d’accueil avant tout jugement, tout en admettant que les enfants étaient “terrorisés” par leur garde à vue (et pour cause, la garde à vue est indubitablement l’un des événement les plus traumatisant que puisse faire subir la société à ses citoyens), parce qu’ils ont eu le malheur de jouer à touche-pipi avec une fille de leur âge ce qui leur a valu une accusation de viol, non pas parce qu’ils ont fait preuve de violence ou de contrainte physique, mais par le truchement d’une argumentation plus ou moins obscure sur l’ “emprise psychologique” d’un enfant de 11 ans sur une enfant du même âge (la belle affaire).

Mais elle n’est pas suffisante pour les députés cités ci-dessus, et quelques autres : ils la veulent encore beaucoup, beaucoup plus violente. Et tentent donc, régulièrement, de la faire varier, et attention, de façon encore bien plus radicale que ce qu’a pu faire, par exemple, un Nicolas Sarkozy ces dernières années (c’est dire !).

Certains - moi le premier - se sont offusqués de voir Nicolas Sarkozy faire sauter l’excuse de minorité pour les récidivistes d’au moins 16 ans. Alors tenez-vous bien, parce qu’à gauche, on propose encore plus balèse : Dans une proposition de loi datée du 2 Octobre 2001 (Proposition n°3292) sur laquelle nous avons mis la main, les députés M. Georges SARRE, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Pierre CARASSUS, Jacques DESALLANGRE, Jean-Pierre MICHEL, Michel SUCHOD et Gérard SAUMADE proposent rien de moins que de faire péter l’excuse de minorité dès… 13 ans. Et non pas pour récidive, mais pour une simple réitération. Autrement dit, un mineur âgé de 13 ans qui se retrouverait deux fois dans un tribunal, quels que soient les faits, serait jugé comme un adulte. Rien de moins !

Mais attendez, car ce n’est pas tout : il ne s’agissait pas de la première atteinte aux droits des mineurs à être considérés comme des mineurs. Plus tôt dans l’année, et de leur côté, à droite, les députés MM. Christian ESTROSI (actuellement au gouvernement Sarkozy), Pierre AUBRY, Léon BERTRAND, Richard CAZENAVE, Jean-Marc CHAVANNE, Charles COVA, Henri de GASTINES, Xavier DENIAU, Jean-Pierre DUPONT, Jean-Michel FERRAND, Roland FRANCISCI, Jean-Claude GUIBAL, Gérard HAMEL, Didier JULIA, Jacques KOSSOWSKI, Lionnel LUCA, Thierry MARIANI, Alain MARLEIX, Franck MARLIN, Jean MARSAUDON, Philippe MARTIN, Patrice MARTIN-LALANDE, Jacques MASDEU-ARUS, Gilbert MEYER, Jacques MYARD, Jean-Marc NUDANT, Bernard SCHREINER, Jean-Claude THOMAS, Léon VACHET et François VANNSON suggèrent, dans une proposition de loi datée du 30 Janvier 2001 (proposition n°2895), une série de mesure qui dépassent l’entendement, après un exposé des motifs absolument délirant de mensonges et de simplifications.

Après avoir suggéré éhontément que la Suisse incarcère ses enfants dès 7 ans, soit beaucoup plus tôt que nous (ce qui est, bien entendu, absolument faux), nos pieds nickelés suggèrent :

  • De fixer la majorité pénale à 16 ans ! (mais bien sûr, de ne pas toucher à la majorité civile, histoire que les mineurs aient des responsabilités sans les droits qui vont avec)
  • De permettre l’incarcération des mineurs - et autres peines d’adultes - à partir de l’âge de 10 ans !
  • D’établir un couvre-feu permanent interdisant à tout mineur de douze ans non-accompagné de circuler dans l’espace public à partir de 22 heures).

Vous avez bien lu : baisse de l’âge de majorité pénale, et incarcération à partir de 10 ans. Pour rappel, l’enfant de 10 ans qui n’a jamais redoublé et qui est né en début d’année, est scolarisé en école primaire, plus exactement en classe de CM2. Pour peu qu’il aie redoublé et qu’il soit né en fin d’année, il peut être élève de CE2, par exemple : dans ces conditions, on pourrait sans problème incarcérer pour “viol sur mineur de 15 ans” un enfant de CE2 parce qu’il a été regarder sous la juppe d’une camarade de classe qui n’aurait pas donné son accord, par exemple. Un enfant de CE2 risquerait ainsi 10 ans de prison - de vraie prison - pour une telle histoire.

Mieux : si on mélangeait les deux premiers textes, on arriverait à la situation hallucinante suivante : un enfant de CE2 pourrait, juridiquement, être condamné à la prison à perpétuité ! Rien de moins ! Et dans l’exemple cité ci-dessus, il risquerait 20 ans de prison : il rentrerait en prison en CE2, il en ressortirait devenu quasi-trentenaire !

Et si on ne les mélangeait pas ? A l’heure actuelle, avec la Rétention de Sûreté et avec la seule proposition de loi Estrosi, l’enfant de 10 ans écopant d’une peine de 15 ans de prison (viol en réunion, pour avoir regardé à deux sous la juppe d’une camarade non-consentante) pourrait parfaitement être placés en Rétention de Sûreté, et y passer le restant de ses jours. Même pas sorti de l’enfance, ils passeraient alors l’intégralité de leur vie à l’écart des hommes.

Vous croyez que ça s’arrête là ? Que nenni ! Moins d’un an plus tard, très exactement le 17 janvier 2002 (proposition n°3549), cette fois en freelance, le député François Vannson récidive ! Et de répéter les mesures phares de son texte précédent : il renonce toutefois à la prison à 10 ans, mais pas à la majorité pénale à 16 ans. Ni à détricoter énergiquement l’Ordonnance de 1945, y compris l’article qui oblige l’État a pourvoir le mineur d’un avocat… apparemment, pour l’ami Vannson, il n’y a aucun problème à laisser un enfant de 10 ans assurer lui-même sa défense devant un tribunal.
Avant lui, c’était au tour de Lionnel Luca de récidiver, dans une proposition de loi signée de sa main et datée du 5 décembre 2001 (proposition n°3447) , il re-propose les classiques majorité pénale à 16 ans et prison à partir de 10 ans. Hé oui, il y en a qui insistent lourdement, avec l’idée de mettre des enfants de 10 ans au mitard.

“Mais ces propositions commencent à dater”, me direz-vous. Vous croyez ? C’est que nos pieds nickelés de la majorité pénale (mais pas civile, surtout pas) à 16 ans sont motivés, et ceux de l’incarcération à 10 ans au moins autant.

Ils agissent un peu plus subtilement, maintenant, il est vrai : plutôt que de proposer des lois aussi ridicules et outrancières, ils avancent par petit pas, détricotant lentement mais sûrement l’ordonnance de 1945, cherchant à faire passer l’âge des peines de 13 à 10 ans : ils ont déjà obtenu les sanctions éducatives en plus des mesures éducatives. Ils ont obtenu la majorité pénale à 16 ans “pour les récidivistes” (ce que sont la plupart des adolescents délinquants). Et ils vont continuer à attaquer sur ce terrain. De nombreuses propositions du député Vannson ont d’ailleurs été adoptées entre temps.

Et aujourd’hui, où en sommes nous ? Hébien c’est simple : en avril dernier, Rachida Dati annonçait qu’ “une commission réfléchira à la pertinence d’abaisser l’âge de responsabilité pénale” et annonçait des “peines pour les 10-13ans” : le serpent de mer de la prison à 10 ans refait surface. Et en effet, la commission sur la réforme de l’ordonnance de 1945 est en place depuis le Mardi 15 Avril. L’idée de “remettre la sanction au coeur du texte” [de l'ordonnance de 1945] également, ce qui est parfaitement contraire à son esprit, puisque la base absolue de ce texte était de “faire passer l’éducatif en priorité sur la sanction”.

Nos pieds nickelés de la prison à 10 ans ont changé de forme d’attaque, et parfois même de nom, mais certainement pas d’idée.

Et c’est ainsi que lui :
10 ans

Pourrait se retrouver ici :
Q.D. Prison de Fleury-Mérogis

Et prendre sa douche là :
Fleury-Mérogis Douche

Bienvenue dans le pays des droits de l’homme ! Pas dans celui des droits de l’enfant !

“Soutien à Alexandre” : 200 signatures ! Merci !

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Dans le cadre de la pétition “Soutien à Alexandre”, nous venons - vous venez - de dépasser les 200 signatures.

C’est une grande réussite pour nous tous, chacun des signataires.

Lorsque j’ai lancé cette initiative, j’ai écrit : “si nous pouvions être quelques dizaines à faire savoir à cet enseignant et à cet élève que non, la version AFP/Laboureur/Maître Lec n’a pas convaincu toute la France, je pense que nous rendrions service à un enfant de onze ans qui en a probablement fort besoin.”

Aujourd’hui, grâce à vous tous, ce n’est pas par dizaines, qu’Alexandre devra compter ses soutiens, mais bel et bien par centaines !

Et en effet, les signatures sont nombreuses et continuent à arriver (plus lentement), grâce à vos efforts à tous, et aux nombreuses personnes qui ont signé et fait signer la pétition, l’ont diffusée sur de nombreux blogs, et sur certains forums. C’est parti de rien et avec des moyens quasi-inexistants que nous avons lancé cette initiative, sans être soutenu ni activement ni passivement, contrairement aux deux autres pétitions, ni par Libération, ni par le Nouvelobs, ni par leurs sites respectifs, ni par TF1, ni par France 2, ni par aucune chaîne de télévision, et à peine par quelques blogs. Nous sommes évidemment bien loin des 40 000 signatures du SNES (encore que l’on devrait plutôt parler de 30 000 signatures réelles), mais vu les circonstances, et vu notre absence de tribune dans les médias, on peut déjà parler d’immense succès, tant nos moyens sont réduits.

Sans vous, cette pétition n’aurait été rien de plus qu’un pétard mouillé. Sans votre bonne volonté à tous, rien n’aurait été possible.

C’est parce que chacun d’entre vous a pris le temps de lire, de se renseigner sur la vérité des faits, de réfléchir et parfois d’accepter de se remettre en question et d’accepter une autre version que celle qui vous avait initialement convaincue, c’est parce que chacun d’entre vous a fait l’effort de signer et parfois, de faire tourner l’information que nous avons obtenu un si bon résultat. Merci infiniment. Et ce n’est pas fini.

La mobilisation doit continuer.

Aujourd’hui, donc, nous avons plus de deux cents noms à envoyer à la famille d’Alexandre, et aux autres personnes concernées dans cette affaire (au SNES de Lille notamment, qui déclarait sans rire n’avoir pas reçu “une seule critique” de leur démarche). C’est énorme ! Mais est-ce une raison pour s’arrêter en si bon chemin ?

Nous avons été plus de deux cents à nous mobiliser, mais bien d’autres personnes encore peuvent le faire. Soit qu’ils peuvent comprendre qu’ils ont été manipulés, soit qu’ils connaissent déjà la véracité des faits et attendent d’être mis au courant de l’existence de cette pétition.

Nous pouvons donc, tous ensemble, faire encore grimper ce chiffre. Alors faisons-le.

Comment offrir à cette pétition un succès croissant ?

Pour ce faire, outre le fait de signer la pétition, vous pouvez opérer de plusieurs façons :

  • Faites signer votre famille proche (épouse, époux, enfants, parents…).
  • Informez votre famille plus éloignée et vos amis, prévenez votre carnet d’adresse sur MSN ou encore par mail.
  • Publiez un appel à signer et à faire tourner sur votre blog ou votre site.
  • Parlez-en autour de vous : collègues de travail, voisins, membre des associations que vous fréquentez, syndicat auquel vous appartenez…
  • Parlez-en dans les blogs que vous fréquentez, ainsi que dans les rubriqus appropriées des forums sur lesquels vous avez l’habitude de poster.
  • Soyez inventif : si vous connaissez d’autres façon de faire connaitre cette pétition, n’hésitez pas. Et informez-en nous également, si vous le voulez bien.

Mais surtout, ce que vous ne devez pas faire :

  • Ne lancez pas de chaîne de mail : celles-ci deviennent souvent incontrôlables et se retrouvent déformées, modifiées, tronquées, et peuvent tourner pendant des années sans que l’on puisse les arrêter.
  • Ne spammez pas : n’envoyez pas de courriers non-sollicités à des inconnus, ne polluez pas les blogs, ne postez que sur les forums appropriés (rubriques discussions diverses etc.), de manière raisonnée.
  • Ne signez pas pour autrui sans son accord explicite, ne signez pas sous plusieurs identités inventées, ne signez pas plusieurs fois, afin que - contrairement à d’autres pétitions (suivez mon regard et lisez attentivement les signatures à celle du SNES) - la pétition de soutien à Alexandre conserve toute sa crédibilité et son sérieux. A ce titre, je surveille attentivement cette pétition et supprime systématiquement les doublons manifestes (même email, même IP et nom de famille différent, etc.).

Encore une fois, merci infiniment pour votre mobilisation et votre geste. Ce succès était inespéré, ce succès, c’est le votre, ce succès, nous nous le devons à tous. Merci, merci, merci.

La mobilisation pour Alexandre est, à ce jour, un beau succès. Continuons !

Samuel
Initiateur de la pétition Soutien à Alexandre
http://petition.et-pourtant.org

Affaire Berlaimont / Gilles de Chin - La contre-pétition Soutien à Alexandre

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Pour ceux qui n’auraient pas bien suivi l’affaire Gilles-de-Chin / Berlaimont / José Laboureur, je vous renvoie à cette page.

Pour les autres, après mûres réflexion, et en réaction aux deux pétitions et aux plus de 40 000 lettres de soutien inconditionnel à José Laboureur, à qui on a donné le Bon Dieu sans confession, j’ai décidé de publier une contre-pétition, que je vous invite à signer avec moi. Ci-dessous, je vous en expose les motifs :

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Soutien à Alexandre : Contre-pétition contre la violence et en faveur de l’élève frappé du collège Gilles-de-Chin.

Rappel des faits :

En Janvier 2008, les médias font état d’un professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, monsieur José Laboureur, qui, ayant giflé un élève l’ayant traîté de “connard”, se retrouve mis en examen pour violence aggravée.

C’est sur la foi de cette version que le professeur a reçu plus de 40 000 lettres de soutien, et que le SNALC et le SNES, deux syndicats enseignants, ont diffusé une pétition de soutien le concernant, pendant que l’élève était sanctionné, renvoyé, avant d’être forcé à changer d’établissement scolaire, et conspué par la France entière, sous le silence complice de son professeur.

Cette version, toutefois, n’est basée sur aucune source sérieuse. La Justice de notre pays, par la voix du Procureur de la République Bernard Beffy, donne de son côté la version suivante :

« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Contrastant largement avec la version donnée usuellement dans les médias, c’est là d’une scène de maltraitance sur enfant dont nous informe Monsieur le Procureur.

Par conséquent :

Nous, citoyens de convictions et de professions diverses, souhaitons par la présente :

- Rappeller que loin d’une simple gifle, cette affaire en est une de maltraitance inacceptable et injustifiable, qui ne peut en aucun cas être réduite à une histoire de “professeur qui met une gifle parce qu’il se fait traiter de connard”, et renvoyer chacun à la version de Monsieur le Procureur de la République.
- Affirmer que dans notre pays, la maltraîtance et plus généralement la violence sur enfant n’est pas acceptable quelque forme qu’elle prenne et quelle qu’en soit la raison, et surtout pas des actes de violence injustifiée de la part d’un éducateur professionnel envers un enfant de 11 ans.
- Affirmer notre foi en la justice de ce pays, exiger que toute la vérité soit faite et publiquement connue sur cette affaire, et faire savoir notre désir de voir le professeur effectivement renvoyé devant le tribunal correctionnel pour y être jugé et, le cas échéant, condamné comme il se doit, en fonction des actes réels et non de ceux rapportés dans la presse.
- Nous élever contre une certaine conception de l’éducation (témoigné par les français en de nombreux endroits) et contre un certain corporatisme (exposé par les pétitions du SNES et du SNALC) qui consiste à blanchir un homme violent, lui attribuant le statut de victime, et à conspuer un enfant victime de violences.
- Dire à Monsieur Laboureur notre regret qu’il ne veuille pas assumer son erreur en la reconnaissant, et sinon en présentant des excuses à son élève, au moins en sortant de son silence pour que ce dernier cesse d’être insulté par des milliers d’individus.

- Enfin et surtout, nous voulons affirmer notre soutien et notre solidarité à Alexandre, l’élève de 6ème du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont frappé par son professeur, et victime d’une violence injustifiée et disproportionnée, ainsi que d’insultes scandaleuses et inacceptables de la part de courageux anonymes de la France entière. Nous souhaitons lui faire savoir que des citoyens sont avec lui, et lui souhaitent bon courage pour la suite de ses études.
Jeune homme, nous sommes à tes côtés, courage Alexandre !

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Pour signer cette contre-pétition, c’est ici que ça se passe.

Il s’agit avant tout de faire savoir à tous les intéressés dans cette affaire que la France ne parle pas d’une seule voix. Je ne m’attend pas à avoir des milliers de signature étant donné que je n’ai pas la tribune à laquelle a eu droit José Laboureur dans les médias, mais si nous pouvions être quelques dizaines à faire savoir à cet enseignant et à cet élève que non, la version AFP/Laboureur/Maître Lec n’a pas convaincu toute la France, je pense que nous rendrions service à un enfant de onze ans qui en a probablement fort besoin.

Je compte donc sur vous.

Maître Lec : Avocat des professeurs violents, procureur des élèves grossiers.

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Il n’est pas dans mon habitude de faire un billet juste pour une personne. Mais puisque l’individu se sert de son nom et de son titre pour faire passer ses idées, et que ses idées, révélatrices d’un certain climat en France, méritent d’être passées en revues et à la loupe de l’analyse critique, me voilà obligé de faire ce jour une petite entorse à la règle.

Qui est Maître Francis Lec ? Avocat “socialiste” (comme quoi décidément socialisme ne rime plus avec progressisme), apprend-t-on sur Rue89, on l’a d’abord connu pour ses prises de position très violentes à l’égard des agressions d’élèves sur professeurs. Mais attention, car le Maître a sa définition toute personnelle de l’”agression”, sur laquelle nous reviendrons. Reprenant finalement un peu l’idée qu’il faut terroriser les terroristes, il décide d’appliquer l’idée aussi aux élèves.

Ainsi le monsieur se déclare-t-il favorable à “une vraie réponse judiciaire” à toutes les incivilités, et même “à une réponse pénale systématique” en cas d’insulte grave d’un élève (par opposition à une simple médiation pénale ou rappel à la loi, qui sont une façon pour la justice pénale de faire les gros yeux sans passer par un long et inutile procès), et conseille-t-il aux professeurs “de porter systématiquement plainte” en cas d’agression, de quelque forme que ce soit, et ce quel que soit l’âge de l’élève : 11 ans, en 6ème ? Oui sans problème.

Et en effet, en matière d’agression, l’avocat en a sa définition bien à lui (enfin au demeurant, pas tout à fait), suffisamment large pour que chacun aie une bonne raison de porter plainte contre un élève au moins une fois par an : si vous croyez qu’il parle d’agression physique, vous vous trompez. Par agression, il entend aussi insultes, “diffamation”, voire “insinuations” : Qu’est-ce qu’une “insinuation” grave au point de mériter une plainte au pénal, je ne le sais. Décidera-t-il de porter plainte contre moi pour insinuation ? Qu’il sache dans ce cas que je compte faire valoir le fait que je ne le diffame pas, en ne l’attaquant pas lui mais ses propos, et qu’au pire je ferais plaider l’exception de bonne foi, puisque je ne fais que me baser sur les propos lus dans la presse, et qui se cantonnent le plus souvent à le citer.

Ainsi donc, une “diffamation” et une “insinuation” de la part d’un gamin serait pour lui digne d’une attaque au pénal. Alors soyons sérieux et mettons-nous un peu en situation. Est-ce qu’un élève qui dit à un autre, dans la cour de récréation, “Madame Untel je l’aime pas c’est une garce elle m’a mis une sale note alors que j’avais révisé” devrait être passible d’une amende pour diffamation ? Est-ce qu’un élève qui “insinue” en classe que “Madame pourquoi vous m’interrogez toujours moi c’est parce que vous m’aimez pas hein ouais ?” mérite du sursis avec mise à l’épreuve et une inscription au casier judiciaire pour “insinuation” déplacée ? Un élève qui “insulterait” un professeur en disant “Monsieur vous êtes vache j’ai rien fait c’est pas sympa” mérite-t-il de la prison pour insulte à professeur ?

Loin des coups de couteau qu’on nous présente systématiquement en épouvantail, la réalité des “agressions” des élèves dans les classes de 6ème moyennes, c’est pourtant le plus souvent comparable à ce que je viens de présenter.

Et c’est de cela dont Maître Lec se fait le chantre de la pénalisation systématique.  Admirateur de Madame Dati, il défend d’ailleurs ardemment un projet gouvernemental qui consiste à signaler au Procureur de la République toute incivilité causée par un élève du second degré (collèges/lycées) : à savoir les violences, mais aussi les insultes, les insinuations et même… “faire du raffut avec des chaises”. Oui oui, faire du raffut avec des chaises, c’est tellement dangereux pour l’ordre public que le Procureur devrait être systématiquement mis au courant afin d’en faire des petites fiches sur les élèves (et les traduire en justice, le cas échéant). Au rectorat de Paris, où le dispositif est d’ors et déjà en test, on estime d’ailleurs qu’il devrait être étendu au premier degré, c’est à dire écoles élémentaires et… maternelles.

A côté, le “zéro de conduite pour les enfants de 3 ans” (carnet de comportement, détection précoce des troubles du comportement) de Nicolas Sarkozy qui avait tant scandalisé la France fait presque figure de conte de fée co-signé par les Bisounours et les Teletubbies.

Simple avocat ultra-procédurier obsédé par la réponse pénale à toute incivilité, Maître Lec ? Que Nenni !

Car l’on retrouve le Maître en tant qu’avocat de… José Laboureur, le prof du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont qui a jeté les affaires d’un élève, plaqué contre le mur, frappé, et traîné sur plusieurs mètres cet élève de onze ans (dont on apprend qu’il était très bon élève, sage, et que physiquement il en paraissait huit), en pleurs, puis qui a encore trouvé le moyen de se poser en victime, et de remettre un peu d’huile sur le feu régulièrement pour faire conspuer son ancien élève par la France entière.

Bien entendu, il est de son droit de défendre les personnes au pénal tout en souhaitant des réponses pénales : avec un peu de cynisme, on pourrait même dire que ce serait même assez cohérent, quoiqu’un peu véniel. Avec moins de cynisme, on pourrait dire que l’on peut reconnaître d’un délinquant ou d’un criminel qu’il mérite d’être poursuivi en justice, tout en le défendant pour que celle-ci se montre juste, et non pas injustement sévère.

Seulement voilà, face à l’accès de violence du professeur, le Maître plaide non-pas les circonstances atténuantes et la clémence du juge, mais rien de moins que la relaxe !
Vous avez bien lu, celui qui considère que le fait, pour un enfant, de “faire des insinuations” mérite un traitement pénal systématique considère que le fait, pour un quinquagénaire d’1m90, de plaquer contre un mur, frapper puis traîner un enfant de onze ans sur plusieurs mètres n’a pas sa place au pénal, que cela découlerait d’un droit d’autorité légal et inattaquable. Il est très clair : il faudrait traiter judiciairement toute incivilité de la part d’un élève, mais classer sans suite la violence physique de la part d’un professeur.
Vous ne rêvez pas : Pour Maître Lec, “insinuer” est un délit, “frapper plus faible que soi” est un droit.

Adorant visiblement opposer professeurs et élèves, il se fait volontiers spécialiste de l’exploitation de chiffres ostensiblement viciés, en déclarant que les enseignants français sont victime, par jour, de 60 agressions : bien entendu, dans ces soixante agressions, il inclue les insultes, les diffamations, et les insinuations (le terme d’insinuation est d’ailleurs de lui).

Du coup je me permet de poser la question, en toute honnêteté : Combien d’enseignants par jour se permettent des agressions envers les élèves, “diffamations et insinuations” y compris ? Combien d’élèves par jour se font traiter, au choix, de “cancres”, de “ruminants” (lorsqu’ils mâchent du chewing-gum), d’ “inculte”, de “jeune con”, et autres propos que Francis Lec trouve, en d’autres circonstances, comme méritant une réponse pénale ? Combien doivent endurer des piques plus ou moins sympathiques dont certains profs font une marque de fabrique ?

Combien de jeunes par jour entendent des remarques acerbes lâchées devant 30 personnes, de type : “untel, mettez vos neurones en marche et répondez à la question” ou encore, en désignant un élève posant une question, “Rainman est parmi nous !”, quand ce n’est pas des choses plus méchantes comme “unetelle, tu es lourde, dans tous les sens du terme” ou autres remarques sur le supposé QI d’élèves (”de cacahuète” par exemple) ; Et je n’invente rien. Le QI de cacahuète par exemple m’a été cité par un collégien il y a de cela moins d’une semaine. Étrangement, on entend fort peu Maître Lec parler du traitement judiciaire de ces incivilités là.

Combien, donc, de la part des enseignants ? Moins de soixante par jour ? Par établissement scolaire peut-être, et encore… Mais au fond peu importe : cette guerre des chiffres à laquelle s’adonne Maître Lec n’a pas de sens. Parce qu’au fond, dans le contexte actuel, elle sert à légitimer un acte précis d’un professeur précis sur un élève précis.

L’élève était-il de ces soixante “agresseurs” ? Le prof de ces soixante “agressés” ? En fait, tout porte à croire que non. Mais peu importe pour Maître Lec : l’idée sous-tendue est ainsi que, puisque chaque jour, des professeurs sont victimes d’agression, un prof de mauvais poil a bien le droit de s’adonner à un ou deux tabassage d’élève innocent de temps en temps, et s’il peut mesurer 1m35 et peser 28 kilos, c’est encore mieux (à 15 ans, ils se défendent et ça fait mal).

Evidemment, ce n’est pas dit comme ça, mais qu’en comprendre d’autre, lorsqu’on excuse un acte injustifié dans un cas donné par le nombre d’agressions générales (essentiellement verbales) que subissent les professeurs à travers la France ?
Comment un juriste peut-il justifier qu’un professeur s’adonne à la violence sur un individu par l’appartenance de cet individu à une classe supposément agressive ? La punition générale, ou la légitime défense par procuration, est-elle un principe de droit pénal et si oui, depuis quand ?

Est-il impossible de condamner moralement à la fois les élèves qui se permettent des écarts graves de langage et les professeurs qui s’adonnent à des écarts graves de conduite ?

Il semble que ce ne soit pas possible pour Maître Lec : il a séparé le monde de l’éducation en deux camps, puis il a choisi un des deux camp et il le défendra quoi qu’il lui en coûte, dans une mauvaise foi d’ailleurs assez évidente, et quitte à réclamer des sanctions totalement disproportionnées envers le camp adverse (en toute honnêteté, si on avait dû condamner au pénal chaque élève ayant un jour diffamé un enseignant, quelle part de la population française disposerait d’un casier judiciaire vierge à ce jour ?).

Entendons-nous bien : Maître Lec n’est pas tout seul. Il n’est que le représentant médiatique et externe (en tant qu’avocat et non professeur) d’une certaine nébuleuse, de plus en plus vivace chez les enseignants du second degré, qui consiste à considérer leurs élèves comme leurs ennemis, et à leur déclarer une guerre ouverte. Après la “nébuleuse du tout fout l’camp” chez les enseignants du premier degré, voici la “nébuleuse du les élèves sont rien que des monstres assoiffés de sang qu’il faut mater” dans le second degré, et les mater aussi bien à coups de poing qu’à coup de plainte au pénal. Décidément, la haine de cette société française envers sa jeunesse est de plus en plus patente.

Maître Lec, José Laboureur, et tous ceux qui les soutiennent, sont en guerre contre les élèves, ce qui est fâcheux, s’agissant de gens dont - sauf pour Monsieur Lec - leur profession consiste à éduquer ceux-là même envers lesquels ils cachent difficilement leur haine.

Cette haine des élèves et cette guerre ouverte à leur égard se généralise en France (oui car c’est au fond assez franco-français) et en particulier dans le second degré. Fort heureusement, un certain nombre d’enseignants se refusent à rentrer dans ce jeu plus que malsain. Il me semblait néanmoins pas inutile de dénoncer publiquement l’un des chantre de cette guerre. Car quand on attise la haine de sa propre jeunesse, on récolte la tempête au minimum.

Ce n’est pas lorsque le prochain rapport Versini viendra pointer du doigt une augmentation du taux de suicide des adolescents français (le taux de tentatives de suicide est déjà en nette augmentation) qu’il faudra commencer à s’inquiéter de ces Maître Lec, de ces José Laboureur, et de tous ces gens qui jouent avec le feu sur le dos de notre jeunesse, qu’ils conspuent et font conspuer par la France entière, pour des motifs plus que fallacieux.

Tout le monde s’accorde à dire que la jeunesse française est en souffrance : est-il besoin que ces individus en rajoutent une couche ?

José Laboureur - le prof cogneur de Berlaimont - veut son procès !

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La relaxe ! José Laboureur, le professeur du collège Gilles de Chin à Berlaimont qui s’était rendu coupable de violences à la limite du passage à tabac sur un élève de 6ème âgé de 11 ans et qui avait tenté de la faire passer pour une simple giffle lancée en réaction à une insulte, a décidé finalement qu’il n’acceptait pas le plaider-coupable, et réclamait rien de moins que la relaxe !

Pas qu’il conteste les faits, non non non : mais il déclare, accompagné de son avocat Francis Lec (dont nous reparlerons), qu’ils ne sont pas répréhensibles pénalement, qu’il a exercé son “droit d’autorité”. Alors, une bonne fois pour toute, rappellons les actes de ce monsieur, et montrons ce qu’il appelle “son droit d’autorité”. Je cite intégralement Monsieur le Procureur de la République Bernard Beffy :

« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Voici donc ce que Monsieur José Laboureur - quinquagénaire d’1m90 - et avec la complicité corporatiste de la quasi-totalité du monde enseignant, appelle “le droit d’autorité” sur un élève à peine sorti de l’école primaire. Vous le saurez, donc, messieurs-dames, lorsque vous envoyez vos enfants à l’école : tous les adhérents du SNALC et du SNES (les deux syndicats qui ont présenté un soutien inconditionnel à Monsieur je-plaque-un-élève-contre-le-mur -et-je-me-fais-passer-pour-une-victime) considèrent qu’il est de leur droit de plaquer un enfant contre un mur, de le gifler, de le trainer sur plusieurs mètres, et de tenter d’étouffer l’affaire : c’est leur droit d’autorité. Si si, sans rire ! Enfin c’est leur droit, mais il faut que les élèves “n’en parlent à personne” : droit dans ses bottes, Monsieur Laboureur, vraiment ?

On apprend d’ailleurs qu’il n’a pas été sanctionné par sa hiérarchie (vous en doutiez ? vous comprenez maintenant pourquoi le père a porté plainte ?), mais que l’élève lui par contre, a été forcé de changer d’établissement scolaire suite à la pression qui fut exercée sur lui - bravo le corps enseignant.

On apprend également que Monsieur Laboureur aurait déjà été condamné pour attentat à la pudeur (par Le Figaro), il y a de cela un certain nombre d’années déjà.

Que cet élève, si par miracle il devait avoir vent de ce blog, soit assuré de mon soutien et de ma compassion.  C’est peu, mais s’il pouvait savoir que tous les français n’ont pas cédé à la haine irraisonnée d’un enfant, ce serait somme toute toujours ça de pris.

Bien entendu, on va m’opposer l’affirmation que le procureur représente l’accusation, et que par conséquent sa version ne saurait être neutre (bien que ce soit la seule source qui se soit exprimée qui dispose de l’ensemble du dossier à ce jour).

C’est un argument que j’entend, et que je prend au mot.

Je n’ai pas eu ouïe dire que José Laboureur et son entourage contestaient les faits, mais “la qualification pénale”. Si toutefois Monsieur Laboureur, ses avocats (au hasard, Francis Lec alias Maître Je-veux-judiciariser-les-insultes des-élèves-mais-je réclame-la-relaxe-des professeurs-qui-frappent), ou quiconque a un intérêt à défendre l’enseignant dans cette affaire, désire me faire parvenir une autre version des faits, il n’y a aucun problème : elle sera immédiatement publiée, intégralement, en grosses lettres (aussi grosses que tous les autres articles), dans un billet à part, comme il se doit.

Dans l’attente d’une version alternative des faits, je suis bien obligé de me baser sur la seule source crédible dont je dispose. Et celle-ci tranche légèrement (c’est le moins que l’on puisse dire) avec la belle histoire bisounours du vilain élève et du pauvre professeur.

Rendez-vous au procès public que vous avez réclamé, Monsieur Laboureur ! Nous verrons, alors, qui fut le bourreau, qui fut la victime !

Lettre ouverte à la défenseure des enfants.

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Au risque de passer pour un obsessionnel, avec un 3ème billet sur ce même sujet, je reviens sur l’affaire Berlaimont en reproduisant intégralement - avec son accord - la lettre ouverte écrite et publiée par un enseignant à l’attention de Madame Dominique Versini, défenseure des enfants. Pour éviter toute ambiguité, je vous demande de bien noter qu’il s’agit de la reproduction de la lettre publiée par un enseignant, que je ne fais ici que copier-coller.

Voici la Lettre ouverte à Madame la Défenseure des Enfants.

Madame,

au-delà de l’impact médiatique outrancier auquel l’épisode a donné lieu, la gifle lancée par un enseignant à un élève éclaire d’un jour particulier le peu de cas qu’on semble faire en France, tout spécialement dans les établissements scolaires, de la Convention internationale des droits de l’enfant, pourtant signée par la France, mais aussi, plus simplement, du respect le plus élémentaire pour sa personne. Dans son article 19, la convention stipule en effet que « les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (…), de mauvais traitements ou d’exploitation, pendant qu’il est sous la garde de ses parents (…) ou de toute autre personne à qui il est confié ». Bien que le texte de la Convention soit affiché depuis peu dans toutes les salles de classe, le respecte-t-on pour autant ? Pour une gifle dont le retentissement traverse pour une fois les murs de l’école, combien de brutalités « physiques et mentales », de coups, de vexations, d’humiliations sont le lot quotidien d’élèves qui préfèrent se taire, encaisser sans broncher, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils savent bien que, de toutes manières, leur parole ne sera pas entendue. Cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié devant toute la classe, comment devait-il réagir ? L’injure sortie de sa bouche n’est pas venue de rien, elle est la réponse, certes maladroite, à un adulte sorti de son rôle. Dans ses conditions, et même si la gifle qui a suivi peut être imputée à un réflexe impulsif, il est inadmissible que les plus hautes autorités de l’état, derrière le Premier ministre et le ministre de l’Education nationale, aient pu, en apportant leur soutien à l’enseignant fautif, légitimer cette forme de violence et sembler couvrir à l’avance tous les dérapages dont les adultes se rendraient coupables à l’intérieur d’un établissement scolaire. Alors que ces mêmes autorités n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer la violence lorsqu’elle vient des élèves, que la ministre de la Justice réclamait il y a peu « pour les mineurs, une réponse pénale à chaque infraction », on peut quand même s’étonner de la complaisance ainsi manifestée pour la violence lorsqu’elle vient des détenteurs de l’autorité.

Faut-il croire, comme on le soutenait encore il n’y a pas très longtemps, que les coups feraient grandir ou qu’un enfant n’en souffrirait pas ? La campagne lancée dans l’opinion publique suite à cet événement, où, malheureusement, les enseignants ne sont pas les moins virulents, est le signe d’une formidable régression dans le débat éducatif, régression déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, par exemple dans les domaines de la pédagogie ou de la justice des mineurs : des pétitions initiées par des syndicats bien mal inspirés, ont ouvert les vannes à un flot furieux de paroles haineuses qui dépassent de beaucoup les deux protagonistes à l’origine de l’histoire. Il ne s’agit plus de défendre un enseignant mais d’en appeler, avec une brutalité invraisemblable, au retour des « bonnes vieilles méthodes », celles d’une époque où l’on pouvait frapper les enfants en toute bonne conscience, en toute impunité. Avec les conséquences que l’on pressent : vous êtes mieux placée que quiconque, Madame, pour constater les dégâts de la violence exercée sur les enfants, à l’école comme à la maison. Et lorsque des enfants meurent sous les coups, lorsque d’autres sont détruits pour la vie, c’est toujours parce qu’au départ il y a eu ces mots criminels : « c’est pour ton bien ! » (1). Votre fonction de défenseure des enfants vous impose, Madame, d’intervenir dans les médias, auprès de l’opinion publique, des autorités, pour faire cesser ce déferlement irresponsable, pour faire en sorte que, dans les établissements scolaires, la Convention des droits de l’enfant soit autre chose qu’une simple affiche placardée sur un mur, pour que l’on comprenne que les coups portés aux enfants ne sont jamais légitimes, que l’adulte n’a pas toujours raison, que l’enseignant peut aussi avoir des comptes à rendre. Il est plus que temps que, dans les écoles « le droit de l’enfant au respect » (Janusz Korczak) soit réellement pris en considération.

(1) Alice MILLER, C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, Aubier, 1984
Bernard GIRARD
Enseignant
http://journaldecole.canalblog.com

A noter que la lettre ouverte a été envoyée à un certain nombre de médias, dont Libération qui a refusé de la publier, tandis que le président de DEI France - à savoir le président du tribunal pour enfants de Bobigny Jean-Pierre Rosenczveig - l’a publié sur son blog.
Au passage, je trouve intéressant que cette lettre soit envoyée à Dominique Versini : Il y a peut-être un rapport à faire entre cette affaire et son rapport “alarmant” de 2007.

Berlaimont et l’affaire de l’élève giflé (suite)

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Dans les commentaires de mon précédent billet, j’ai noté que beaucoup d’entre vous doutaient de mes sources. Alors, j’ai cherché, comme chacun peut le faire, dans Google Actu. Le lien le plus récent est celui d’un dangereux journal anarcho-laxiste bien connu pour sa défense acharnée des délinquants : j’ai nommé Le Figaro.

Voici l’article du Figaro qui donne un éclairage intéressant sur les faits.

Il me semble pertinent, dans le cadre de ce billet, de citer intégralement le Procureur de la République, Bernard Beffy.

« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Voici le Procureur cité in extenso. Or, l’article est intéressant parce qu’on apprend que cette version est basée sur les interrogatoires de :

  • La directrice de l’établissement scolaire
  • L’infirmière scolaire de l’établissement
  • 6 élèves interrogés
  • L’enseignant

Et que tous donnent cette même version des faits - même l’enseignant qui “reconnait davantage qu’une simple gifle” (encore une fois, je ne fais que citer).

Rappellons que l’enseignant sera jugé en procédure de CRPC - c’est à dire de Reconnaissance Préalable de Culpabilité : le fameux “plaider-coupable”. Ceux qui affirment donc que les choses ne se seraient pas passées comme cela se montrent en fait plus royaliste que le Roi.

Et quand je pense que certains (une majorité de personne, même) ont essayé de faire passer l’enfant pour un affreux délinquant pervers qui a poussé son prof à bout avant de porter plainte dans un accès de machiavélisme, j’ai vraiment les boules. Les boules pour cet enfant, qui a été victime de violences. Oui il faut le dire. Les boules pour tous les autres enfants qui ont été victimes de violence et qu’on a fait passer pour des délinquants, aussi. Car si on l’a fait avec autant de brio pour un, on a dû le faire plus d’une fois dans des affaires moins médiatisées.

Quiconque suit ce blog depuis ses débuts sait que l’un de mes buts était de faire contre-poid face à l’hystérie que l’on connait parfois sur les affaires qui concernent les enfants victimes. Mais en l’occurence, quand il y a violence nette et reconnue, il ne me semble pas juste d’accabler un enfant qui a déjà pas mal morflé. Surtout, j’affirme qu’au vu de la version “officielle” et des témoignages qui composent cette version, continuer à vouloir parler d’une simple “gifle réponse à une insulte” est une escroquerie intellectuelle.

Un peu plus, et c’était l’enfant le coupable de s’être fait maltraîter…

Un mineur se suicide en prison - La faute à pas de chance ?

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Nous sommes en février 2008, les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) ont ouvert en juin dernier : Ils viennent de connaitre leur premier suicide. Simple fait divers ? Pas tout à fait…

L’année dernière en effet, il y eut 72 tentatives de suicide chez les mineurs incarcérés, bien qu’aucun suicide n’aie réussi cette année là. Pour un peu plus de 780 mineurs incarcérés… Cela fait un taux d’environ 10 tentatives de suicide pour 100 personnes.

Pour donner une petite comparaison, le taux de tentatives de suicide à l’extérieur en France - déjà fort préoccupant - est d’environ 0,25 suicides pour 100 jeunes : Le taux de tentative de suicide chez les mineurs est donc 40 fois supérieur chez les mineurs incarcérés.

Dis autrement, chez les mineurs, il y a 4000% d’augmentation du risque de tentative de suicide chez les mineurs incarcérés. Et ces 4000% d’augmentation du risque suicidaire, il y a un certain nombre de personnes qui doivent en rendre compte.

La justice, d’abord, qui incarcère parfois à tour de bras : que chaque juge des enfants sache qu’à chaque fois qu’il prononce une peine de prison ferme, il multiplie par 40 le risque que la personne qu’il a en face de lui mette fin à ses jours, il crée une chance sur dix que cette personne essaye de se suicider.

Le gouvernement, ensuite, et surtout, qui multiplie les mesures répressives favorisant l’incarcération des mômes en dépit de tout bon sens. C’est bien joli de s’émouvoir et de pleurer toutes les larmes de crocodile de son corps comme le fait Madame Dati, mais lorsque l’on essaye à tout prix de multiplier par deux la peine encourue par les mineurs, que l’on tente de baisser l’âge minimum d’incarcération, que l’on pond réforme sur réforme de l’Ordonnance de 1945, alors on ne peut échapper à ses responsabilités : ce sont des gens comme Nicolas Sarkozy et Rachida Dati qui sont responsables de la mort - ou de la tentative de mettre fin à ses jours - de ces mineurs.

Et avec eux, tous les citoyens qui ne s’offusquent pas, voire qui encouragent cette politique du pire.

Qu’on ne fasse pas semblant d’être surpris ! Comment l’être quand on voit les conditions de détention auxquels sont soumis certains mineurs ? Et même quand les conditions de détention sont bonnes…

Le gouvernement aura beau nous ressortir des gimmicks vaguement commerciaux comme “la prison-école” à propos des EPM : c’est bien dans un de ces EPM flambant neuf qu’un adolescent s’est suicidé. Comme quoi malheureusement pour Madame Dati, les faits sont têtus.

Et les faits, c’est que la prison est une punition très dure lorsqu’il s’agit d’un adulte, mais franchement inhumaine lorsqu’il s’agit d’un mineur. Tellement inhumaine que cet adolescent a préféré la quitter les pieds devant qu’y rester une seconde de plus. Parce que même la prison école-centre-aéré-halte-garderie et tous les slogans qu’on pourra nous ressortir ne changeront rien au fait qu’un mineur n’a rien à faire dans une prison, et que la peine de prison - en soi et quelque soit son contenu - est une peine terrible.

Une peine qu’on inflige - et qu’on veut infliger de plus en plus souvent - à des mômes de 13 ans.

Celui-ci en avait seize au moment où il s’est pendu. Nous ne savons pas grand chose de lui, mais nous savons une chose :

Tous, collectivement, et le gouvernement et la justice en premier lieu, par l’utilisation d’une peine inhumaine, nous avons tué cet adolescent.

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