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	<title>Et pourtant, elle tourne... &#187; lycée</title>
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	<description>Droits de l'homme, droits de l'enfant, libertés individuelles et anti-anti-pédophilie...</description>
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		<title>Les lycéens sont déprimés, suicidaires, stressés, mais tout va très bien</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 03:29:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
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		<description><![CDATA["Tout va très bien, Madame la Marquise", nous dit-on inlassablement.

Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.

Voilà, en tout cas, un discours qu'on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu'ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d'une grande facilité, et des profs laxiste au possible.

Le problème, c'est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l'épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l'Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s'intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.

Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l'on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?

Réponse courte : Mal !

Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont "nerveux". Il paraît pourtant que l'école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline... Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d'épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d'années et qui n'ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.

On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n'y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu'éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d'une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n'en est pas terminée pour autant. L'avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c'est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d'heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d'adultes, mais d'adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n'importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l'aise dans ces conditions porte un nom : cela s'appelle le surmenage. Et c'est un motif d'arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.

Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.

Mais l'étude ne s'arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n'est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d'ergonomie, question qui à ma connaissance n'a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.

Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d'un tiers ! A cela s'ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d'un sur dix !
Et l'addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.

Plus d'un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime... avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu'on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d'un lycéen est un long fleuve tranquille...

Le problème, c'est qu'à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d'elle-même, qu'elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s'en fout.]]></description>
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<p>Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.</p>
<p>Voilà, en tout cas, un discours qu&#8217;on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu&#8217;ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d&#8217;une grande facilité, et des profs laxiste au possible.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l&#8217;épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l&#8217;Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s&#8217;intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.</p>
<p>Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l&#8217;on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?</p>
<p>Réponse courte : Mal !</p>
<p>Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont &laquo;&nbsp;nerveux&nbsp;&raquo;. Il paraît pourtant que l&#8217;école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline&#8230; Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d&#8217;épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d&#8217;années et qui n&#8217;ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.</p>
<p>On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n&#8217;y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu&#8217;éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d&#8217;une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n&#8217;en est pas terminée pour autant. L&#8217;avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c&#8217;est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d&#8217;heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d&#8217;adultes, mais d&#8217;adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n&#8217;importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l&#8217;aise dans ces conditions porte un nom : cela s&#8217;appelle le surmenage. Et c&#8217;est un motif d&#8217;arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.</p>
<p>Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.</p>
<p>Mais l&#8217;étude ne s&#8217;arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n&#8217;est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d&#8217;ergonomie, question qui à ma connaissance n&#8217;a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.</p>
<p>Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d&#8217;un tiers ! A cela s&#8217;ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d&#8217;un sur dix !<br />
Et l&#8217;addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.</p>
<p>Plus d&#8217;un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime&#8230; avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu&#8217;on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d&#8217;un lycéen est un long fleuve tranquille&#8230;</p>
<p>Le problème, c&#8217;est qu&#8217;à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d&#8217;elle-même, qu&#8217;elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s&#8217;en fout.</p>
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