Résumé du Rapport Léger : Des affaires d’Outreau en perspective

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C’est aujourd’hui que le Comité Léger (du nom de son directeur Philippe Léger, ancien magistrat) rendait son rapport sur la réforme de la procédure pénale en France. Commandée par Sarkozy, elle ne fait en fait que lister ce qu’il exigeait dès le départ.

Résumons rapidement ce que propose ce rapport :

- Quasiment aucun nouveau droit pour la défense. Quasiment aucune nouvelle protection contre la détention provisoire.

Niveau droits de la défense, l’un des seul progrès serait le droit de voir un peu plus son avocat pendant la garde à vue, et qu’il puisse accéder aux PVs d’audition. Mais attention : il n’a toujours pas accès au dossier, et il n’a toujours pas le droit d’assister son client pendant les interrogatoires. Il demeure donc largement inutile.

La durée de la détention provisoire pourrait être revue à la baisse, mais le changement est comestique, et sera modifié à la hausse au premier fait divers.

Voilà pour les droits de la défense. Pour tout le reste, c’est surtout du droit de l’accusation. Jugez par vous-même :

– Une enquête entièrement menée par l’autorité de poursuite, c’est à dire par l’individu dont la fonction même est de chercher à faire condamner parce qu’il croit à la culpabilité.

C’est en effet la mesure phare du Rapport Léger : la mise à mort du juge d’instruction, qui sera remplacé par le Procureur pour mener son enquête. Le truc, c’est qu’un juge d’instruction était censé instruire à charge et à décharge. Souvent il s’en sortait mal et instruisait très largement à charge.

Mais qui peut croire que le procureur sera meilleur de ce point de vue là ? Culturellement et parce que c’est sa mission, le procureur est l’homme qui accuse, l’homme qui charge. Il est évident qu’il ne pourra instruire qu’à charge parce que c’est sa fonction première.

- Il n’y a donc plus personne pour mener d’enquête « à décharge » :

C’est à dire que quand une enquête aura lieu, on cherchera tout ce qui est susceptible d’accuser l’individu, mais il n’y aura rien ni personne pour tenter de prouver son innocence. L’avocat pourra bien demander à un juge de l’enquête et des libertés de bien vouloir demander au procureur de bien vouloir faire des efforts, mais les effets sont limités. Du reste, il faudra un bien bon avocat, qui s’occupe beaucoup de son client (exit les commis d’office et les avocats payés par l’aide juridictionnelle).

Enfin, nombre d’avocats n’oseront pas trop recourir à cette possibilité par peur de paraître arrogants et pinailleurs, et d’empirer la situation de leur client en le faisant haïr de la magistrature. Un travers déjà courant dans le modèle actuel, qui ne fera que s’empirer.

- Il n’y aura plus de secret de l’instruction.

A défaut de secret de l’instruction, toutes les infos pourront fuiter dans les médias, car le contenu de l’enquête en cours ne sera plus secrète. Les médias pourront donc créer une pression médiatique énorme, et désigner les coupables avant même qu’ils ne soient jugés. On pourra voir des emballement médiatiques terribles créés par une fuite de la partie civile qui dévoilera tel ou tel élément bien choisi, même non-vérifié.

Par exemple, nous pourrons revoir, parfaitement légalement et puissance 1000, ce qu’on a vu quand La Voix du Nord faisait état d’enfants assassinés et enterrés après avoir été violés dans des orgies de notable, au début des années 2000, dans ce qui allait devenir l’affaire d’Outreau. Il s’agit pour le rapport Léger de valider ce principe, de le légaliser, pour permettre qu’il se développe à son plein potentiel.

==> Nous avons donc, dans ce rapport Léger sur la réforme de la procédure pénale (et de l’instruction), la formule parfaite pour créer des centaines de nouvelles affaires d’Outreau chaque année. CQFD.

Bon anniversaire !

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La prise de la Bastille fête son anniversaire, et ce blog aussi, souffle sa toute première bougie.

Lancé le 14 Juillet 2007, Et pourtant elle tourne fête ses un an, en cette date ô combien symbolique, celle où la démocratie et les droits de l’homme sont censés avoir triomphé sur l’arbitraire. C’était en 1789. 219 ans plus tard, il reste en réalité encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la France puisse se prétendre « pays des droits de l’homme » sans que ça ne fasse hurler de rire (ou de colère) la moitié de la planète.

C’est dans ce but que ce blog fut lancé il y a un an, au 14 juillet. Rappellez-vous : dire tout haut ce qu’une minorité ose à peine penser tout bas, parce que c’est cela, la liberté d’expression. Défendre les droits de l’homme, les libertés individuelles. Défendre les enfants contre des projets de société qui ne s’en soucient pas. Parce que c’est cela, l’esprit des Lumières.

Un an d’écrits, d’actions avec la pétition de soutien au jeune Alexandre, mais aussi de débats : parfois enflammés, car beaucoup d’entre vous n’avez pas la langue dans votre poche, y compris parmi mes contradicteurs. Et c’est très bien comme cela ! Je ne veux ni d’un blog aseptisé, ni d’un blog tout entier acquis à ma cause.

Un an en demi-teinte, car la situation des droits de l’homme, des droits de l’enfants, ou des libertés individuelles n’ont guère évolué en France. Satisfecit quand-même, pour ce blog qui existe sans que personne n’aie tenté de le censurer. Ce n’est certes pas dans tous les pays que l’on peut donner son point de vue avec autant de virulence sur les projets du Ministère de l’Intérieur. L’occasion aussi de rendre hommage à l’hébergeur de ce site, la Coopérative Ouvaton, qui met un point d’honneur à garantir le respect de la liberté d’expression de ses hébergés. Ils sont peut-être les derniers en France, alors ils méritent d’autant plus un hommage.

Une nouvelle année s’annonce pour ce blog, auquel j’ai bien l’intention de ne rien changer : je compte toujours donner mon point de vue, sans concession, sur tous les sujets qui me touchent et quite à être politiquement incorrect. Je compte continuer à vous laisser cette tribune que sont les commentaires, que vous partagiez mon opinion ou pas. Je compte continuer à donner les sources de chacune de mes affirmations, pour que vous sachiez, à chaque fois, que je n’invente rien, que je n’affirme rien au hasard, que je ne cède pas aux rumeurs. Bref, que ceci est un blog sérieux et éthique, et pas un simple comptoir de bistrot.

Tant que la justice française ne m’en empêchera pas, et en votre compagnie, je compte continuer à faire vivre ce lieu d’expression et de débat, pour que l’on puisse parler sans tabou de droits de l’homme, de droits de l’enfants, d’anti-anti-pédophilie, de libertés individuelles, et de démocratie, parce qu’il me semble que c’est aussi un peu pour cela, que les citoyens ont pris la Bastille un 14 Juillet 1789, et que c’est aussi un peu cela, que l’on est censé fêter chaque année par des feu d’artifices et un défilé sur les Champs-Elysées.

C’est reparti pour un an, bon anniversaire !

Soutien à Alexandre : le bilan de l’affaire Berlaimont.

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Demain, le professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, Monsieur José Laboureur – celui qui avait maltraîté Alexandre dans l’affaire Berlaimont pour ceux qui n’auraient pas suivi – sera jugé par le tribunal correctionnel d’Avesnes sur Helpe. La pression monte et l’on sait que du côté du professeur, ça bataille ferme pour faire passer ce brave monsieur (violent et alcoolique, mais il ne faut pas le dire) pour un Saint. Changement de technique chez ses avocats d’ailleurs : ayant compris que plaquer un enfant de 11 ans contre un mur sans raison, puis le gifler, avant de le trainer sur plusieurs mètres, ce n’est pas tout à fait ce qu’on peut appeler « un droit de correction raisonnable » dans un collège, ils ne plaideront donc plus que le professeur « avait le droit » mais qu’il « croyait être dans son droit ».

Face à un élève « qui provoquait et cherchait l’affrontement » disait Maître Villesèche au Parisien. Ha bon ? Comment ? On serait curieux de savoir et en effet, cela fera rigoler ceux qui connaissent les faits, y compris tels que les racontait Monsieur Laboureur au début, avant de passer par la moulinette des syndicats enseignants, et cela fera rigoler aussi ceux qui ont vu les bulletins de note d’Alexandre.

Ce fait, totalement nouveau, on ne sait pas trop comment les avocats de Monsieur Laboureur vont les présenter demain, mais on peut prédire que le Procureur va rire jaune. Peu importe : le but pour ces avocats n’est pas de défendre José Laboureur contre une peine par le tribunal, mais de défendre le droit de cogner dans les médias, et d’inverser les rôles entre le coupable et la victime. Mission fort bien accomplie malheureusement puisqu’ils sont plus de 60 000 à avoir soutenus le professeur-cogneur.

De votre côté, vous avez été (presque) 800 à signer la pétition en faveur d’Alexandre. En proportion évidemment, ça paraît peu de choses. Et pourtant… étant donné le peu de relai que nous avons eu dans la presse, et étant donné que nous ne pouvons pas, nous, nous étendre en déclarations calomnieuses dans tous les journaux, télévisés ou papiers, comme le font allègrement Maître Villesèche et l’ultraréac Maître Lec, on peut parler de grand succès. Je vous avoue en tout cas qu’en lançant cette pétition, je n’espérais pas que vous seriez aussi nombreux à signer. Merci du fond du coeur. Et pour ceux que ça intéresse (la plupart d’entre vous j’imagine), je sais qu’Alexandre et sa famille ont beaucoup apprécié votre geste.

Reste à savoir si demain, la justice saura résister aux pressions syndicales et corporatistes qui se préparent à investir le palais de justice, et à donner leur version étrangement tronquée des faits. Elle en sortirait indéniablement grandie. Au contraire des syndicats enseignants qui eux, en soutenant un enseignant violent et alcoolique et en emportant dans une campagne nationale de lynchage un enfant de onze ans, ont définitivement perdu toute crédibilité, au moins en matière de défense des intérêts des élèves. Ils auront beau jeu manifester « pour les élèves » comme ils le font en ce moment, quand on sait ce qu’ils sont capable de leur faire, aux élèves. C’est qu’il existe des enseignants qu’on ne sera pas fâché de voir partir en retraite.

L’affaire se joue donc demain. Nous souhaitons donc beaucoup de courage à Alexandre et à sa famille.
Et en ce qui concerne mes lecteurs, hé bien, je vous tiendrais bien entendu au courant.

Le deuxième aveu confirmé par Interpol : on ne cherche pas à protéger les enfants !

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Dans mon billet précédent, j’expliquais qu’involontairement, le Ministère de l’Intérieur avait avoué un certain nombre de choses. Et notamment que si on veut protéger les pitizenfants de la pédopornographie, c’est parce qu’ils ne sont pas les derniers à la rechercher… voire à la fabriquer.

C’est dans un article du journal Irlandais Independant.ie (vous savez ? les irlandais : ceux qui ont l’outrecuidance de voter pour ce qu’ils veulent au lieu de voter pour ce qu’on leur dit), que l’on apprend l’information, une véritable petite bombe qui gagne à être connue en France :

« CHILDREN as young as 10 years of age are taking sexually explicit pictures of themselves before uploading them onto the internet — according to Ireland’s leading Criminal Intelligence Officer at Interpol. »

En français : Des enfants âgés de parfois seulement 10 ans prennent des photos à caractère sexuels d’eux-même avant de les envoyer sur internet – selon l’officier en chef chargé du renseignement sur le crime de la branche irlandaise d’Interpol.

Et de détailler : « Everything from posing naked to actual sex acts on web cams. We are seeing a lot more self-produced child pornography to the extent that self-taking child abusive material is one of our biggest problems at the moment. »

Ce qui signifie que ces jeunes, qui vont de se montrer tout nu jusqu’à réaliser des actes sexuels devant leur webcam, représentent l’un des plus gros problème des gouvernements – et d’Interpol – en ce moment.

Je vous laisse découvrir l’article complet, qui est cité en référence (comme d’habitude – vous savez que je n’ai pas l’habitude d’affirmer des choses au hasard), et qui est une véritable perle. On y apprend donc que la pédopornographie, ce n’est plus, contrairement à ce qu’on nous avait affirmé pendant des années, des enfants victimes de viols affreux par des adultes, lesquels viols seraient mis en ligne par ces mêmes adultes.

Non, la pédopornographie, « l’un des plus gros problème d’Interpol en ce moment », ce sont des jeunes qui prennent par eux-même l’initiative de se montrer nu et de se tripoter devant leur webcam.

Quel est le danger ? Juridique d’abord : « c’est de la pédopornographie » : on comprend mieux pourquoi en France, on s’est à ce point acharné sur les pauvres gamins de 11 ans qui avaient eu le malheur de se filmer en train de jouer à touche-pipi avec la petite soeur : s’ils ont été arrachés à leur famille, mis en examens et placés en garde à vue, ce n’est pas pour défendre la petite soeur comme on nous l’avait prétexté : c’est pour défendre la loi et l’ordre moral ! Cela se confirme par la mise en examen de trois adolescents qui ont eu l’outrecuidance de faire tourner dans la cour du collège la vidéo de leurs ébats avec une fille du collège dont la police avoue ouvertement qu’elle était consentante ! Ce n’est donc pas pour protéger les enfants, d’ailleurs si l’on voulait protéger les enfants d’un traumatisme, on leur épargnerait la garde à vue et la mise en examen : il s’agit uniquement de protéger l’ordre moral !

L’ordre moral, parlons-en : c’est évidemment le deuxième problème que pose ce nouveau genre de pédopornographie (pas si nouveau, en fait). Et l’article irlandais est très clair là-dessus : c’est essentiellement un problème moral. C’est mal parce que c’est mal !

Il n’est donc plus question, pour Interpol, de « défense des enfants » – et les politiques d’Interpol sont définies par les gouvernements qui le composent. Et pour cause : cette pédopornographie est créée à l’initiative des enfants, et cela commence à se savoir, mine de rien, que la masturbation (même devant une lentille de webcam), ne rend ni fou, ni sourd. On pourrait essayer de nous faire croire qu’elle ne rend pas fou mais traumatisé : mais ça risquerait de se voir, que c’est juste une version moderne d’un discours vieux d’un peu plus d’un siècle et qu’on pensait tombé en désuétude.

Non, il est désormais uniquement question de défendre la loi et les bonnes moeurs, quitte à ce que les enfants eux-même soient considérés comme les coupables de ces affronts.

« Cachez ce zizi de pré-adolescent que je ne saurais voir ! », tel est le crédo de nos gouvernements. Et avec celui-là, un autre : « Kids, don’t do this at home, sinon vous irez en enfer prison. » Il n’est absolument plus question de sauver les enfants de quelque danger que ce soit : exclusivement de protéger la société contre le risque de voir quelque chose qui lui déplait.

On conçoit donc de mieux en mieux ce qui s’impose comme une évidence : nous ne défendons plus les enfants, nous défendons l’Ordre Moral. La soi-disante défense des enfants a fait long feu.
Car cet article est la preuve – s’il en était besoin – que ce n’est plus des viols d’enfants dont notre société a peur : c’est de toute forme de sexualité infantile.

Filtrage du web : les 10 aveux qui font tâche !

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Alors que le gouvernement s’apprête à installer un grand firewall à la chinoise « comme toutes les démocraties » pour filtrer le web, on sait que l’industrie du disque regarde de près les possibilités qu’offrent cette grande idée du Ministère de l’Intérieur. Pour justifier la mesure, on nous ressors le couplet des vilains pédophiles et des pitizenfants à protéger.

Evidemment risible, Michelle Aliot-Marie ne recule devant aucun amalgamme pour justifier la mesure : il s’agit tantôt de « protéger les enfants » contre les contenus choquants sur internet (il paraît que 36% est confronté à des images « choquantes et traumatisantes » chez les 11-17 ans.. mon Dieu, le gouvernement découvre que les jeunes sont fans de films d’horreur et de gore, et feignent de croire que cela n’existe que sur internet), tantôt de lutter contre « des images insoutenables » et les viols d’enfants qu’ils sont censés supposer, et desfois on justifie la mesure par de supposés pervers qui séduiraient les pitizenfants sur internet, et de nous ressortir les classiques enquêtes sur les dizaines de milliers d’enfants enlevés par internet… ou à qui simplement un adulte a adressé la parole : c’est la même chose (il parait). Curieux mélange des préoccupations rassemblés sous la bannière de la « lutte contre la pédophilie » : comme ce terme fourre-tout est pratique ! Il a le mérite d’annihiler tout esprit critique chez les gens. Premier aveu : la ministre ne sait pas exactement pourquoi elle veut filtrer le web. Mais elle veut le filtrer !

Or, donc, en tout cas, il faut sauver les pitizenfants des affreux pédopornographes. Et pour cela, filtrer les sites pédopornographiques ! Déjà une série d’autres aveux… D’abord, pace qu’on sait qu’on ne tombe pas par hasard sur un site pédopornographique. Ce seraient donc les pitizenfants eux-même qui seraient à l’affut de ces sites ? Ce serait là un deuxième aveu, et qui ferait tâche pour le moins. Et pourtant quand on y pense… qu’est-ce que de la pédopornographie ? Un mineur tout nu ? Messieurs-dames, pères et mères de famille, si vous saviez ce que certains mineurs font avec leur webcam lorsque leurs parents ont le dos tourné… que voilà d’affreux pédopornographes ! Le fait est qu’ils ne traumatisent personne à part leurs parents, en tout cas pas les pitizenfants.

Plus drôle, enfin si j’ose dire, nous allons donc filtrer les sites pédopornographiques pour protéger les pitizenfants, mais pas le reste ! Les enfants pourront donc continuer à consulter, au choix, des sites faisant l’apologie du racisme, des sites à contenu ultra-violent, des sites de photos gores, des scènes de meurtres, de viols de femmes, les décapitations de soldats par des membres d’Al Qaeda (ça tournait beaucoup sur internet à une époque, et bizarrement personne ne s’en offusquait). Tout cela n’est pas choquant pour les petits enfants ! Ca, ils peuvent continuer à regarder, ce n’est ni dangereux ni choquant. D’ailleurs on en voit plein aux 20h : c’est bien la preuve que c’est sain et familial, une bonne décapitation, non ? Non ce qui est dangereux, ce sont les mineurs tous nus ! CA c’est traumatisant ! Troisième aveu.

Quatrième aveu : Ce ne sera pas à la justice de déclarer un site comme « à filtrer », mais le gouvernement qui en décidera, à sa discrétion,e t avertira les fournisseurs d’accès. Court-circuitage de la justice : l’Etat décide seul de ce qui doit, en France, être lisible ou pas sur internet ! Comme en Chine, en somme.

A ce propos, et cinquième aveu, les Renseignements Généraux auraient une liste de 385 « sites pédophiles » à filtrer. D’abord c’est quoi un site pédophile ? C’est un site attiré sexuellement par les enfants ? On pourrait parler de sites pédo-pornographique, mais il est possible que ce ne soit pas vraiment uniquement la pédopornographie qui est visée à dire vrai. Or donc, 385 sites : depuis le temps que les dames patronnesses, présidentes d’association de défense du slip des pitizenfants nous bassinent avec leurs « 300 000 sites pédophiles et ça augmente exponentiellement »… de 300 000 sites, on pase à 385. C’est clairement la montage qui accouche de la souris. Et on apprend qu’on s’était donc bien fichu de nous avec cette histoire de centaines de milliers de sites. Les associations de défenses des pitizenfants et autres lobbyistes de la théorie du grand complot pédo-nazi sur internet ont fait long feu ! Et de cinq donc.

Au fait, 385 sites, c’est bien, mais sur combien ? Difficile d’estimer la taille exacte du web, mais on peut l’estimer grâce à des moteurs comme Yahoo et Google, qui ont arrêté de compter après les premiers dizaines de milliards de pages. En 2005, Yahoo avait indexé près de 20 Milliards de pages. Il semble donc que parler de 38,5 Milliards de pages au total, aujourd’hui, soit une estimation raisonnable. 385 sites sur 38,5 Milliards de pages, c’est donc mettre en place un firewall à la chinoise pour un site web malsain sur 100 Millions de sites sains. Ou pour la faire en pourcentage, pour 0,000001% du web. Sixième aveu.

Encore plus énorme ! On apprend que sur ces 385 sites, 95% sont hébergés à l’étranger… cela veut dire qu’il y en a donc 5% qui sont hébergés en France ! Autrement dit : il y aurait des sites pédophiles connus des services de renseignement généraux, reconnus comme pédophiles, localisés, sur le territoire français, mais… personne ne les fait fermer ! On va les filtrer, mais on ne les ferme pas ! Cela peut signifier deux choses :

  • Soit ces sites sont bel et bien illégaux (pédopornographie) et alors on se demande ce qu’ils font encore hébergés sur le sol français ! Il n’est tout de même pas bien compliqué de toquer à la porte d’un hébergeur français avec une commission rogatoire et de demander de débrancher la prise. Et il n’existe aucun hébergeur français qui fera de la résistance si le site est effectivement illégal. Je me demande donc ce qu’attendent les brigades anti-cybercriminalité pour faire fermer ces sites et poursuivre leurs auteurs. Ils en ont arrêté d’autres pour bien moins que cela. Septième aveu et non des moindres.
  • Ou alors la réalité est que ces sites sont légaux, et qu’il ne s’agit pas de pédopornographie ! Il s’agit de sites légaux, mais qu’on va filtrer quand même parce qu’ils déplaisent aux renseignements généraux. L’info n’est pas neuve : Dans une conférence donnée en 2007 aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre à Amiens, Benjamin Bayart, spécialiste en réseaux et télécoms (président du plus ancien fournisseur d’accès internet vivant de France), expliquait qu’il était déjà arrivé que les R.G. « demandent en loucedé » aux fournisseurs d’accès à internet de filtrer les sites de dissidents, non-pas parce qu’ils font quelque chose d’illégal, mais simplement parce que tous ces gens qui dissident, ça fait chier !
    Il semble possible que cela soit ce qui se prépare. « Et pourtant, elle tourne » sera-t-il filtré parce que nous refusons de hurler avec les loups quand il est question de pédophilie ? Allez savoir ! Il est possible aussi que la cible soit un certain nombre de sites de discussion pour pédophiles et autour de la pédophilie, qui ne contiennent rien d’illégal (pas d’images, rien) mais qui tiennent un discours, il faut bien le dire, déplaisant pour la population et le gouvernement : ce discours, je ne vous le reproduirais pas dans ces lignes. Et mon propos n’est pas de le juger. Mais à partir du moment où ces sites sont légaux, les filtrer représente ni plus ni moins qu’une forme de censure politique ! Benjamin Bayart avait prévu, mais à l’époque ça se faisait en douce. Maintenant le gouvernement l’admet plus officiellement : La France s’apprête à censurer des sites légaux parce que les propos déplaisent ! Huitième aveu !

Evidemment, chacun sait que s’il n’y a que 385 sites « filtrables », ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de pédopornographie sur internet. C’est essentiellement parce que cela fait bien longtemps qu’elle se distribue via d’autres protocoles internet que les sites web. Peer to peer, discussion en direct (IRC), réseaux cryptés (Freenet), newsgroups… bref tout sauf le « worldwide web » ! Vouloir filtrer des « sites » pour lutter contre la pédopornographie, c’est un neuvième aveu : celui que le Ministère de l’Intérieur n’y connait strictement rien au fonctionnement d’internet et au sujet sur lequel il la ramène !

Dixième et dernier aveu : si vous croyez qu’il n’y a que la pédopornographie qui est visée, vous rêvez tout debout : Nadine Morano elle même parlait de sites pédopornographiques « ou illégaux », et aussi de restreindre l’accès à des sites « à risque mais non-illégaux » : encore la censure politique qui s’annonce (filtrer des sites non-illégaux, c’est osé !). Mais c’est aussi assez évident : il y a bien des sites illégaux quoique non-pédopornographiques, tels que par exemple… les sites qui diffusent illégalement des contenus protégés par le droit d’auteur. Autrement dit, il s’agirait assez vite de filtrer aussi tout ce qui a trait au piratage. C’était le sens de l’article L331-22 de la loi HADOPI contre le piratage de musique sur internet (dit « Loi Olivennes ») : retoqué par le conseil d’Etat, cette mesure pourra donc revenir dans une nouvelle loi, cette-fois ci sous prétexte de sauver les pitizenfants contre les affreux pédo-nazis ! Et de dix aveux !

Voilà bien dix preuves que cette histoire de « filtrage du web » est une vaste fumisterie. Voilà donc bien dix aveux qui font tâche.

« Soutien à Alexandre » : 200 signatures ! Merci !

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Dans le cadre de la pétition « Soutien à Alexandre », nous venons – vous venez – de dépasser les 200 signatures.

C’est une grande réussite pour nous tous, chacun des signataires.

Lorsque j’ai lancé cette initiative, j’ai écrit : « si nous pouvions être quelques dizaines à faire savoir à cet enseignant et à cet élève que non, la version AFP/Laboureur/Maître Lec n’a pas convaincu toute la France, je pense que nous rendrions service à un enfant de onze ans qui en a probablement fort besoin. »

Aujourd’hui, grâce à vous tous, ce n’est pas par dizaines, qu’Alexandre devra compter ses soutiens, mais bel et bien par centaines !

Et en effet, les signatures sont nombreuses et continuent à arriver (plus lentement), grâce à vos efforts à tous, et aux nombreuses personnes qui ont signé et fait signer la pétition, l’ont diffusée sur de nombreux blogs, et sur certains forums. C’est parti de rien et avec des moyens quasi-inexistants que nous avons lancé cette initiative, sans être soutenu ni activement ni passivement, contrairement aux deux autres pétitions, ni par Libération, ni par le Nouvelobs, ni par leurs sites respectifs, ni par TF1, ni par France 2, ni par aucune chaîne de télévision, et à peine par quelques blogs. Nous sommes évidemment bien loin des 40 000 signatures du SNES (encore que l’on devrait plutôt parler de 30 000 signatures réelles), mais vu les circonstances, et vu notre absence de tribune dans les médias, on peut déjà parler d’immense succès, tant nos moyens sont réduits.

Sans vous, cette pétition n’aurait été rien de plus qu’un pétard mouillé. Sans votre bonne volonté à tous, rien n’aurait été possible.

C’est parce que chacun d’entre vous a pris le temps de lire, de se renseigner sur la vérité des faits, de réfléchir et parfois d’accepter de se remettre en question et d’accepter une autre version que celle qui vous avait initialement convaincue, c’est parce que chacun d’entre vous a fait l’effort de signer et parfois, de faire tourner l’information que nous avons obtenu un si bon résultat. Merci infiniment. Et ce n’est pas fini.

La mobilisation doit continuer.

Aujourd’hui, donc, nous avons plus de deux cents noms à envoyer à la famille d’Alexandre, et aux autres personnes concernées dans cette affaire (au SNES de Lille notamment, qui déclarait sans rire n’avoir pas reçu « une seule critique » de leur démarche). C’est énorme ! Mais est-ce une raison pour s’arrêter en si bon chemin ?

Nous avons été plus de deux cents à nous mobiliser, mais bien d’autres personnes encore peuvent le faire. Soit qu’ils peuvent comprendre qu’ils ont été manipulés, soit qu’ils connaissent déjà la véracité des faits et attendent d’être mis au courant de l’existence de cette pétition.

Nous pouvons donc, tous ensemble, faire encore grimper ce chiffre. Alors faisons-le.

Comment offrir à cette pétition un succès croissant ?

Pour ce faire, outre le fait de signer la pétition, vous pouvez opérer de plusieurs façons :

  • Faites signer votre famille proche (épouse, époux, enfants, parents…).
  • Informez votre famille plus éloignée et vos amis, prévenez votre carnet d’adresse sur MSN ou encore par mail.
  • Publiez un appel à signer et à faire tourner sur votre blog ou votre site.
  • Parlez-en autour de vous : collègues de travail, voisins, membre des associations que vous fréquentez, syndicat auquel vous appartenez…
  • Parlez-en dans les blogs que vous fréquentez, ainsi que dans les rubriqus appropriées des forums sur lesquels vous avez l’habitude de poster.
  • Soyez inventif : si vous connaissez d’autres façon de faire connaitre cette pétition, n’hésitez pas. Et informez-en nous également, si vous le voulez bien.

Mais surtout, ce que vous ne devez pas faire :

  • Ne lancez pas de chaîne de mail : celles-ci deviennent souvent incontrôlables et se retrouvent déformées, modifiées, tronquées, et peuvent tourner pendant des années sans que l’on puisse les arrêter.
  • Ne spammez pas : n’envoyez pas de courriers non-sollicités à des inconnus, ne polluez pas les blogs, ne postez que sur les forums appropriés (rubriques discussions diverses etc.), de manière raisonnée.
  • Ne signez pas pour autrui sans son accord explicite, ne signez pas sous plusieurs identités inventées, ne signez pas plusieurs fois, afin que – contrairement à d’autres pétitions (suivez mon regard et lisez attentivement les signatures à celle du SNES) – la pétition de soutien à Alexandre conserve toute sa crédibilité et son sérieux. A ce titre, je surveille attentivement cette pétition et supprime systématiquement les doublons manifestes (même email, même IP et nom de famille différent, etc.).

Encore une fois, merci infiniment pour votre mobilisation et votre geste. Ce succès était inespéré, ce succès, c’est le votre, ce succès, nous nous le devons à tous. Merci, merci, merci.

La mobilisation pour Alexandre est, à ce jour, un beau succès. Continuons !

Samuel
Initiateur de la pétition Soutien à Alexandre
http://petition.et-pourtant.org

Affaire Berlaimont / Gilles de Chin – La contre-pétition Soutien à Alexandre

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Pour ceux qui n’auraient pas bien suivi l’affaire Gilles-de-Chin / Berlaimont / José Laboureur, je vous renvoie à cette page.

Pour les autres, après mûres réflexion, et en réaction aux deux pétitions et aux plus de 40 000 lettres de soutien inconditionnel à José Laboureur, à qui on a donné le Bon Dieu sans confession, j’ai décidé de publier une contre-pétition, que je vous invite à signer avec moi. Ci-dessous, je vous en expose les motifs :

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Soutien à Alexandre : Contre-pétition contre la violence et en faveur de l’élève frappé du collège Gilles-de-Chin.

Rappel des faits :

En Janvier 2008, les médias font état d’un professeur du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont, monsieur José Laboureur, qui, ayant giflé un élève l’ayant traîté de « connard », se retrouve mis en examen pour violence aggravée.

C’est sur la foi de cette version que le professeur a reçu plus de 40 000 lettres de soutien, et que le SNALC et le SNES, deux syndicats enseignants, ont diffusé une pétition de soutien le concernant, pendant que l’élève était sanctionné, renvoyé, avant d’être forcé à changer d’établissement scolaire, et conspué par la France entière, sous le silence complice de son professeur.

Cette version, toutefois, n’est basée sur aucune source sérieuse. La Justice de notre pays, par la voix du Procureur de la République Bernard Beffy, donne de son côté la version suivante :

« Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Contrastant largement avec la version donnée usuellement dans les médias, c’est là d’une scène de maltraitance sur enfant dont nous informe Monsieur le Procureur.

Par conséquent :

Nous, citoyens de convictions et de professions diverses, souhaitons par la présente :

- Rappeller que loin d’une simple gifle, cette affaire en est une de maltraitance inacceptable et injustifiable, qui ne peut en aucun cas être réduite à une histoire de « professeur qui met une gifle parce qu’il se fait traiter de connard », et renvoyer chacun à la version de Monsieur le Procureur de la République.
- Affirmer que dans notre pays, la maltraîtance et plus généralement la violence sur enfant n’est pas acceptable quelque forme qu’elle prenne et quelle qu’en soit la raison, et surtout pas des actes de violence injustifiée de la part d’un éducateur professionnel envers un enfant de 11 ans.
- Affirmer notre foi en la justice de ce pays, exiger que toute la vérité soit faite et publiquement connue sur cette affaire, et faire savoir notre désir de voir le professeur effectivement renvoyé devant le tribunal correctionnel pour y être jugé et, le cas échéant, condamné comme il se doit, en fonction des actes réels et non de ceux rapportés dans la presse.
- Nous élever contre une certaine conception de l’éducation (témoigné par les français en de nombreux endroits) et contre un certain corporatisme (exposé par les pétitions du SNES et du SNALC) qui consiste à blanchir un homme violent, lui attribuant le statut de victime, et à conspuer un enfant victime de violences.
- Dire à Monsieur Laboureur notre regret qu’il ne veuille pas assumer son erreur en la reconnaissant, et sinon en présentant des excuses à son élève, au moins en sortant de son silence pour que ce dernier cesse d’être insulté par des milliers d’individus.

- Enfin et surtout, nous voulons affirmer notre soutien et notre solidarité à Alexandre, l’élève de 6ème du collège Gilles-de-Chin à Berlaimont frappé par son professeur, et victime d’une violence injustifiée et disproportionnée, ainsi que d’insultes scandaleuses et inacceptables de la part de courageux anonymes de la France entière. Nous souhaitons lui faire savoir que des citoyens sont avec lui, et lui souhaitent bon courage pour la suite de ses études.
Jeune homme, nous sommes à tes côtés, courage Alexandre !

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Pour signer cette contre-pétition, c’est ici que ça se passe.

Il s’agit avant tout de faire savoir à tous les intéressés dans cette affaire que la France ne parle pas d’une seule voix. Je ne m’attend pas à avoir des milliers de signature étant donné que je n’ai pas la tribune à laquelle a eu droit José Laboureur dans les médias, mais si nous pouvions être quelques dizaines à faire savoir à cet enseignant et à cet élève que non, la version AFP/Laboureur/Maître Lec n’a pas convaincu toute la France, je pense que nous rendrions service à un enfant de onze ans qui en a probablement fort besoin.

Je compte donc sur vous.

Lettre ouverte à la défenseure des enfants.

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Au risque de passer pour un obsessionnel, avec un 3ème billet sur ce même sujet, je reviens sur l’affaire Berlaimont en reproduisant intégralement – avec son accord – la lettre ouverte écrite et publiée par un enseignant à l’attention de Madame Dominique Versini, défenseure des enfants. Pour éviter toute ambiguité, je vous demande de bien noter qu’il s’agit de la reproduction de la lettre publiée par un enseignant, que je ne fais ici que copier-coller.

Voici la Lettre ouverte à Madame la Défenseure des Enfants.

Madame,

au-delà de l’impact médiatique outrancier auquel l’épisode a donné lieu, la gifle lancée par un enseignant à un élève éclaire d’un jour particulier le peu de cas qu’on semble faire en France, tout spécialement dans les établissements scolaires, de la Convention internationale des droits de l’enfant, pourtant signée par la France, mais aussi, plus simplement, du respect le plus élémentaire pour sa personne. Dans son article 19, la convention stipule en effet que « les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (…), de mauvais traitements ou d’exploitation, pendant qu’il est sous la garde de ses parents (…) ou de toute autre personne à qui il est confié ». Bien que le texte de la Convention soit affiché depuis peu dans toutes les salles de classe, le respecte-t-on pour autant ? Pour une gifle dont le retentissement traverse pour une fois les murs de l’école, combien de brutalités « physiques et mentales », de coups, de vexations, d’humiliations sont le lot quotidien d’élèves qui préfèrent se taire, encaisser sans broncher, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils savent bien que, de toutes manières, leur parole ne sera pas entendue. Cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié devant toute la classe, comment devait-il réagir ? L’injure sortie de sa bouche n’est pas venue de rien, elle est la réponse, certes maladroite, à un adulte sorti de son rôle. Dans ses conditions, et même si la gifle qui a suivi peut être imputée à un réflexe impulsif, il est inadmissible que les plus hautes autorités de l’état, derrière le Premier ministre et le ministre de l’Education nationale, aient pu, en apportant leur soutien à l’enseignant fautif, légitimer cette forme de violence et sembler couvrir à l’avance tous les dérapages dont les adultes se rendraient coupables à l’intérieur d’un établissement scolaire. Alors que ces mêmes autorités n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer la violence lorsqu’elle vient des élèves, que la ministre de la Justice réclamait il y a peu « pour les mineurs, une réponse pénale à chaque infraction », on peut quand même s’étonner de la complaisance ainsi manifestée pour la violence lorsqu’elle vient des détenteurs de l’autorité.

Faut-il croire, comme on le soutenait encore il n’y a pas très longtemps, que les coups feraient grandir ou qu’un enfant n’en souffrirait pas ? La campagne lancée dans l’opinion publique suite à cet événement, où, malheureusement, les enseignants ne sont pas les moins virulents, est le signe d’une formidable régression dans le débat éducatif, régression déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, par exemple dans les domaines de la pédagogie ou de la justice des mineurs : des pétitions initiées par des syndicats bien mal inspirés, ont ouvert les vannes à un flot furieux de paroles haineuses qui dépassent de beaucoup les deux protagonistes à l’origine de l’histoire. Il ne s’agit plus de défendre un enseignant mais d’en appeler, avec une brutalité invraisemblable, au retour des « bonnes vieilles méthodes », celles d’une époque où l’on pouvait frapper les enfants en toute bonne conscience, en toute impunité. Avec les conséquences que l’on pressent : vous êtes mieux placée que quiconque, Madame, pour constater les dégâts de la violence exercée sur les enfants, à l’école comme à la maison. Et lorsque des enfants meurent sous les coups, lorsque d’autres sont détruits pour la vie, c’est toujours parce qu’au départ il y a eu ces mots criminels : « c’est pour ton bien ! » (1). Votre fonction de défenseure des enfants vous impose, Madame, d’intervenir dans les médias, auprès de l’opinion publique, des autorités, pour faire cesser ce déferlement irresponsable, pour faire en sorte que, dans les établissements scolaires, la Convention des droits de l’enfant soit autre chose qu’une simple affiche placardée sur un mur, pour que l’on comprenne que les coups portés aux enfants ne sont jamais légitimes, que l’adulte n’a pas toujours raison, que l’enseignant peut aussi avoir des comptes à rendre. Il est plus que temps que, dans les écoles « le droit de l’enfant au respect » (Janusz Korczak) soit réellement pris en considération.

(1) Alice MILLER, C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, Aubier, 1984
Bernard GIRARD
Enseignant
http://journaldecole.canalblog.com

A noter que la lettre ouverte a été envoyée à un certain nombre de médias, dont Libération qui a refusé de la publier, tandis que le président de DEI France – à savoir le président du tribunal pour enfants de Bobigny Jean-Pierre Rosenczveig – l’a publié sur son blog.
Au passage, je trouve intéressant que cette lettre soit envoyée à Dominique Versini : Il y a peut-être un rapport à faire entre cette affaire et son rapport « alarmant » de 2007.

Berlaimont et l’affaire de l’élève giflé (suite)

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Dans les commentaires de mon précédent billet, j’ai noté que beaucoup d’entre vous doutaient de mes sources. Alors, j’ai cherché, comme chacun peut le faire, dans Google Actu. Le lien le plus récent est celui d’un dangereux journal anarcho-laxiste bien connu pour sa défense acharnée des délinquants : j’ai nommé Le Figaro.

Voici l’article du Figaro qui donne un éclairage intéressant sur les faits.

Il me semble pertinent, dans le cadre de ce billet, de citer intégralement le Procureur de la République, Bernard Beffy.

« « Il ne s’agit pas du tout d’une simple gifle, mais bien d’une vraie scène de violence longue de 1 minute qui dépasse largement les bornes. La classe entière a été choquée par ce qui s’est passé, et ce sont deux élèves traumatisées qui, à la fin du cours, se sont rendues à l’infirmerie pour raconter ce à quoi elles venaient d’assister.
A aucun moment le professeur n’a demandé à l’élève de débarrasser son bureau. L’enseignant a tout renversé sans un mot et c’est alors que l’élève de 11 ans, qui en paraît 8 physiquement, lui a demandé pourquoi il avait fait cela. Le professeur l’a saisi par le col et poussé contre le mur, l’enfant l’a insulté, la gifle est partie. Le professeur a ensuite traîné l’élève en larmes, qui ne touchait pas terre, jusqu’à son bureau, puis dans une salle attenante où il a exigé des excuses qu’il a obtenues avant de ramener l’enfant dans la classe en lançant que la parenthèse était refermée et que personne ne devait parler de ce qui s’était passé… »

Voici le Procureur cité in extenso. Or, l’article est intéressant parce qu’on apprend que cette version est basée sur les interrogatoires de :

  • La directrice de l’établissement scolaire
  • L’infirmière scolaire de l’établissement
  • 6 élèves interrogés
  • L’enseignant

Et que tous donnent cette même version des faits – même l’enseignant qui « reconnait davantage qu’une simple gifle » (encore une fois, je ne fais que citer).

Rappellons que l’enseignant sera jugé en procédure de CRPC – c’est à dire de Reconnaissance Préalable de Culpabilité : le fameux « plaider-coupable ». Ceux qui affirment donc que les choses ne se seraient pas passées comme cela se montrent en fait plus royaliste que le Roi.

Et quand je pense que certains (une majorité de personne, même) ont essayé de faire passer l’enfant pour un affreux délinquant pervers qui a poussé son prof à bout avant de porter plainte dans un accès de machiavélisme, j’ai vraiment les boules. Les boules pour cet enfant, qui a été victime de violences. Oui il faut le dire. Les boules pour tous les autres enfants qui ont été victimes de violence et qu’on a fait passer pour des délinquants, aussi. Car si on l’a fait avec autant de brio pour un, on a dû le faire plus d’une fois dans des affaires moins médiatisées.

Quiconque suit ce blog depuis ses débuts sait que l’un de mes buts était de faire contre-poid face à l’hystérie que l’on connait parfois sur les affaires qui concernent les enfants victimes. Mais en l’occurence, quand il y a violence nette et reconnue, il ne me semble pas juste d’accabler un enfant qui a déjà pas mal morflé. Surtout, j’affirme qu’au vu de la version « officielle » et des témoignages qui composent cette version, continuer à vouloir parler d’une simple « gifle réponse à une insulte » est une escroquerie intellectuelle.

Un peu plus, et c’était l’enfant le coupable de s’être fait maltraîter…

Élève giflé et enseignant arrêté : Ce qui s’est vraiment passé à Berlaimont.

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Le sujet deffraie la chronique : un professeur d’un collège de Berlaimont (Nord) qui aurait gifflé un élève s’est retrouvé en garde à vue à la suite d’une plainte par le père du jeune collègien de 11 ans. Selon la version des journalistes, « l’élève a traité le professeur de connard, le prof a réagit en gifflant l’élève », fin de l’histoire.

Mais la version donnée par le procureur diffère quelque peu. Voici donc la vraie chronologie des évènements selon le procureur, Monsieur Beffy :

  • La table de l’élève n’étant pas rangée, le professeur arrive là où se trouve l’élève, au fond de la classe, et sans dire un mot, d’un revers de main, met l’ensemble des affaires de l’élève par terre.
  • L’élève demande au professeur « Pourquoi avoir fait cela, monsieur ? »
  • Pour toute réponse, le professeur – dont on apprend qu’il reconnait avoir un problème avec l’alcool depuis 4 ans et qui avait 0,36mg dans le sang au moment de son interpellation – le soulève par le col et le plaque contre un mur de la classe.
  • « Connard » marmonne alors l’enfant, probablement humilié et déjà victime d’une violence à ce moment là des faits.
  • C’est à ce moment là seulement que le professeur lui met une gifle, puis le traine du fond de la classe jusqu’à son bureau (à l’autre bout de la classe), avant de l’amener dans une autre salle pour lui faire rédiger une lettre d’excuse. Devant tous les élèves, dont deux filles, choquées, partent vers l’infirmerie en pleurs.
  • Il reviens ensuite dans la classe en déclarant « L’incident est clos, vous n’en parlez à personne » : une réaction d’enseignant qui n’a rien à se reprocher bien entendu.

Au passage, on apprend que l’élève a été exclu de son établissement pendant 3 jours – ce qui signifie que l’évènement sera mentionnée sur son dossier scolaire : un moyen de lui compliquer l’accès à certains lycées prestigieux notamment si jamais ça devait le tenter. C’est, par expérience, une sanction totalement inhabituelle, une insulte à un prof de ce genre étant généralement sanctionnée par quelques heures de colle.

Dis autrement, il s’agit d’une basse vengeance de la part de la direction du collège Gilles-de-Chin ; Mesquin. D’autant plus qu’on imagine facilement que la plainte est une décision du père et non du fils.

Au fait, le fallait-il, porter plainte ? Je répondrais par un quadruple-oui :

  • Oui parce que c’est apparamment le seul moyen de faire savoir publiquement que des professeurs frappent des élèves (et parfois au dela) : tous les journalistes sont en train de nous dire que l’acte est incroyablement rare, alors j’ai cherché à mener l’enquête : ayant interrogé un certain nombre de collègiens, ils sont unanimes : tous ont connu, dans l’année en cours ou l’année précédente, au moins un professeur qui aura frappé au moins un élève. Parfois plus (et parfois plus grave que des giffles). Les affaires sont presque systèmatiquement étouffées, maintenues privées. Et les enseignants presque jamais sanctionnés par leur hiérarchie, même quand les actes sont nettement plus grave.
  • Oui parce que c’est facile de jouer les vierges effarouchées quand un élève insulte un professeur, alors que l’inverse est assez courant et strictement jamais sanctionné. Le respect c’est à double-sens : « je te respecte, tu me respectes », sinon ce n’est pas du respect mais de l’autoritarisme. Or de ce point de vue là, beaucoup de professeurs ont un comportement inacceptable sans que l’on ne tolère que l’élève réponde en frappant son professeur pour autant.
  • Oui ensuite parce que les actes sont inacceptables : je vous pose la question à vous adultes, probablement salariés, qui me lisez. Comment réagiriez vous si votre patron jettait vos affaires par terre dans un excès de colère, et comment réagiriez vous s’il vous soulevait, vous plaquait contre un mur, vous frappait puis vous trainait jusqu’à son bureau ? Je pense que vous seriez vous aussi fortemment tenté de porter plainte. Or le respect que vous êtes en droit d’attendre, les enfant sont aussi en droit de l’attendre : les enfants ne sont pas des sous-citoyens ni des sous-êtres.
  • Oui enfin parce qu’au petit jeu de la judiciarisation des comportements irrespectueux, il est important de dire que ce ne sont pas les élèves qui ont commencé. Et que les enseignants ne se privent pas, eux, de contacter la justice à la moindre insulte ou comportement irrespectueux d’un élève. Nous y reviendrons dans un prochain article ici-même. Et vous verrez qu’il s’agit de quelque chose de très sérieux, projet de loi à l’appui.

Avouez qu’on est bien loin du « il l’a traité de connard, il a reçu une gifle en échange ».
Ne laissez pas les journalistes diaboliser les élèves pendant que les professeurs seraient tous des héros. Il est très important de dire haut et fort que la violence et l’irrespect des élèves envers les professeurs est inacceptable. Aucun n’élève n’a le droit d’insulter – et a fortiori de frapper – un professeur. Et des sanctions doivent être prises dans de telles circonstances.

Mais cela est valable dans l’autre sens : l’irrespect des professeurs envers leurs élèves est tout à fait inacceptable également, et la violence à l’égard des élèves est tout aussi inacceptable. Par ailleurs, s’il faut féliciter énergiquement tous les professeurs qui font consciencieusement et respectueusement un métier difficile comme le leur, il est urgent aussi de sanctionner lourdemment les brebis galeuses qui n’ont pas un comportement digne de leur tâche de représentants de la République.

En l’occurence, soulever un élève, le plaquer contre un mur, le frapper et le trainer, c’est illégal et ce n’est pas un geste anodin : on ne l’accepterait pas d’un élève, on n’a pas à l’accepter de la part d’un enseignant.

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