<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Et pourtant, elle tourne... &#187; rapport</title>
	<atom:link href="http://www.et-pourtant.org/tag/rapport/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.et-pourtant.org</link>
	<description>Droits de l'homme, droits de l'enfant, libertés individuelles et anti-anti-pédophilie...</description>
	<lastBuildDate>Sat, 13 Feb 2010 00:37:11 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0</generator>
		<item>
		<title>Les lycéens sont déprimés, suicidaires, stressés, mais tout va très bien</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/les-lyceens-sont-deprimes-suicidaires-stresses.html</link>
		<comments>http://www.et-pourtant.org/actualites/les-lyceens-sont-deprimes-suicidaires-stresses.html#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 06 May 2009 03:29:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
<b>Warning</b>:  Invalid argument supplied for foreach() in <b>/space/www/gl-ouv/1/4/1407070038552803/web/et-pourtant.org/www.et-pourtant.org/wp-content/plugins/autometa/autometa.php</b> on line <b>364</b><br />
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[droits de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[adolescents]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[lycée]]></category>
		<category><![CDATA[mineurs]]></category>
		<category><![CDATA[rapport]]></category>

	<!-- AutoMeta Start -->
	<!-- AutoMeta End -->
	
		<guid isPermaLink="false">http://www.et-pourtant.org/?p=63</guid>
		<description><![CDATA["Tout va très bien, Madame la Marquise", nous dit-on inlassablement.

Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.

Voilà, en tout cas, un discours qu'on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu'ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d'une grande facilité, et des profs laxiste au possible.

Le problème, c'est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l'épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l'Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s'intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.

Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l'on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?

Réponse courte : Mal !

Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont "nerveux". Il paraît pourtant que l'école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline... Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d'épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d'années et qui n'ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.

On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n'y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu'éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d'une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n'en est pas terminée pour autant. L'avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c'est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d'heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d'adultes, mais d'adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n'importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l'aise dans ces conditions porte un nom : cela s'appelle le surmenage. Et c'est un motif d'arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.

Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.

Mais l'étude ne s'arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n'est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d'ergonomie, question qui à ma connaissance n'a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.

Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d'un tiers ! A cela s'ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d'un sur dix !
Et l'addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.

Plus d'un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime... avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu'on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d'un lycéen est un long fleuve tranquille...

Le problème, c'est qu'à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d'elle-même, qu'elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s'en fout.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Tout va très bien, Madame la Marquise&nbsp;&raquo;, nous dit-on inlassablement.</p>
<p>Mieux: les élèves français seraient trop bien traîtés, ces feignants, on leur épargnerait la moindre frustration et le moindre traumatisme, à ces petits chéris.</p>
<p>Voilà, en tout cas, un discours qu&#8217;on entend un peu partout, et dont les déclinologues se sont fait spécialiste. Ainsi entend-on constamment que nos élèves pètent forcément la forme parce qu&#8217;ils ne travaillent presque pas, ont des journées fort peu stressantes, des cours d&#8217;une grande facilité, et des profs laxiste au possible.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que ces affirmations ne résistent pas une seule seconde à l&#8217;épreuve des faits. En témoigne cette étude menée par l&#8217;Observatoire régional de la santé de Normandie sur la santé (au sens large) des lycéens. Cette étude nous apprend tout un tas de choses intéressantes. On passera sur les questions de santé physique, de sexualité, de drogue, pour s&#8217;intéresser en particulier aux chiffres concernant le moral des lycéens.</p>
<p>Alors, comment vont-ils, ces jeunes que l&#8217;on prétend épargnés de tout et menant une vie de luxure, de paresse et de félicité totale ?</p>
<p>Réponse courte : Mal !</p>
<p>Réponse un peu moins courte : Plus de la moitié des lycéens se sentent déprimés (51%). Bizarre pour des jeunes à qui, paraît-il, on épargnerait toute souffrance. Pire : 70% sont &laquo;&nbsp;nerveux&nbsp;&raquo;. Il paraît pourtant que l&#8217;école est devenue facile, sans stress, sans contraintes, sans discipline&#8230; Je crois que la preuve est faite que tout cela est faux. Il faut dire que cette image d&#8217;épinale est largement véhiculée par des gens qui ne sont plus lycéens depuis plusieurs dizaines d&#8217;années et qui n&#8217;ont aucune idée de ce que ces jeunes vivent, en réalité, au quotidien. Apparamment des choses qui touchent aux nerfs.</p>
<p>On notera par ailleurs que 95% se sentent fatigués, et que 69% ont besoin de sommeil en journée : si la tendance à se coucher tard n&#8217;y est pas forcément étrangère, elle est loin de tout expliquer. La réalité est que beaucoup de lycéens vivent un rythme insoutenable qui explique fort bien cette fatigue : Comme leurs parents, ils sont aux 35 heures, ou presque. Mais leurs journées sont bien plus longues, parce qu&#8217;éclatées (des heures de trou au beau milieu de la journée les oblige à être là de 8h à 18h, avec une pause d&#8217;une heure pour manger, parfois moins). Comme leurs parents, ils ont souvent 2 heures quotidien de transport, parfois plus. Mais contrairement à leurs parents, leur journée n&#8217;en est pas terminée pour autant. L&#8217;avis des enseignants du lycée, du moins celui qui est donné aux lycéens le jour de leur rentrée, c&#8217;est que pour réussir leur année, ils doivent travailler chez eux deux heures par jour, tous les jours. Plus le week-end. Si on compte bien, et si on ne compte que 3 heures le dimanche, ça fait déjà une cinquantaine d&#8217;heures de travail par semaine. Et nous ne parlons pas d&#8217;adultes, mais d&#8217;adolescents dont les besoins en terme de sommeil et de repos ne sont pas les mêmes, pour tout un tas de raisons que n&#8217;importe quel médecin saura vous expliquer mieux que moi. Être fatigué et mal à l&#8217;aise dans ces conditions porte un nom : cela s&#8217;appelle le surmenage. Et c&#8217;est un motif d&#8217;arrêt de travail pour un salarié. Mais pas pour un lycéen.</p>
<p>Pas étonnant, dans ces conditions, que les lycéens se sentent fatigués.</p>
<p>Mais l&#8217;étude ne s&#8217;arrête pas là : 80% des élèves se plaignent de maux de ventre, 86% de maux de tête. Deux maux dont le psychosomatisme n&#8217;est plus à démontrer : sauf cas médicaux très particuliers et en quantité négligeable, un individu qui se plaint de maux de ventres réguliers est un individu démesurément stressé. Idem pour les maux de têtes, qui sont aussi imputables à la fatigue, sans doute. 55% des élèves souffrent du dos, ce qui peut aussi être un indicateur psychosomatique, mais aussi une question d&#8217;ergonomie, question qui à ma connaissance n&#8217;a pas été prise à bras le corps une seule fois par un gouvernement ces vingt dernières années.</p>
<p>Enfin, comment aborder la question du bien-être adolescent sans aborder la question douloureuse du suicide ? Ca tombe mal, les chiffres font froid dans le dos. 29% des lycéens déclarent avoir des pensées suicidaires. Près d&#8217;un tiers ! A cela s&#8217;ajoute 9% ayant déjà commis une (ou plusieurs) tentative de suicide. Près d&#8217;un sur dix !<br />
Et l&#8217;addition des deux mène à 38% ce qui dépasse allègrement le tiers des lycéens.</p>
<p>Plus d&#8217;un tiers des lycéens qui pense au suicide, un sur dix qui tente, la quasi-totalité des lycéens ayant des troubles psycho-somatiques, plus de la moitié en état de déprime&#8230; avec des chiffres pareils, les déclinologues et les autres réactionnaires de leur trempe auront beau prétendre qu&#8217;on passe tout aux jeunes, que leur vie est démesurément facile, et que les bobo-gauchos-angélisto-pédagos dans mon genre sont des niais qui ne comprennent pas que la vie d&#8217;un lycéen est un long fleuve tranquille&#8230;</p>
<p>Le problème, c&#8217;est qu&#8217;à des kilomètres de leur discours idéologique, la réalité, elle, parle d&#8217;elle-même, qu&#8217;elle leur donne tort, que les lycéens vont mal, mais que tout le monde s&#8217;en fout.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.et-pourtant.org/actualites/les-lyceens-sont-deprimes-suicidaires-stresses.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ados en souffrance : les fausses solutions du rapport Versini</title>
		<link>http://www.et-pourtant.org/actualites/ados-en-souffrance-les-fausses-solutions-du-rapport-versini.html</link>
		<comments>http://www.et-pourtant.org/actualites/ados-en-souffrance-les-fausses-solutions-du-rapport-versini.html#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2007 20:53:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Samuel</dc:creator>
		<br />
<b>Warning</b>:  Invalid argument supplied for foreach() in <b>/space/www/gl-ouv/1/4/1407070038552803/web/et-pourtant.org/www.et-pourtant.org/wp-content/plugins/autometa/autometa.php</b> on line <b>364</b><br />
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[droits de l'enfant]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[adolescents]]></category>
		<category><![CDATA[mineurs]]></category>
		<category><![CDATA[rapport]]></category>
		<category><![CDATA[Versini]]></category>

	<!-- AutoMeta Start -->
	<!-- AutoMeta End -->
	
		<guid isPermaLink="false">http://www.et-pourtant.org/actualites/ados-en-souffrance-les-fausses-solutions-du-rapport-versini.html</guid>
		<description><![CDATA[C'est aujourd'hui que la défenseure des enfants Dominique Versini a publié un rapport "alarmant" sur l'état de santé mentale des adolescents français. Et quand on dit alarmant, on pèse nos mots : les polyaddictions (cannabis/alcool/tabac) ont doublé en 10 ans, le taux de suicide est en augmentation de même que les tentatives de suicide, 900 000 pré-ados et ados seraient en grande souffrance, sans parler des scarifications, des actes de violence contre soi ou autrui, de la consommation d'alcool jusqu'à l'ivresse totale en augmentation, et on sait que la consommation de cannabis - rarement dans un but purement récréatif - explose chez les moins de 15 ans.

Le rapport tire donc la sonnette d'alarme - avec beaucoup de retards : les ados français sont mal, très mal dans leur peau. Quelle découverte ! Quelle nouveauté ! Cela fait un moment que parents et professionnels tentent de prévenir, mais aussi militants des droits des jeunes qui disent "attention, les jeunes de ce pays vont de plus en plus mal". Mais cette fois, c'est promis, on a bien compris...

 ... ou pas. Car au final, ce rapport cliché est encore à des kilomètres d'aborder les vrais problèmes. Quelles sont les problèmes pointés du doigt par le rapport Versini en effet, et les solutions apportées en réponse ? Hé bien, essentiellement des mesures d'ordre médical : il n'y aurait pas assez de psys, pas assez de maisons de l'adolescent, pas assez de point d'écoute... bien-sûr, ce n'est pas tout à fait faux en soi.

Mais le problème, c'est que ce rapport parle quasi-exclusivement de proposer des thérapies aux jeunes qui sont en situation de souffrance : on n'en est toujours pas à se demander pourquoi les jeunes souffrent et ce qu'on peut faire pour y remédier ! Toujours la bonne vieille excuse de la "période difficile" sans jamais se demander pourquoi elle est difficile, et pourquoi elle est plus difficile dans notre pays qu'ailleurs !

    * Pas un mot sur la manie franco-française de railler les "pauv' chéris" et de se moquer ainsi allègrement de leurs souffrances qui, pour insignifiantes qu'elles nous paraissent, ne sont pas sans importance dans la tête des ados !
    * Pas un mot sur le collège français qui fournis des emplois du temps parmi les plus lourds d'Europe, en plus d'une quantité de devoir encore une fois parmi la plus énorme, créant des gamins qu'on peut qualifier de surmenés dès l'âge de 11 ans !
    * Pas un mot sur certaines sections élitistes et autres filières sélectives dès le lycée qui rendent certains ados tellement stressés qu'on en est à se demander combien de temps avant que les élèves se retrouvent avec des ulcères à 16 ans ! Et au contraire Sarkozy déclare vouloir généraliser la sélection dès la primaire !
    * Pas un mot sur notre manie de fustiger l'enfant Roi sans jamais parler des professeurs et des parents tyrans que subissent nombre de jeunes !
    * Pas un mot sur les 85% de parents qui considèrent que la seule bonne façon d'éduquer un enfant est de l'élever à coup de baffes et de fessées (à titre de comparaison, ils sont 10% en Suède à lever la main sur leurs enfants).
    * Pas un mot sur la nécessité absolue, dès le plus jeune âge, de considérer qu'un gamin difficile est un gamin en souffrance et qu'il faudrait s'intéresser sur ce qu'il vit à la maison, et sur ce qu'il faut faire pour y remédier !
    * Pas un mot sur les 30% d'adolescents homosexuels qui font une tentative de suicide au cours de l'adolescence, à cause de l'homophobie d'État (celle des magistrats et des députés qui criminalisent leurs rapports amoureux dès lors que l'un des partenaire a le malheur d'avoir plus de 18 ans, sous le prétexte fallacieux de la défense des enfants qui n'en demandent pas tant mais qu'on veut "sauver malgré eux"), ou privée (les comportements homophobes contre lesquels on ne fait pas grand chose).
    * Pas un mot sur une politique de plus en plus répressive qui, face à des adolescents en grande souffrance sombrant dans la petite délinquance, ne sait plus apporter d'autres réponses que la prison ou les maisons de correction (pardon, Centres Éducatifs). Pas un mot sur tous ces jeunes enfermés, incarcérés, dans des conditions indignes d'un pays civilisé, et qui parfois s'y suicident dans l'indifférence générale.
    * Pas un mot sur un système éducatif rétrograde qui fait que la majorité des enfants et des adolescents de ce pays se lèvent tous les matins pour aller à l'école à reculon avec la certitude de passer une journée merdique. Et sur la tendance actuelle à empirer les choses, considérant que "la pédagogie ça sert à rien, le ludique ca empêche d'apprendre les bonnes choses, et mieux vaut un enfant à moitié suicidaire mais qui ne fait pas de fautes d'orthographe qu'un enfant épanoui mais qui écrit moins bien que ses parents".
    * Pas un mot sur une mentalité réactionnaire bien française qui consiste à penser que les jeunes sont des fénéants, des racailles, des impolis, des tyrans et des pourris-gâtés, et sur le discours ambiant anti-jeune qui consiste à nier leurs difficultés et à demander qu'ils travaillent plus (pour gagner rien), qu'ils soient plus sanctionnés, avec plus d'autoritarisme et plus de contrôle.
    * Pas un mot sur tous ces adolescents qui ont des choses à dire, qui ont besoin de s'exprimer, mais que personne ne veut écouter parce qu'on ne les juge pas crédible, pas capable de dire des choses intelligentes, pas capable de penser par eux-même. Et qui souffrent de ne pas être pris au sérieux.
    * Pas un mot sur un président qui a bati toute sa campagne sur un discours visant à monter les générations les unes contre les autres, et sur une population qui a suivi, affichant une haine ou pire - un mépris ostensible tantôt contre les lycéens grévistes, tantôt contre les jeunes voyous, tantôt contre ces illettrés de jeunes qui savent plus rien à car ils apprennent plus rien à l'école. Bref contre tout ce qui est jeune (donc con, forcémment).
    * Pas un mot sur les études internationales qui nous mettent systèmatiquement en bas du classement en ce qui concerne le bien-être de l'enfant (que ce soit l'étude de l'OCDE sur l'école qui prouve que les enfants français sont les enfants les plus stressés du monde à l'école, devant même les petits japonais, ou l'étude de l'UNICEF qui montre que les enfants disposent de peu de bien-être ici, et que quand on leur demande s'ils sont heureux, le taux de réponse positive est parmi les plus bas des pays industrialisés !

 

Comme si nous, adultes, n'avions rien à nous reprocher ! Comme si les adolescents étaient en souffrance par eux-même. Comme si, au fond, si les adolescents sont en souffrance c'est uniquement de leur faute et nous sommes déjà bien gentils de leur offrir des structures pour passer le mal-être dont ils seraient les responsables. Comme si nous n'y étions pour rien dans leur mal-être !

Tant que nous n'admettrons pas que les adultes sont la première et principale cause de souffrance des jeunes, et que ce sont NOS mentalités qui doivent changer, pour plus de progressisme. Tant que nous n'admettrons pas que nous devons montrer plus de respect, d'empathie et de compréhension envers les jeunes, TOUS les jeunes. Bref tant que nous n'aurons pas décidé de nous remettre en question, nous resterons dans cette situation alarmante, et ce n'est pas l'augmentation des maisons de l'adolescent qui y changera quoi que ce soit.

Les ados souffrent parce que les adultes les font souffrir. Ce n'est pas les ados qui doivent changer : ce sont les adultes ! ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est aujourd&#8217;hui que la défenseure des enfants Dominique Versini a publié un rapport &laquo;&nbsp;alarmant&nbsp;&raquo; sur l&#8217;état de santé mentale des adolescents français. Et quand on dit alarmant, on pèse nos mots : les polyaddictions (cannabis/alcool/tabac) ont doublé en 10 ans, le taux de suicide est en augmentation de même que les tentatives de suicide, 900 000 pré-ados et ados seraient en grande souffrance, sans parler des scarifications, des actes de violence contre soi ou autrui, de la consommation d&#8217;alcool jusqu&#8217;à l&#8217;ivresse totale en augmentation, et on sait que la consommation de cannabis &#8211; rarement dans un but purement récréatif &#8211; explose chez les moins de 15 ans.</p>
<p>Le rapport tire donc la sonnette d&#8217;alarme &#8211; avec beaucoup de retard : les ados français sont mal, très mal dans leur peau. Quelle découverte ! Quelle nouveauté ! Cela fait un moment que parents et professionnels tentent de prévenir, mais aussi militants des droits des jeunes qui disent &laquo;&nbsp;attention, les jeunes de ce pays vont de plus en plus mal&nbsp;&raquo;. Mais cette fois, c&#8217;est promis, on a bien compris&#8230;</p>
<p>&#8230; ou pas. Car au final, ce rapport cliché est encore à des kilomètres d&#8217;aborder les vrais problèmes. Quelles sont les problèmes pointés du doigt par le rapport Versini en effet, et les solutions apportées en réponse ? Hé bien, essentiellement des mesures d&#8217;ordre médical : il n&#8217;y aurait pas assez de psys, pas assez de maisons de l&#8217;adolescent, pas assez de point d&#8217;écoute&#8230; bien-sûr, ce n&#8217;est pas tout à fait faux en soi.<br />
Mais le problème, c&#8217;est que ce rapport parle quasi-exclusivement de proposer des thérapies aux jeunes qui sont en situation de souffrance : on n&#8217;en est toujours pas à se demander pourquoi les jeunes souffrent et ce qu&#8217;on peut faire pour y remédier ! Toujours la bonne vieille excuse de la &laquo;&nbsp;période difficile&nbsp;&raquo; sans jamais se demander pourquoi elle est difficile, et pourquoi elle est plus difficile dans notre pays qu&#8217;ailleurs !</p>
<ul>
<li>Pas un mot sur la manie franco-française de railler les &laquo;&nbsp;pauv&#8217; chéris&nbsp;&raquo; et de se moquer ainsi allègrement de leurs souffrances qui, pour insignifiantes qu&#8217;elles nous paraissent, ne sont pas sans importance dans la tête des ados !</li>
<li>Pas un mot sur le collège français qui fournis des emplois du temps parmi les plus lourds d&#8217;Europe, en plus d&#8217;une quantité de devoir encore une fois parmi la plus énorme, créant des gamins qu&#8217;on peut qualifier de surmenés dès l&#8217;âge de 11 ans !</li>
<li>Pas un mot sur certaines sections élitistes et autres filières sélectives dès le lycée qui rendent certains ados tellement stressés qu&#8217;on en est à se demander combien de temps avant que les élèves se retrouvent avec des ulcères à 16 ans ! Et au contraire Sarkozy déclare vouloir généraliser la sélection dès la primaire !</li>
<li>Pas un mot sur notre manie de fustiger l&#8217;enfant Roi sans jamais parler des professeurs et des parents tyrans que subissent nombre de jeunes !</li>
<li>Pas un mot sur les 85% de parents qui considèrent que la seule bonne façon d&#8217;éduquer un enfant est de l&#8217;élever à coup de baffes et de fessées (à titre de comparaison, ils sont 10% en Suède à lever la main sur leurs enfants).</li>
<li>Pas un mot sur la nécessité absolue, dès le plus jeune âge, de considérer qu&#8217;un gamin difficile est un gamin en souffrance et qu&#8217;il faudrait s&#8217;intéresser sur ce qu&#8217;il vit à la maison, et sur ce qu&#8217;il faut faire pour y remédier !</li>
<li>Pas un mot sur les 30% d&#8217;adolescents homosexuels qui font une tentative de suicide au cours de l&#8217;adolescence, à cause de l&#8217;homophobie d&#8217;État (celle des magistrats et des députés qui criminalisent leurs rapports amoureux dès lors que l&#8217;un des partenaire a le malheur d&#8217;avoir plus de 18 ans, sous le prétexte fallacieux de la défense des enfants qui n&#8217;en demandent pas tant mais qu&#8217;on veut &laquo;&nbsp;sauver malgré eux&nbsp;&raquo;), ou privée (les comportements homophobes contre lesquels on ne fait pas grand chose).</li>
<li>Pas un mot sur une politique de plus en plus répressive qui, face à des adolescents en grande souffrance sombrant dans la petite délinquance, ne sait plus apporter d&#8217;autres réponses que la prison ou les maisons de correction (pardon, Centres Éducatifs). Pas un mot sur tous ces jeunes enfermés, incarcérés, dans des conditions indignes d&#8217;un pays civilisé, et qui parfois s&#8217;y suicident dans l&#8217;indifférence générale.</li>
<li>Pas un mot sur un système éducatif rétrograde qui fait que la majorité des enfants et des adolescents de ce pays se lèvent tous les matins pour aller à l&#8217;école à reculon avec la certitude de passer une journée merdique. Et sur la tendance actuelle à empirer les choses, considérant que &laquo;&nbsp;la pédagogie ça sert à rien, le ludique ca empêche d&#8217;apprendre les bonnes choses, et mieux vaut un enfant à moitié suicidaire mais qui ne fait pas de fautes d&#8217;orthographe qu&#8217;un enfant épanoui mais qui écrit moins bien que ses parents&nbsp;&raquo;.</li>
<li>Pas un mot sur une mentalité réactionnaire bien française qui consiste à penser que les jeunes sont des fénéants, des racailles, des impolis, des tyrans et des pourris-gâtés, et sur le discours ambiant anti-jeune qui consiste à nier leurs difficultés et à demander qu&#8217;ils travaillent plus (pour gagner rien), qu&#8217;ils soient plus sanctionnés, avec plus d&#8217;autoritarisme et plus de contrôle.</li>
<li>Pas un mot sur tous ces adolescents qui ont des choses à dire, qui ont besoin de s&#8217;exprimer, mais que personne ne veut écouter parce qu&#8217;on ne les juge pas crédible, pas capable de dire des choses intelligentes, pas capable de penser par eux-même. Et qui souffrent de ne pas être pris au sérieux.</li>
<li>Pas un mot sur un président qui a bati toute sa campagne sur un discours visant à monter les générations les unes contre les autres, et sur une population qui a suivi, affichant une haine ou pire &#8211; un mépris ostensible tantôt contre les lycéens grévistes, tantôt contre les jeunes voyous, tantôt contre ces illettrés de jeunes qui savent plus rien à car ils apprennent plus rien à l&#8217;école. Bref contre tout ce qui est jeune (donc con, forcémment).</li>
<li>Pas un mot sur les études internationales qui nous mettent systèmatiquement en bas du classement en ce qui concerne le bien-être de l&#8217;enfant (que ce soit l&#8217;étude de l&#8217;OCDE sur l&#8217;école qui prouve que les enfants français sont les enfants les plus stressés du monde à l&#8217;école, devant même les petits japonais, ou l&#8217;étude de l&#8217;UNICEF qui montre que les enfants disposent de peu de bien-être ici, et que quand on leur demande s&#8217;ils sont heureux, le taux de réponse positive est parmi les plus bas des pays industrialisés !</li>
</ul>
<p>Comme si nous, adultes, n&#8217;avions rien à nous reprocher ! Comme si les adolescents étaient en souffrance par eux-même. Comme si, au fond, si les adolescents sont en souffrance c&#8217;est uniquement de leur faute et nous sommes déjà bien gentils de leur offrir des structures pour passer le mal-être dont ils seraient les responsables. Comme si nous n&#8217;y étions pour rien dans leur mal-être !<br />
Tant que nous n&#8217;admettrons pas que les adultes sont la première et principale cause de souffrance des jeunes, et que ce sont NOS mentalités qui doivent changer, pour plus de progressisme. Tant que nous n&#8217;admettrons pas que nous devons montrer plus de respect, d&#8217;empathie et de compréhension envers les jeunes, TOUS les jeunes. Bref tant que nous n&#8217;aurons pas décidé de nous remettre en question, nous resterons dans cette situation alarmante, et ce n&#8217;est pas l&#8217;augmentation des maisons de l&#8217;adolescent qui y changera quoi que ce soit.<br />
Les ados souffrent parce que les adultes les font souffrir. Ce ne sont pas les ados qui doivent changer : ce sont les adultes !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.et-pourtant.org/actualites/ados-en-souffrance-les-fausses-solutions-du-rapport-versini.html/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
